DE L'EMPLOI DE L'OPIUM
Un dernier mot me reste à dire relativement à l'emploi de lopium comme correctif. Vous savez qu'à ce point de vue, l'opium joue un rôle considérable en thérapeutique dans une foule de circonstances; on emploie le plus souvent l'opium dans le but d'atténuer, dans une certaine mesure, l'action irritante que peut exercer une substance médicamenteuse sur telle ou telle partie de l'organisme. Mais l'action corrective peut s'exercer de différentes façons : elle peut s'entendre soit d'une substance qui masque ou neutralise le goût, la saveur ou l'odeur d'autres substances médicamenteuses, cela n'est pas évidemment le rôle de l'opium ; soit d'une substance qui empêche ou modère l'intolérance gastro-intestinale, les nausées, les vomissements, la diarrhée, la flatulence, l'irritation plus ou moins intense que peut exercer un médicament; soit, enfin, d'une substance capable de faciliter, sinon même d'exalter les propriétés actives des autres médicaments. A ces deux derniers points de vue, l'action de l'opium est tout particulièrement remarquable; l'opium peut alors faciliter l'action du médicament en entravant les phénomènes que je viens de vous indiquer, ou bien il peut exalter les propriétés d'une autre substance active en préparant, en quelque sorte, le système ner>eux à ressentir avec une sensibilité exquise l'impression exercée par ce médicament. Il en est ainsi, par exemple, pour le tartre stibié, que l'on fait mieux supporter en administrant, avant ou en même temps que son ingestion, une certaine quantité d'extrait thébaïque. Delioux de Savignac a publié une très intéressante étude au sujet de Finfluence exercée par l'opium et les huiles essentielles, sur la tolérance | et l'action thérapeutique des antimoniaux.