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CH
HC CH
HydrastinÎDo.
HC HCO
Az
/CH
CH»— C CHâ
Hydrocotarninc.
CH
MÉTAMORPHOSES DE LA NARCOTINE
CH CH
C^ \^ \Az.CH»
CH
0 — co — c
CH
CH
CH CH
c — OCHï
Hydrastine.
CH
Az.CH»
CH»0 — Cvx A • .CH« CH CH«
^CH
C — OCH
Narcotine.
Le pipéronal [ou héliotropine ^ qui existe à Tétat naturel dans Théliotrope, mélangé à la vaniiline ou aldéhyde mélhoxyprotocatéchique] fournit, en présence de Tacétal et de Tammoniaque, le pipéronal-acétalaminé, qui, traité dans des conditions convenables par Tacide sulfurique, perd deux molécules d*alcool et donne naissance à la méthtjlènedioxyisoquinoléine. Le dérivé méthylé de cette dernière base, obtenu par réaction avec l'iodure de méthyle, traité par Tacide chlorhydrique et Tétain fournil un dérivé hydrogéné qui est Vhijdrohjdrastinijie. L'hydrohydrastinine, oxydée par le chromate acide de'' potassium, fournit Vhydrastinine qui, par sa combinaison avec Tacide opianique conduit à Vhydrastine.
Cette série de formules met bien en évidence les liens de parenté que la constitution chimique établit entre les composés : isoquinoléine, hydrastinine, hydrastine, narcotine, etc. (Voir plus haut page 455.)
L'hydrasline jouit de propriétés vaso-constrictives très intenses, et qui ont été utilisées dans les cas de métrorrhagies : eh bien, les propriétés de la stypticine sont non seulement très intéressantes à envisager au point de vue hémostatique, mais, en plus de cette action, le chlorhydrate de cotarnine possède des propriétés calmantes et analgésiantes que ne possède pas le chlorhydrate d'hydrastine : par conséquent il y a intérêt à employer la stypticine, par exemple, dans les cas de dysménorrhée accompagnée d'hémorrhagies avec crises douloureuses pendant la menstruation, dans les cas de tumeurs douloureuses donnant naissance à des métrorrhagies violentes.
Puisque je vous parle de ces propriétés, je vous ferai remarquer
STYPTICINE 507
que la stypticine n'est pas un, agent d'arrêt de lavortement, parce que, en même temps que cette action hémostatique se produit, il se fait une contraction des parois ^vasculaires donnant lieu à un état anémique de Tutérus et provoquant, indirectement, les contractions utérines. Par conséquent, il ne faudrait pas compter sur cette substance pour empêcher un avortement. Cette stypticine s'emploie dans les conditions que voici :
Stypticine Cinquante centigrammes.
Eau distillée 200 grammes.
Sirop de framboises 150 —
Ceci fournit une potion représentant 20 cuillerées à soupe, et pour laquelle chaque cuillerée renferme 25 milligrammes de stypticine : on en administre de 4 à 5 cuillerées par vingt-quatre heures. On a proposé également l'emploi de la stypticine sous forme d'injections hypodermiques : la formule, en ce qui regarde la quantité de dissonant, serait alors celle que j'ai déjà indiquée pour le chlorhydrate de morphine :
( Stypticine Un grapme.
< Eau distillée ^aa5
( Eau distillée de laurier cerise )
Chaque seringue de i centimètre cube représente 10 centigrammes de stypticine.
Xarcéine. — J'arrive à un alcaloïde plus intéressant au point de vue de l'action hypnotique et analgésique, la narcéine; cet alcaloïde est efficacement narcotique; il est très difficilement soluble, même dans les solutions acides, et les sels qu'il forme ont l'inconvénient de se dédoubler en présence de l'eau et de donner naissance à un produit insoluble : il est infiniment préférable, comme je crois déjà vous l'avoir indiqué, de faire des solutions de narcéine dans les alcalis, et, à ce sujet, Regnauld a montré que 1 gramme de narcéine était soluble dans 64 centimètres cubes d'une solution à 1 p. 1000 de potasse caustique; cette solution peut être assez facilement mélangée à un liquide quelconque pour en faciliter l'absorption, mais elle ne saurait certainement pas servir pour les injections sous-cutanées, parce que l'action irritante de la solution alcaline serait encore beaucoup trop considérable. On a recherché à remédier à cet inconvénient et on a proposé la formule suivante :
SOB NARGÉINB
Chlorydrate de narcéine Cinquante centigrammes.
Alcool à 90 2 grammes.
Eau distillée
Eau distillée de laurier-cerise,
; • • • > âa 9 ise. . . )
Cela donne, comme vous le voyez, 20 centimètres cubes de solution, et chaque centimètre cube représente 25 milligrammes de narcéine; mais Ja narcéine n'agit qu'à dose relativement assez élevée, et, de cette solution, il est nécessaire d'employer une, deux, trois, quelquefois même quatre seringues de 1 centimètre cube, et par conséquent Ton retombe dans Tinconvénient des corps peu solubles. Aussi est-il préférable d'employer la narcéine à l'état de potion en déterminant sa dissolution dans le liquide aqueux par Tintermédiaire du benzoate de soude, et, dans ce cas, voici la formule qui répond le mieux à ce mode d'administration :
Narcéine Vingt-cinq centigrammes.
Benzoate de soude 50 —
Sirop de framboises 500 grammes.
On obtient ainsi une solution parfaite pour laquelle chaque cuillerée à soupe représente 1 centigramme de narcéine : c'est un mode d'administration beaucoup plus facile que celui que j'indiquais tout à l'heure.
La narcéine est non seulement soluble dans les solutions alcalines, mais elle est capable, puisqu'elle est un phénol, comme la plupart des dérivés de la morphine, ou bien en raison du groupement carboxylique CO.OH qui entre dans sa constitution, de se combiner avec les métaux alcalins. La narcéine sodique, obtenue par la substitution du sodium à l'hydrogène de l'oxhydrile phénolique ou carboxylique de la narcéine, possède, à son tour, la propriété de se combiner au salicylate de soude dans la proportion d'une molécule de narcéine sodique pour trois molécules de salicylate de soude, et de donner naissance à un composé bien déflni, cristallisable, facilement soluble dans l'eau, qu'on a préconisé dans ces dernières années sous le nom i'Antispasmine. Cette antispasmine renferme la moitié de son poids [50 p. 100] de narcéine; elle est décomposée par l'acide carbonique, et, par conséquent, altérable à l'air; mais elle possède sur la narcéine elle-même et ses sels le grand avantage d'une facile solubilité dans l'eau.
Cette substance a été proposée surtout comme un sédatif et un
ANTISPASMINE Î509
hypnotique dont on a recommandé tout particulièrement l'emploi dans la thérapeutique infantile; c'est une substance qui manifeste surtout ses propriétés hypnotiques et sédatives dans les cas de douleurs liées à un état spasmodique. L'étude de Tantispasmine sur les animaux, et sur des espèces particulièrement sensibles à certains alcaloïdes de Topium, comme le lapin, par exemple, a montré que Faction de cette substance était assez faible : ainsi il est nécessaire pour réaliser une dose mortelle d'injecter sous la peau 1 gramme de ce sel par kilo chez le lapin; et, chez les mêmes animaux, on obtient des effets très nettement narcotiques avec une dose variant de 1 à 10 centigrammes par kilo. Sous l'influence de cette antispasmine, on a observé, notamment chez les enfants, une diminution très nette du réflexe laryngien, d'où son application au traitement de la toux, notamment, dans la coqueluche ; mais sous ce rapport, il faut recon- Daitre que nous avons dans la dionine et dans les autres corps dont nous allons parler dans un moment, des agents encore supérieurs à Taotispasmine, d'autant plus que l'accoutumance à ce médicament est assez rapide, ce qui oblige à élever les doses. Quoi qu'il en soit, voici une forme répondant à l'emploi de cette combinaison dont je viens de parler :
! Antispasmine Cinquante centigrammes.
Cognac ou rhum ^ âa 10 fframmps Eau distillée P^ ^" grammes.
Sirop de mûres 40 —
On obtient ainsi une potion qui correspond, très sensiblement, à 8 centigrammes du sel, c'est-à-dire à 4 centigrammes de narcéine, par cuillerée à soupe et dont on peut administrer 3 à 4 cuillerées par jour.
On a proposé également l'emploi de cette antispasmine par la voie d'injections sous-cutanées, en raison de sa facile solubilité dans l'eau. La formule serait analogue à celle que je vous ai donnée précédemment pour la stypticine :
C Antispasmine Un gramme.
\ Eau distillée de laurier-cerise ) -^ k
( Eau distillée P^ ^ ~
Cette solution est telle que X gouttes correspondent à 5 centigrammes d'antispasmine ; mais, en raison surtout de ce qu'elle est presque exclusivement utilisée dans la thérapeutique infantile, il est
510 PAPAVÉRINE
préférable de Tadministrer par la voie stomacale, en diluant cette solution dans un liquide approprié. On a, dans ce but, préconisé deux solutions, Tune renfermant 1 gramme d antispasmine pour 10 centimètres cubes d'eau distillée de laurier-cerise, et Tautre i gramme d*antispasmine pour 20 centimètres cubes d*eau distillée de lauriercerise. De ces solutions la première est deux fois plus riche que la seconde : X gouttes représentent 5 centigrammes d*antispasmine, tandis que la même quantité, X gouttes, de la seconde ne représente plus que 25 milligrammes d*antispasmine; en d'autres termes il eo faut XX gouttes pour représenter 5 centigrammes d*antispasmioe. Cette dernière solution s'emploierait chez les tout jeunes enfants de la façon suivante, dans les cas de coqueluche, d'après M. Frûhwald.
Au dessous de 6 mois IH à YI gouttes.
De 6 mois à i ao V à X —
De i ao à 2 ans VHàXn —
Au dessus de 2 ans. XVàXX —
doses répétées trois à quatre fois dans l'espace de vingt-quatre heures. Au dessus de trois ans, ce serait la solution au dixième qui serait substituée à la première, en commençant par VII à XY gouttes pour chaque prise. C'est Demme, de Berne, qui a expérimenté d'abord l'emploi de ce médicament; après sa mort, ses recherches ont été continuées par son assistant et reprises par M. Rabow, de Lausanne: celui-ci semble avoir complètement confirnié les premiers résultats obtenus par Demme. L'antispasmine a manifesté des propriétés calmantes surtout dans les cas d'irritation des appareils respiratoire et intestinal chez les enfants; dans les cas de toux rebelle, chez les adultes. Sa valeur comme hypnotique est faible, au moins chez les adultes.
Papavérine. — On a proposé d'employer la papavérine, sous la forme du chlorhydrate, principalement dans les cas de diarrhée infantile ; et l'on a assuré que ce chlorhydrate de papavérine exerçait une action particulièrement calmante sur le péristaltîsme intestinal. De plus, on peut employer cette substance chez les enfants alors qu'on ne peut pas employer chez eux, sans d'extrêmes ménagements, l'opium ou la morphine et sans risquer de provoquer des accidents parfois très graves, tout au moins les phénomènes de lourdeur de tête, de torpeur, enfin tous les inconvénients, les dangers même, que fait risquer dans ces cas l'emploi de la morphine.
GHÉLIDONINE 511
C'est Leubuscher qui a préconisé l'emploi du chlorhydrate de papa- Térine dans les diarrhées et la toux chez les enfants; il a prescrit ce produit chez des enfants âgés seulement de 15 jours. Dans ces conditions, la dose de début serait de 5 milligrammes et les doses varieraient, entre quinze jours et cinq ans, de 5 à 50 milligrammes. La solution qu'il a proposée est formulée ainsi :
\ Chlorhydrate de papavérine Cinq centigrammes.
l Sirop de coings 40 grammes.
Cela donnerait une solution telle que chaque cuillerée à café représenterait 5 milligrammes de chlorhydrate de papavérine en dissolulion. De cette solution on administrerait chaque jour de une à dix cuillerées à café, suivant Tâge des enfants, et en fractionnant la dose pour les enfants en bas âge.
Chélidonine. — Un mot seulement sur une substance que Ton a essayé d'introduire en thérapeutique dans ces dernières années, et qui ne parait pas, jusqu'à présent, avoir donné de merveilleux résultats; si j'en parle ici, c'est parce que c'est un des alcaloïdes que l'on peut retirer de l'opium, mais on le trouve également dans d'autres plantes de la famille des papavéracées : je veux parler de la chélidonine, dont le nom figure à côté de celui de la sanguinarine. La chélidonine serait narcotique et surtout analgésique à la manière de la morphine, et cela sans présenter certains des inconvénients de cette dernière, notamment l'exagération des réflexes qu'on observe si fréquemment par l'emploi de la morphine, non plus que l'étourdissement, la somnolence, la constipation et autres phénomènes gênants qui accompagnent l'action de cet alcaloïde; de plus, elle serait beaucoup moins toxique pour les animaux à sang chaud que pour les animaux à sang froid.
On l'a préconisée aussi comnte analgésique local au moins égal à la cocaïne; cette assertion demande de nouvelles recherches. Dans tous les cas, on a essayé l'emploi des sels solubles, du sulfate, du phosphate, ou bien des sels insolubles, tels que le tannate : les sels solubles auraient donné, aux doses de 10 à 50 centigrammes chez les adultes, des résultats assez avantageux dans certains cas d'ulcère de l'estomac, de carcinome gastrique, d'entéralgie; mais ce serait, surtout dans les deux premiers cas, l'emploi du tannate, sel insolubie, qui, à la dose de 25 à 40 centigrammes par vingt-quatre heures,
912 DIONINE
aurait donné de très boas résultats. Malgré cette dose relativement élevée, on n'aurait pas observé l'état de sornoolence, d'étourdissement, que l'on peut observer avec l'emploi de la morphine. Je répèle que ces résultats demandent la sanction d'expériences plus nombreuses et suivies.
Le phosphate et le sulfate de chélidonine constituent des crislaus blancs, soyeux, facilement solubles dans l'eau : la tannate forme une poudre jaunâtre, presque insoluble dans l'eau, solubte dans l'alcool; elle renferme 53,50 p. 100 de chélidonine.
Dérivés de la morphine. — J'arrive maintenant. Messieurs, aux nouveaux médicaments dérivés de la morphine, que nous avons appris à connaître dans notre précédente réunion sous les noms de dionine, de péronine, et d'héroïne.
DIonIne. — La dionine, comme vous le savez, est le chtor\-tlrat« d'une base représentée par de la codéine dans laquelle le radical méthyle est remplacé par le radical éthyle : c'est le chlorhydrate delAy/ moi-phine. Cette dionine s'emploie aux mêmes doses et dans les mêmes circonstances que la codéine. Ainsi que je vous l'ai déjà indiqué, on dit avoir obtenu de ce corps les meilleurs effets : cela De doit pas nous surprendre, au premier abord, puisque nous savons que l'introduction du radical éthyle dans un médicament déjà doué par lui-même de l'action hypnotique ne peut qu'exalter cette propriété hypnotique. Cette dionine s'administre à la dose de 8 à 15 centigrammes en vingt-quatre heures par la voie buccale, et de )S à 30 miiïigrammes par- la voie sous-cutanée. J'ai déjà appelé votre attention sur les avantages considérables de la dionine en raison de sa facile solubilité dans l'eau; les modes d'administration peuvent consister soit dans l'emploi d'une solution telle que celle-cî :
^ Dionine Cinquante ccntigrammeS'
I Eau distillée de laurier-cerise. . . 10 grammes.
dont X gouttes représentent 25 milligrammes de sel. Ces X gouttes peuvent être ajoutées à un liquide quelconque, sucré de préférence, parce que la dionine possède une saveur amëre assez désagréable. Elle peut s'administrer également en potion :
i Dionine Cinquante centigrammes.
l Eau distillée 200 grammes.
( Sirop de framboises 150 —
PÉRONINË 513
ce qui correspond à 25 milligrammes de dionine par cuillerée à soupe et à 6 milligrammes par cuillerée à café.
Van Heufel a proposé Tadministration de pilules ainsi composées, destinées, à son avis, à remplacer la poudre de Dôwer :
( DîoDine Quarante centigrammes.
Poudre d'ipéca Dix centigrammes.
Amidon 4 grammes.
Blanc d'œuf Q. S.
Pour 60 pilules, prises à la dose de 5 à 10 par jour. Je crois que le remplacement de la Poudre de Dower, en admettant qu il soit justifié, serait bien plus exactement atteint à Taide de la formule suivante :
Dionine Vingt centigrammes.
Poudre d*ipéca Cinquante centigrammes.
Acétate de potasse 3 grammes.
Pour 10 cachets, dont on prendra 6 à 10 par jour.
La dionine s'administre également sous forme d'injections souscutanées, dans la proportion de 30 centigrammes de dionine pour un mélange à parties égales de 5 grammes d'eau distillée de laurier cerise et d'eau distillée, chaque seringue de 1 centimètre cube contenant, par conséquent, 30 milligrammes de sel; on administre d'abord une demi-seringue représentant 15 milligrammes de dionine.
Péronine. — Je passe maintenant à la péronine. La péronine, je vous le rappelle, est un dérivé benzylique de la morphine, c'est le chlorhydrate de benzylmorphine : elle possède le désagrément d'être fort peu soluble; aussi son emploi sous forme d'injections hypodermiques est-il à peu près complètement impossible. Elle s'administre sous forme de pilules dont voici une formule :
Péronine Trente centigrammes.
Poudre de réglisse . 2 grammes.
Extrait de gentiane Q. S.
Masse pilulaire que Ton divise en 30 pilules.
Chaque pilule renferme 1 centigramme de péronine. On peut aussi employer la potion suivante :
Péronine Vingt centigrammes.
Eau ■ 200 grammes.
Sirop de frambroises 150 —
Ce qui correspond à 1 centigramme de péronine par cuillerée à soupe. Enfin, cette péronine possédant une saveur particulièrement désa-
514 PÉRONINE
gréable, pour laquelle il est nécessaire de mettre en usage la saccharine sodique, voici une formule qui répond à cette indication :
Pérooine Vingt centigrammes.
Alcool à 95 10 grammes.
Eau distillée 90 •—
Saccharine sodique» ........ 5 centigrammes.
Cette potion est destinée à être administrée par cuillerées à café; chaque cuillerée à café représente un centigramme de péronine et doit être diluée dans un liquide approprié.
Comme la morphine, la péronine serait un narcotique et surtout un analgésique efficace, présentant à un degré bien moindre les phénomènes désagréables accompagnant Temploi de la morphine : ce serait une sorte d'intermédiaire entre la morphine et la codéine. La péronine s'administre à la dose de 2 à 6 centigrammes par prise, de
10 à 30 centigrammes par vingt-quatre heures.
On a proposé aussi l'emploi de la péronine comme analgésique local; et, très récemment encore, en Italie notamment, Buflaliniet Gaîta ont prétendu que la substitution de la péronine à la cocaïne, à l'eucaïne, dont nous avons fait l'étude l'année dernière, permettrait d'obtenir une analgésie très profonde, très durable de la cornée, sans manifester d'accidents secondaires, sous l'influence de l'instillation de
11 ou III gouttes d'une solution à 2 p. 100 de péronine; seulement, la péronine étant fort peu soluble dans Teau, qui n'en dissout, à froide que 1 gramme pour 133 d'eau distillée, il est nécessaire de faire chauffer la solution pour que 2 grammes de péronine puissent se dissoudre dans 100 centimètres cubes d'eau. C'est là un désavantage de la péronine.
Enfin, on a proposé l'emploi de la péronine à dose massive pour déterminer le calme chez les aliénés excités, surtout chez les paralytiques généraux : il faudrait alors administrer 3 à 10 centigrammes de péronine comme dose de début; ce qui n'est pas sans offrir d'inconvénients. Je vous rappelle à ce sujet que nos connaissances relatives aux accidents "déterminés par l'emploi prolongé, ou par les hautes doses, de substances hypnotiques ont été acquises, presque exclusivement, par l'étude des phénomènes produits chez les aliénés et les nerveux pour lesquels on employait ces médicaments à forte dose ou d'une façon continue. C'est ce que j'ai eu déjà l'occasion de vous faire remarquer à propos des disulfones acétoniques.