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VARIATIONS DANS LA COMPOSITION DE L'OPIUM

entier : ces obscurités et ces contradictions viennent, pour la plupart du temps, d'une analyse incomplète des phénomènes oa d*une synthèse trop hâtive de ceux-ci ; elles viennent aussi d'expériences effectuées sur les animaux et qu'on a voulu transporter à l'homme. Comme j'ai eu déjà l'occasion de vous le dire, et comme nous allons le voir bientôt, pour certains alcaloïdes de l'opium, il est absolument impossible de transporter des animaux à l'homme les résultats des expériences. J'insisterai plus tard sur ce point, lorsque nous ferons l'étude détaillée de chacun de ces alcaloïdes ; mais, je tiens à vous prévenir, dès à présent, que tandis que certaines espèces animales éprouvent des phénomènes de sédation, d'autres éprouvent des phénomènes d'excitation : il est donc absolumeul impossible de savoir, à priori, par une expérimentation sur un animal, ce qui se passera dans l'essai sur l'homme. D'autre part, la question de dose joue ici un rôle énorme ; et nous allons voir à chaque instant des effets d'apparence absolument différente résulter de l'absorption du même opium, lorsque les doses varieront dans des proportions que nous chercherons à déterminer.

Il faut encore tenir compte des variations impossibles à éviter dans la composition immédiate de l'opium : ce que j'ai dit des différents alcaloïdes vous a montré bien suffisamment, je pense, les métamorphoses que ces alcaloïdes pouvaient éprouver les uns par rapport aux autres, les modifications que l'opium pouvait subir sous l'influence d'un malaxage plus ou moins prolongé, de l'action de la lumière, de la température, du climat, des conditions de sa récolte, du degré de maturité des capsules de pavots : voilà autant de circonstances qui influent, d'une façon très importante, sur la composition immédiate de l'opium et sur les résultats obtenus par son administration.

Mais ces variabilités sont encore plus considérables lorsqu'on vient à envisager le facteur organisme vivant, quel que soit d'ailleurs cet organisme; et c'est alors qu'il faut tenir compte des idiosyncrasies, hygides ou morbides, qui déterminent chez des individus d'apparence aussi semblable que possible des différences de réceptivité vis-à->*is de la même dose d'opium. Il n'est pas étonnant qu'étant données ces conditions de susceptibilité individuelle, tel ou tel des alcaloïdes de l'opium excerce sur un individu déterminé et dans ces conditions étroites une action différente, en d'autres termes, que l'impressionnabilité soit variable pour tel ou tel de ces alcaloïdes.

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