‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 341 sur 486 · COMPLEXITÉ DE L'OPIUM · texte numérisé non relu

COMPLEXITÉ DE L'OPIUM

isoler chacun des principes actifs ne laisseraient pas d^altérer dans une considérable mesure les substances autres que ces alcaloïdes, et il est incontestable que les espèces pharmacologiques dont parlait Fonssagrives ne seraient pas réalisées efficacement.

Au surplus, comme le disait encore le même observateur, Topium est une véritable thériaque, c'est-à-dire un mélange naturel de médicaments divers, et il est nécessaire, à ce point de vue, de letudier comme un médicament simple : la découverte des alcaloïdes et l'isolement d'un nombre d'alcaloïdes de plus en plus considérable^ au fur et à mesure que notre connaissance sur la composition immédiate de l'opium fait des progrès, cette découverte a fait négliger l'étude du médicament complexe. On a même été, à un moment donné, jusqu'à considérer comme une véritable gangue inutile les principes immédiats accompagnant les alcaloïdes : c'est là l'expression dont s'est servi Claude Bernard, qui ajoutait, au sujet des alcaloïdes dont il a fait une si remarquable étude, que la thérapeutique offrait déjà bien assez de difficultés par elle-même sans qu'on vînt encore les augmenter en continuant d'employer des médicaments complexes comme l'opium, n'agissant que d'une manière souvent extrêmemeat variable.

Eh bien. Messieurs, si c'est là une appréciation absolument exacte pour un physiologiste, elle cesse d'être vraie pour un clinicien; la thérapeutique n'a, et n'aura de longtemps encore, pas assez de ressources fondamentales pour ne pas conserver soigneusement celles que lui a léguées un empirisme corroboré par une suite concordante d'observations séculaires, et pour les sacrifier à une simplification en apparence rationnelle. C'est se laisser trop facilement entraîner, sinon par la paresse, au moins par l'attrait du travail plus rapidement et plus facilement accompli, que de refuser de voir, par une observation attentive et délicate, des modifications, légères peutêtre mais incontestables, dans la façon dont l'organisme humain, tout au moins, est impressionné par le produit complexe tel que le donne la nature, le suc du pavot et l'opium, et les substances relativement plus simples que l'art est arrivé à en extraire, les alcaloïdes de l'opium.

Et, en effet, lorsqu'on étudie sur l'homme ou certains animaux la façon dont l'opium en nature se conduit, on s'aperçoit que cette action est fort différente dans une foule de circonstances justiciables de lac-

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