INTERMITTENCES VRAIES
narcotisées que s*ils se montrent particulièrement résistants à Tinfluence de la morphine, est remplacé, comme phénomène de début, par de l'accélération chez le cheval, l'âne, le bœuf, le porc et le chat. Chez l'homme, comme chez la plupart des animaux, l'accélération est primitive et le ralentissement ne s'observe que sous l'influence de doses relativement élevées. Mais, dans tous les cas, abstraction faite des manifestations primitives, l'action toxique se traduit toujours, ainsi que je vous l'ai déjà dit, par l'accélération excessive du rythme et l'affaiblissement notable de l'énergie.
En plus de ces modifications peu caractéristiques de rythme, on observe des irrégularités de fonctionnement qui se traduisent par des intermittences plus ou moins accusées, avec des contractions réunies par groupes de deux, plus rarement trois ou même davantage. Il s'agit ici d'intermittences vraies qu'il ne faut pas confondre avec le pouls bi ou tri-géminé qui s'observe d'une façon très caractéristique et des plus typiques chez la chèvre : nous allons voir bientôt que les intermittences vraies doivent être rapportées à une cause d'origine bulbaire, tandis que le pouls bigéminé est provoqué par l'obstacle apporté à la circulation périphérique. En raison de la prédisposition, si l'on peut ainsi dire, de son appareil cardiaque, le chien est l'animal de choix pour réaliser ces manifestations : c'est en effet chez lui que Ton peut provoquer le plus nettement la tendance au rythme couplé, les systoles avortées, les intermittences et toutes les irrégularités de fonctionnement. Les graphiques ci-après vont vous montrer d'une façon très nette les intermittences et les systoles avortées auxquelles je fais allusion en ce moment (fig. 31, 32 et 33).
Chez les autres animaux, la régularité du rythme est en général bien conservée, le rythme est simplement un peu accéléré. Le pouls, chez le chien morphinisé, est à la fois intermittent et bigéminé ; sous ce rapport, le chien se rapprocherait davantage de la chèvre et du mouton que les autres animaux ; mais vous savez qu'au point de vue de l'action physiologique le chien présente, relativement i la circulation, des particularités spéciales. Voici une série de graphiques qui va vous montrer les différentes modifications que présente le pouls du chien sous l'influence de la morphine : vous verrez ici, d'abord, l'accélération et l'augmentation de tension, ensuite la production de systoles avortées avec quelques légères intermittences, pendant la première période de l'expérience; et, dans la deuxième période de