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XXIV« LEÇON

ÉVALUATION DE LA RICHESSE DE L'OPIUM ET DES MÉDI- CAMENTS OPIACÉS EN PRINCIPES ACTIFS. TITRAGE DE L'OPIUM. -- POSOLOGIE DES MÉDICAMENTS A BASE D'OPIUM ET D'EXTRAIT THÉBAÏaU E. — LAITUE ET LAC- TUCARIUM.

En présence du nombre considérable des formes pharmaceutiques qui ont été proposées pour utiliser soit Topium, soit son principal dérivé, l'extrait thébaïque» il me paraît très rationnel de nous poser tout d'abord cette question et de voir si elle est susceptible de recevoir une solution. Existe-t-il une différence appréciable entre l'action des nombreuses préparations dont l'opium est la base, lorsque la dose est la même et lorsque l'opium n'est pas associé à des substances jouissant, par elles-mêmes, d'une activité médicamenteuse spéciale? Cette question a été résolue de façons différentes, suivant les observateurs, les temps et les conditions. Il semblait, d'après les observations des cliniciens du dernier siècle et du commencement de celui-ci, que la forme pharmaceutique n'avait qu'une importance très secondaire, et Sydenham a même écrit à ce sujet que les * merveilleux effets de l'opium doivent être attribués à l'excellence, à la bonté de sa nature, et non à l'adresse ingénieuse de l'artiste qui le met en œuvre ». Il paraissait, en effet, résulter des observations effectuées jusqu'alors que les effets médicamenteux obtenus avec les différentes préparations galéniques, dont nous allons nous occuper aujourd'hui, étaient absolument les mêmes; cependant il y a quelques restrictions à faire à cette manière d'envisager la question, et des faits que je vous citerai tout à l'heure viennent absolument à rencontre de cette manière de voir, ainsi que vous pourrez vous en rendre compte

RICHESSE EN MORPHINE pl9

D*une part, les effets d^une substance médicamenteuse sont, comme vous le savez, fort souvent influencés par les conditions qui président à son administration, par Tétat de dilution plus ou moins considérable de la préparation, par ce que Fonssagrives a appelé les condiments médicamenteux ^ c*est-à-dire les substances qui, sans posséder par elles-mêmes une action pharmacodynamique spéciale et effective, jouissent cependant de la propriété d^activer dans une certaine mesure l'absorption ou Faction de la substance active ; d'autre part, il faut tenir compte de l'action des substances synergiques ou antagonistes qui sont associées à la première dans certaines formes pharmaceutiques, ainsi que nous Talions voir dans un moment. Le mode de préparation, d'ailleurs, élimine ou conserve la totalité ou une partie seulement des principes actifs; et il en résulte qu'il est parfaitement logique d'admettre, ce que l'expérience vient confirmer, que les formes médicamenteuses dans lesquelles la totalité des principes actifs est conservée doivent posséder une activité médicamenteuse assez notablement différente d'une autre préparation dans laquelle une partie, plus ou moins considérable, des substances qui accompagnent la morphine aurait été éliminée par suite d'un artifice de préparation.

Mais, avant d'aborder l'étude de ces préparations galéniques, il est extrêmement important de fixer un point : c'est celui relatif à la richesse en morphine soit de l'opium, soit des différentes préparations galéniques à base d'opium. C'est en effet la morphine qui prédomine dans une très large mesure dans l'opium, et il est assez naturel que ce soit à ce principe actif que l'on rattache la majeure partie des effets déterminés par l'opium; aussi, en raison de l'activité médicamenteuse très énergique de cette substance, est-il rationnel de s'en rapporter à sa détermination pour fixer, non seulement la valeur commerciale, mais encore la valeur pharmacodynamique d'une préparation opiacée.

Il est certain que ce procédé d'appréciation laisse à désirer, surtout au point de vue pharmacodynamique, la morphine n'étant pas le seul principe actif de l'opium; mais, si l'on voulait évaluer la proportion de chacun de ces principes actifs, l'opération du titrage de l'opium deviendrait impraticable, en raison de ses difficultés, et l'on courrait le risque de consommer pour ces essais uue telle quantité d'opium qu'il n'en resterait pour ainsi dire plus pour l'usage thérapeutique.

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