‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 389 sur 486 · ACTION DE LA MORPHINE SUR LE CHIEN · texte numérisé non relu

ACTION DE LA MORPHINE SUR LE CHIEN

rhomme; c'est ainsi qu'un chien supporte fort bien Finjeclion d'un centigramme de chlorhydrate de morphine par kilo d'animal, alors que chez l'homme, l'injection de 0 milligr. 3 (trois dixièmes de milligramme), par kilo, représente une dose déjà forte : c'est une dose qui correspond à 2 centigrammes de chlorhydrate de morphioe pour un adulte du poids moyen de 65 kilos; c'est une dose qui peut n'être pas fatalement toxique, mais qui, dans un assez grand nombre de circonstances, s'est montrée une dose toxique. De même que chex l'homme, chez les animaux pour lesquels la morphine intéresse les fonctions cérébrales, on observe une susceptibilité beaucoup plus considérable chez les jeunes animaux que chez les animaux d'un certain âge.

C'est ainsi, par exemple, que chez le chien, pour lequel, ainsi que je viens de vous le dire, l'injection d'un centigramme de chlorhydrate de morphine par kilo d'animal est parfaitement supportée, on peut arriver à déterminer la mort avec 2 à 3 milligrammes de chlorhydrate de morphine par kilo, si l'on pratique l'injection dans les jours qui suivent immédiatement la naissance; et que, chez un animal âgé d'un mois, une dose de 5 milligrammes par kilo, c'est-à-dire la moitié de la dose qui est parfaitement supportée par l'animal adulte, est une dose mortelle dans un espace de temps variant entre quarante-huit et soixante-douze heures.

Voyons quelle est la symptomatologie générale présentée par le chien, ce réactif le plus sensible à la morphine après l'homme. Sous l'influence d'une dose faible, c'est-à-dire de 6 milligrammes de chlorhydrate de morphine par kilo, injectés en une seule fois par la voie hypodermique, on observe, après quelques minutes, du mâchonnement; l'animal lèche l'endroit oii on a pratiqué la piqûre; il est pris, dans un délai en général fort court, d'une hypersécrétion salivaire plus ou moins abondante, qui est très fréquemment suivie de manifestations nauséeuses allant quelquefois jusqu'au vomissement, et parfois même accompagnées d'efforts de défécation plus ou moins répétés. Puis, au bout de dix à quinze minutes, l'animal éprouve un sentiment d'inquiétude, de malaise général, et manifeste déjà des symptômes de dépression nerveuse. Ces symptômes se traduisent par un affaiblissement du train postérieur qui a perdu le pouvoir de soutenir l'animal ; les articulations des membres pelviens fléchissent; l'animal se couche, il s'endort invinciblement

^:fM^:s^m^y^^:

Page 1