INFLUENCE DES DOSES
entendu, d'une dose variant de 2 centigrammes 1/2 à 5 centigrammes d'extrait thébaïque. La dose d'imprégnation qui, cette fois, va déterminer, au moins dans la grande majorité des cas, un effet hypnotique, est, en moyenne, de 5 à 10 centigrammes. La phase de saturation, caractérisée par une excitation cérébrale plus ou moins intense, sera atteinte par l'ingestion d'une dose de 10 à 20 centigrammes. Enfin la phase d'intoxication, caractérisée par l'enchaînement de toutes les fonctions nerveuses, sera réalisée avec les doses supérieures à 20 centigrammes.
Je fais, encore une fois ici, toutes réserves sur les questions de susceptibilité individuelle relativement à ces doses; et je répète que la réceptivité est extrêmement variable, montrant ainsi, une fois de plus, l'individualité du système nerveux.
Il n'est peut-être pas de substance médicamenteuse à propos de laquelle on ait fait de plus déplorables confusions; et c'est précisément parce que, la plupart du temps, les auteurs qui ont étudié l'opium se sont surtout préoccupés des effets déterminés par les doses toxiques, qu'on peut voir des divergences aussi marquées entre des auteurs également recommandables et habitués à bien observer. Tandis qu'en effet vous verrez certains auteurs admettre comme une vérité absolue et indiscutable l'effet hypnotique de l'opium, quelle que soit la dose à laquelle on l'administre, vous en verrez d'autres lui dénier, au contraire, tout effet hypnotique et vouloir que ce soit une substance exclusivement excitante, à moins que les doses n'atteignent tout d'un coup les doses toxiques dont je viens de vous parler.
Il est évident que lorsque Ton atteint d'emblée une dose considérable, on peut très bien passer, d'une façon plus ou moins rapide, par dessus la phase d'excitation qui marque toujours le début de l'action de l'opium; mais, quelle que soit la dose administrée, lorsqu'on observe avec un peu d'attention les manifestations qui se produisent, il est impossible de ne pas saisir, à un moment donné, quelques manifestations de cette phase d'excitation qui peut, je le répète, être réduite dans une extrême mesure, mais qui se montrera toujours à un observateur attentif. Il faut tenir compte d'ailleurs, à cet égard, d'une foule de circonstances, surtout de la susceptibilité spéciale do l'individu, et il faut remarquer, en outre, ce fait, que l'accoutumance à l'opium et à la morphine s'établit avec une très grande facilité, et que telles doses