HYPNOSE OPIACÉE
qui, au début, suffisaient pour obtenir les phénomènes d'excitation* serontbientôt insuffisantes, devront être doublées, triplées, quintuplées même, pour amener les mêmes phénomènes.
On a remarqué, relativement à l'action hypnotique de Topium, un phénomène assez curieux : c'est que le sommeil déterminé parTopium est un sommeil beaucoup plus agissant, plus entremêlé de rêves, que ne Test le sommeil naturel ou celui déterminé par les autres substances hypnotiques. Quelle que soit la dose d'opium qui ait été administrée pour produire cet effet, le sommeil obtenu est suivi, le lendemain, d'affaissement cérébral, de céphalalgie, d'un état gastrique plus ou moins accentué ; et c'est lî\, certainement, un des écueils de l'administration de l'opium h titre de substance hypnotique. Il faut tenir compte, comme je le disais tout à l'heure, non seulement des doses plus ou moins fortes, mais de la réceptivité plus ou moins délicate des individus; et, à ce sujet, les auteurs, tels que Bordeu, Lorry, Cullen, Hufeland, Balthazar de Traites, ont observé des phénomènes plus ou moins curieux. Telle est l'observation de Murray, relative à un recteur d'une Université anglaise qui ne pouvait pas prendre quelques gouttes de laudanum sans éprouver des phénomènes d'excitation extrêmement intenses, auxquels succédaient bientôt une sédation des spasmes convulsifs dont ses membres étaient agités. En plus de l'exaltation de la mémoire et de l'imagination, imposant à son esprit une suractivité fatigante, ce sujet ressentait surtout l'action excitante de l'opium sur le système cérébral. 11 faut bien songer aussi, d'ailleurs, que les propriétés hypnotiques ne sont pas dévolues à toKs les alcaloïdes de l'opium ; que certains, la narcotinc, la thébaïne, la papavérine, sont surtout convulsivants ; que la morphine et la codéine même, bien que manifestement, hypnotiques, ne sont pas dépourvues de propriétés excitantes ; et que, par conséquent, la résultante de ces sollicitations, aussi multiples que différentes, peut se traduire d'une façon variable, suivant que l'impressionnabilité du sujet sera plus intense pour le groupe excitant que pour le groupe sédatif.
Pour interpréter l'action hypnotique de l'opium, on a fait intenenir un très grand nombre d'explications plus ou moins probantes, et desquelles il peut y avoir à tirer un certain enseignement. Je ne vous referai pas ici les diverses théories du sommeil: j'ai eu l'occasion de m'étendre sur cette question l'année dernière à propos des hj'pno-