‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 387 sur 486 · ACTION DE LÀ MORPHINE SUR LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

ACTION DE LÀ MORPHINE SUR LES ANIMAUX

dents convulsivants plus ou moins intenses. D'autres fois, au contraire, on avait observé des accidents convulsifs après la narcose; ou bien, inversement, l'action narcotique ne se produisait qu'après une période convulsivante plus ou moins accentuée.

Mais, l'étude de l'action exercée par la morphine sur les différentes espèces animales va nous montrer des choses encore beaucoup plus intéressantes que les faits dont je viens de vous entretenir. D'une très longue et très consciencieuse étude effectuée en ces dernières années par M. Guinard, de Lyon, et qui a fait l'objet d'un très important travail constituant sa thèse de doctorat intitulée : Élude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et Vapomorphine, il résulte que la morphine n'est pas toujours et avant tout un poison du cerveau. Certes, la morphine exerce sur les cellules de tout le névraxe une action élective particulièrement intense, particulièrement intéressante, qui va précisément nous permettre d'expliquer sinon toutes, au moins la plupart des actions physiologiques qui en résultent; mais il s'en faut de beaucoup que les diverses espèces animales réagissent vis-à-vis de la morphine suivant une succession de symptômes comparables. Tandis que certaines espèces éprouvent, de la part de la morphine, une action sédative, et, la plupart, une action narcotique plus ou moins nettement déterminée; d'autres, au contraire, éprouvent sous cette même influence, une action exclusivement excitante sans qu'il s'y montre la moindre manifestation narcotique, le moindre symptôme d'hypnose. Le tableau que voici, et que vous pourrez comparer à celui de Claude Bernard, représente précisément, d'après M. Guinard, la façon dont les différentes espèces animales sont influencées par la morphine. Les animaux qui figurent dans ce tableau sont rangés par ordre de susceptibilité décroissante sous l'influence de la morphine, et vous voyez qu'on peut établir trois classes qui sont, en quelque sorte, subintrantes les unes par rapport aux autres; le chien tient la tète, c'est lui, en effet, qui se rapproche le plus de l'homme par les manifestations que provoque la morphinCf et c'est avec lui que l'expérimentation permet le mieux de conclure de l'animal à l'homme, en ce qui concerne exclusivement la morphine.

Pour le chien, qui est l'animal le plus sensible, l'action exercée par la morphine est une action narcotisante, convulsivante aussi; mais l'action convulsivante, comme cela se produit chez l'homme, d'ailleurs, est une action secondaire, surajoutée en quelque sorte à

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