‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 308 sur 486 · ÉTHERS PHÉNOLIQUES DE LA MORPHINE · texte numérisé non relu

ÉTHERS PHÉNOLIQUES DE LA MORPHINE

certainement un produit extrêmement intéressant au point de vue thérapeutique. Son action hypnotique et calmante est beaucoup plus intense et plus durable que celle de la codéine ; elle est en même temps plus constante ; et, pour ma part, je ne puis m^empêcher de rattacher cette qualité intense et durable, au point de vue de Taction hypnotique et de l'action calmante, à l'introduction du radical éthyl dans la molécule, sur laquelle j'ai déjà suffisamment insisté à propos des hynotiques en cherchant à vous montrer combien l'intervention de la molécule éthyle, dans la composition d'un corps doué de propriétés médicamenteuses déjà manifestes, exaltait ces propriétés hypnotiques, ces propriétés calmantes. Il est donc pour moi absolument naturel de voir le dérivé éthylique de la morphine beaucoup plus calmant, beaucoup plus hypnotique que le dérivé méthylique; nous avons eu d'ailleurs, je vous le rappelle, à constater des phénomènes du même genre dans la série des dérivés des disulfones acétoniques, du sulfonal, du trional, du tétronal. Je reviendrai sur cette action quand nous nous occuperons des alcaloïdes en particulier. La dionine est le plus énergiquement actif des dérivés de celte série.

A côté de ces produits, von Mering a étudié l'éther morphinéthylénique, résultant de l'action du bromure d'éthylène sur la morphine sodique en dissolution dans l'alcool. En sa qualité de phénol, la morphine est capable de fournir un corps dans lequel l'hydrogène de Foxhydrile phénolique a été remplacé par du sodium; et alors le bromure d'éthylène réagissant sur ce produit donne naisance à l'éther morphine-éthylénique.

Celte substance est très toxique pour les animaux à sang froid, tout au moins pour la grenouille. Chez les animaux à sang chaud, elle paraît, sinon dénuée de propriétés actives, au moins douée de propriétés assez faibles : il faut en administrer des quantités élevées aux animaux à sang chaud pour voir survenir des vomissements, des phénomènes de fatigue, d'abattement, et cela sans que se produise la narcose, ni une augmentation de l'excitabilité réflexe.

On a essayé ce produit chez les tuberculeux, chez lesquels la dionine a donné de fort bons résultats au point de vue de la suppression de la toux, et l'on a obtenu seulement la production de sueurs profuses, sans diminution de la toux et sans le calme qui succède à l'administration de la dionine : c'est dire qu'il faut absolument

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