‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 355 sur 486 · ACTION DE L'OPIUM SUR LE SYSTÈME MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ACTION DE L'OPIUM SUR LE SYSTÈME MUSCULAIRE

l'intermédiaire du système symiiathique : je crois qu'il est beaucoup plus rationnel d'attribuer ce résultat à ce que la perception des phénomènes douloureux que déterminent les contractions utérines est plus moins atténuée sous l'influence de l'opium, et ce fait seul parait Fflsant pour expliquer l'arrêt, la suppression île ces contracliom- La prétendue action dépressive exercée par l'opium sur d'autres isoles de la vie oi^aiiique, tels que ceu\de l'intestin, de la vessie, 3 bronches, est justiciable de pareille réserve : j'ai appelé précémment voire attention sur la moindre excitation de la tunique isculaire intestinale par des fèces moins fluides et moins riches en îduits de sécrétion biliaire.

Il est vrai que l'inertie du système musculaire strié ne tarde pas à ^céde^ à l'emploi de doses un peu élevées d'opium ; l'érétbisme est >rs remplacé par une langueur musculaire qui incite au repos, is c'est là un phénomène qui sert, en quelque sorte, de transition Ire les doses médicamenteuses et les doses toxiques; et je ne cute cette action dépressive qu'en ce qui concerne les doses faibles moilérées, la dépression et la narcose généralisée étant l'aboutis- )t fatal des doses élevées.

La preuve que les muscles lisses sont peu influencés par l'opium us est fournie par ce qui se passe du côté de la pupille, fait qui est tainement justiciable, non pas de !'acti(m exercée sur les muscles. is de l'action exercée par l'intermédiaire du système nerveux. Ep ;t, rinfluencc excitante déterminée par l'opium sur le cerveau, au )ut de son action, retentit sur les fibres circulaires de l'iris, inner- !S, comme vous le savez par la troisième paire qui fournit au gan- 3n ophthatmique sa racine motrice ; et, en même temps, il y a uue alysie des fibres radiées, à innervation principalement syrapa- ^ue — |iar la racine sympathique du ganglion ophftialmique — accessoirement cérébrale — par quelques filets moteurs de la nche naso-ciliaire du nerf ophthalmique — parce que, sous fluencc de l'opium, on observe presque toujours une paralysie do tème sympathique. Vous savez, en effet, que l'irritation du cordon vical du grand sympathique détermine la dilatation de la pupille suite de l'exagération d'action des fibres radiées de l'iris, tandis : la section de ce cordon cer\'ical, ou bien sa paralysie, déterminent irédorainance d'action des fibres circulaires, d'où le myosis. ^ette paralysie est même tellement remarquable, que l'action de

ACTION DE L'OPIUM SUR LE GRAND SYMPATHIQUE o9l

lopium peut, dans une certaine mesure, ôtre comparée à celle résultant de la section du grand sympathique; Topium agit, dans tous les cas, exactement dans le même sens que la section du grand sympathique. On voit se produire la sécheresse dos muqueuses, la chaleur à la peau, la rougeur des tissus, l'élévation de la température, tous phénomènes que nous savons être la conséquence de la section ou do la paralysie momentanée du grand sympathique. L'opium paralyse les filets du sympathique que le ganglion cervical supérieur envoie au ganglion ophthalmique et de là aux fibres radiées de Tiris, comme il paralyse les filets vasculaires du grand sympathique et détermine de la vaso-dilatation. La pupille est contractée surtout par action prédominante et isolée des fibres circulaires de Tiris; et l'opium agit au même titre que l'ablation du ganglion cervical supérieur ou la section des filets supérieurs qui s'en détachent.

L'action sur l'intestin paraît contradictoire, parce qu'en efiet, en admettant cette action du Topium sur le grand sympathique, il semblerait que le péristaltisme intestinal devrait être exalté par modération ou paralysie du splanchnique; mais, pour pouvoir interpréter tous ces phénomènes, il faut tenir compte des conditions complexes de l'action stupéfiante exercée par l'opium sur les éléments anatomiques, et particulièrement sur la sensibilité de la muqueuse de l'intestin, enfin de la diminution des sécrétions et de la moindre irritation de la muqueuse intestinale. De plus, cette coexistence d'une excitation motrice éprouvée par le tissu musculaire, au moins au début, avec la paralysie du sympathique, détermine un état de spasme capable d'entraver, plus ou moins complètement, le péristaltisme intestinal.

Enfin, une preuve, d'ordre expérimental celle-là, qu'il ne faut pas attribuer une importance trop considérable au rôle joué par le nerf splanchnique, c'est que sa section préalable reste sans produire des modifications apparentes dans l'influence exercée par la morphine ou Topium sur le péristaltisme et sur les sécrétions de l'intestin.

XXVIP LEÇON

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'OPIUM EN NATURE. - ACTION SUR LES APPÉTITS ORGANIQUES. — ACTION NOOSTHÉNIQUE ET EXHILARANTE. — CONDITIONS QUI FONT VARIER L'ACTION PHYSIOLOGIQUE. — AGE-SEXE- IDIOSYNCRASIES.

Action sur les appétits org^anlqucs. — Quelques faits, relatifs à l'action de Topium sur les différents appétits organiques, voot me servir de terme de transition entre les phénomènes d'ordre physiologique que nous avons étudiés jusqu'à présent et les phénomènes d'ordre psychique sur lesquels il me reste à attirer votre attenlion. Vous avez pu remarquer, d'après ce que je vous ai dit précédemment, qu'il existe une différence essentielle, très appréciable, enire l'action exercée par l'opium sur les phénomènes de sensibilité et sur ceux de motilité; en effet, tandis que la motilité est toujours plus ou moins nettement exaltée, la sensibilité est, au contraire, déprimée dans une plus ou moins large mesure.

Ceci se traduit par une sensation particulière, caractérisée par ce fait que le poids du corps semble disparaître, que la marche est facile et légère; l'individu, sous l'influence des doses modérées d'opium, éprouve une sensation d'énergie physique, de jeunesse, de puissance, qu'il ne ressentait pas auparavant. Ces effets sont plus ou moins durables, d'une part en proportion de la dose d'opium employée, et d'autre part en raison de la susceptibilité, la réceptivité individuelle; mais dans tous les cas, ces effets d'excitation sont toujours suivis d'une dépression dont l'intensité est proportionnelle au degré d'excitation qui l'a précédée. De là résulte, précisément, pour les individus qui s'adonnent à la consommation de l'opium, la nécessité

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