ACCIDENTS D'INTOXICATION DÉTERMINÉS PAR LE TRIONAL. — PARALDÉHYDE
Lorsqu'on a administré le trional avec les soins et dans les condilions que j'ai indiqués dans la dernière leçon, on obtient toujours un sommeil plus ou moins prolongé, très calme, très analogue au sommeil naturel, et dont le réveil est accompagné d'un sentiment de bienêtre, loin d'être accompagné des inconvénients et des eDnuis qui signalent si souvent le réveil à la suite du sommeil obtenu sous l'influence d'autres hypnotiques, notamment des composés opiacés ou de la morphine, bien souvent même, pour ne pas dire toujours, du chloral.
Mais si l'administration du trional n'a pas été faite avec les soins indiques, ou si la.dose en a été élevée d'une façon inconsidérée, le réveil est accompagné de sensations pénibles, de vertige, de lourdeur de tête, d'une démarche défaillante, d'incertitude dans les mouvements, d'une certaine paresse intellectuelle, qui peut persister souvent pendant une période de vingt-quatre, voire de quarante-huit heures. Les accidents que nous allons étudier maintenant, pour terminer l'histoire du trional, vont vous donner la preuve des faits ^ue j'ai avancés dans notre dernière réunion; et ce sont précisément ces accidents qui vont nous faire attacher toute l'importance qu'elles méritent aux considérations que je me suis ettorcé de vous exposer.
Assez fréquemment, au début de l'emploi du trional, alors qu'on ne savait pas, que l'expérience n'avait pas encore appris qu'il v avait entre l'action du trional et l'aclion du sulfonal une dilTérence aussi sensible que celle que j'ai indiquée, on a administré en une seule dose des quantités beaucoup trop considérables de trional : on a été jusqu'à 3 grammes et même jusqu'à 4 grammes. Eh bien, dans
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ces cas, il y a eu des accidents plus ou moins graves, qui ont consisté surtout en vomissements, diarrhée, abaissement considérable de la température, titubation, vertiges, sentiment de défaillance, et même le signe de Romberg, que certains malades ont présenté pendant une durée assez longue.
J'arrive maintenant aux intoxications que Ton a pu relever à la charge du trional, et comme nous avons fait pour le sulfonal, nous allons diviser ces intoxications, d*une part en intoxications aiguës, d'autre part en intoxications chroniques. De même que pour le sulfonal, vous allez voir que c'est surtout dans le chapitre des intoxications chroniques que nous allons trouver la preuve des réserves que j'ai faites relativement an mode d'administration et aux doses du triooal .
Intoxication algrnë. — Pour ce qui est des accidents aigus, le seul exemple vraiment intéressant est celui-ci : il concerne un jeune étudiant en pharmacie, morphinomane, qui, à la suite d'insomnies répétées, avait pris pendant un certain nombre de jours, la dose d'un gramme de trional. Cette dose amenait habituellement chez lui un sommeil assez calme, assez réparateur, mais le médicament ayant perdu son action, au bout d'un certain temps, ce jeune homme, comme la plupart des morphinomanes, tomba dans des idées noires et devint hypochondriaque. Un matin, on le trouva dans on état de collapsus complet, les pupilles fortement dilatées; et il fut absolument impossible de le réveiller. Dans le courant de la journée, et sous l'influence de moyens révulsifs intenses, cet état de collapsus se dissipa peu à peu; on nota l'apparition de quelques secousses cloniques dans les membres supérieurs, mais il resta dans un état d'abattement profond : ce fut seulement le surlendemain qu'il revint complètement à l'état normal. Il avoua alors qu'il avait absorbé, en une seule fois, une dose de 16 grammes de trional, dans le but de se suicider. C'est là le seul exemple d'intoxication aiguë que je connaisse, qui ne se soit pas terminé par la mort : peut-être y en a-t-il d'autres; mais cet exemple, à lui seul, est assez intéressant, surtout par ce fait de l'apparition de secousses cloniques chez l'homme, phénomène qui n'avait pas été constaté encore, même avec le sulfonal, à propos duquel nous avons cependant observé, surtout chez les animaux, une tendance marquée à l'augmentation de l'excitabilité réûexe.
Intoxication chronique. — Les cas d'intoxication chronique
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sont beaucoup plus nombreux . Ils ont été observés dans des coaditions rappelant, de très près, celles que j'ai eues à vous signaler à propos du sulfonal . En voici quelques-uns qui me paraissent les plus intéressants parmi ceux que j'ai relevés. Le premier concerne une femme de 54 ans, mélancolique anxieuse, chez laquelle on avait essayé en vain l'usage de tous les hypnotiques, qui n'avaient déterminé aucune action somnifère; seul, le trional pouvait la faire dorhez cette malade, en un mois, on administra 25 grammes de , par fractions de 50 centigrammes et i gramme. Au bout de ps, l'anorexie devînt peu à peu complète; puis, un jour la fut prise brusquement de violentes douleurs épigastriques, issemenls, et mourut dans le collapsus cinq jours après l'appales premiers phénomènes. Les urines étaient albumineuses, nant de l'hématoporphyrine : on ne put pas faire l'autopsie, e qu'à cela se bornent les renseignements, utrc cas concerne un homme de 36 ans, aliéné, lequel absorba sspace de soixante jours 53 grammes de tétronal, puis, dans ; des vingt-quatre jours suivants, 5 grammes de sulfonal et mmes de trional. Les accidents débutèrent par la diminution ïétit et la disparition très rapide des forces; l'hématoporphyparut dans les urines d'une façon plutôt précoce, et l'individu , le vingt-sixième jour, exactement, après l'apparition de l'hérphyrine dans les urines, et le quinzième après la dernière e trional. Je dois vous faire remarquer, relativemeot à cette ktion , que le tétronal est encore plus toxique que ne l'est le
litre cas concerne une femme de 26 ans affectée de manie aiguë Lilucinations. bien portante d'ailleurs : elle prit tous les jours, t quatre mois, un gramme de trional; avec deux périodes de 'une de douze, l'autre de quinze jours. Au total dans l'espace jours, elle absorba 40 grammes de trional. Six jours après la e prise, et alors qu'elle était dans une période de repos, elle ^e de céphalalgie, de vertiges, elle voyait devant ses yeux des is volantes, présentait une anorexie profonde et souffrait de 'S épigastriques. La température était de SS'S; elle monta le ain à 40°, l'état de la malade était beaucoup plus grave; son tait rapide, petit; elle avait des nausées et des selles diaris abondantes, et présentait un véritable aspect de typhique. Le