PARALLÈLE ENTRE L'ALCOOL ET L'OPIUM
en quelque sorte de recourir pour une excitation nouvelle à une augmentation de dose; et ceci les conduit fatalement à Topiomanie oa à Topiophagie, dont noua nous occuperons plus tard. Ce fait est en relation avec Taccoutumance qui s'établit si facilement et sur laquelle j'aurai quelques détails à vous fournir lorsque nous étudierons la morphinomanie et le morphinisme; mais, dès à présent, vous pouvez voir qu'il y a entre l'action exercée par l'alcool et celle exercée par Topium une très étroite analogie.
De part et d'autre, excitation initiale avec les doses modérées; narcose avec asphyxie menaçante, si les doses sont plus fortes ou la réceptivité plus délicate; accoutumance facile et rapide, nécessité ^l'élever bientôt les doses initiales pour obtenir le même effet; intoxication chronique presque fatale, le sujet n'étant plus capable Je gouverner sa volonté ; manifestations graves très analogues de ces deux intoxications chroniques, tare héréditaire des plus lourdes infligée à la descendance. Il existe cependant quelques caractères différentiels. L'alcoolisme détermine surtout des accidents délirants, à forme hallucinatoires, tandis que le morphinisme provoque, avant tout, des accidents d'ordre trophique et moteur. L'alcool s'attaque immédiatement aux facultés sensorielles, tandis que la morphine peut les laisser indemnes pendant des années, tout en modifiant profondément le caractère et la volonté. Enfin, les accidents psychiques justiciables de l'alcoolisme résultent de V excès delà substance toxique dans l'organisme, tandis que les mêmes accidents justiciables du morphinisme résultent, comme nous le verrons bientôt, de Yinsuf/Isance ou du défaut de la morphine. Et, d^ns ce dernier cas, la syraptomatologie des accidents est tellement semblable que l'on a caractérisé cet épisode de l'intoxication morphinique par l'appellation de Delirium tremens amorphinique.
Il y a lieu également d'établir une distinction, au point de vue de celte dépression de la sensibilité, entre la sensibilité matérielle et la sensibilité psychique; et, en effet, tandis que la sensation de la douleur, notamment, est très amoindrie, vous allez voir tout à l'heure que les sensations psychiques sont, au contraire, exaltées dans une très large mesure.
Au point de vue de l'appétit, nous savons que la sensation de faim est émoussée par l'opium, et qu'il en est de même de la soif, après, toutefois, une période pendant laquelle celle-ci est plus ou moins