‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 407 sur 486 · ACTION TOXIQUE SUR LE CŒUR · texte numérisé non relu

ACTION TOXIQUE SUR LE CŒUR

Action sur le cœur et la circulation. — Nous arrivons maintenant, Messieurs, à Fétude de Faction de la morphine sur le cœur et la circulation. Les interprétations que je viens de passer en revue vont précisément nous servir en partie pour expliquer les phénomènes exercés par la morphine sur le cœur et sur la circulation. Tout d'abord, je vous dirai que la section des deux pneumc^astriques n'empêche en aucune façon les phénomènes de' renforcement et les effets toniques que la morphine exerce sur le cœur (fîg. 27), tandis que les effets de ralentissement et de chute de pression qu'on observe toujours sont plus ou moins atténués : il y a, cependant, quelques modifications que je vous signalerai en temps opportun. D'autre part, chez les animaux quels qu'ils soient, qu'ils réagissent sous l'influence de la morphine par la narcose ou par l'excitation, l'introduction dans l'organisme, par une voie quelconque, d'une dose un peu considérable de morphine traduit toujours son action toxique sur le cœur par une accélération excessive du rythme et un affaiblissement très notable des contractions cardiaques.

Deux ordres de phénomènes, précisément opposés, caractérisent, à première vue, l'action exercée sur le cœur et la circulation par les doses moyennes de morphine : c'est d'abord de l'accélération cardiaque avec légère augmentation de la tension artérielle; puis, du ralentissement avec affaiblissement de l'énergie et diminution de la tension vasculaire. Suivant donc qu'ils considéraient exclusivement Tune ou l'autre de ces deux phases, les partisans de l'action excitante ou de l'action dépressive de l'opium pouvaient y trouver la confirmation de leurs opinions.

Si l'accord est facile à réaliser relativement aux manifestations déterminées par la morphine : il n'en est plus de même en ce qui regarde les interprétations à l'aide desquelles on a tenté d'expliquer ces phénomènes. Nous nous trouvons, ici comme toujours, en présence de ces phénomènes qui sont susceptibles de s'interpréter par deux actions précisément égales et contraires. Paralysie des appareils modérateurs ou excitation des appareils accélérateurs, et réciproquement, peuvent provoquer exactement les mêmes manifestations : il est, dans la plupart des cas, bien difficile, parfois même absolument impossible, de décider certainement et sans objection à laquelle de ces deux actions il est rationnel de s'arrêter. La confusion des effets déterminés par des doses variées vient encore ajouter à cette

INFLUENCE DES PNEUMOGASTRIQUES

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700 EPPKTS RENFORÇANTS

indécision; mais on peut facilement vérifier qu'aux doses faibles il se produit une augmentation d'énergie des contractions, parfois accompagnée de ralentissement ou, tout au moins, de régularisation; tandis quavx doses élevées succède un affaiblissement plus ou moins profond de l'énergie, qui est peut-être la cause de la stase veineuse, et qui s'accompagne de troubles variés du rythme.

Fig. 2S. — bITcU renTor^nls de la iiioriihine qui ne Boni pas

S, — Tracé ordiognphiquo prit rnir le mi>nio sninMl di^ aiiauipi *[>r«a lOJoctiDn TCineu» de35cïii' llgrunniM île dhlorhyilrile do uiDrjiliinp. |D'Bpr«s M. Guiiunl.J

Ces phénomènes varient nécessairement suivant les doses, suivant les voies d'introduction de la morphine, et suivant les espèces d'animaux sur lesquelles on expérimente ; mais, dans tous les cas, quelque soit la dose, l'animal et le mode d'introduction de la morphine, le premier de tous les phénomènes qu'on observe, c'est le renforcement d'énei^e du myocarde. Ce fait est très nettement visible sur les tracés que je mets sous vos yeux : vous y pouvez constater que, aussi bien chez les animaux excités que chez les animaux narcotïsés, il y a non seulement, après l'injection de morphine, une augmentation d'amplitude très marquée, mais la fréquence des contractions cardiaques est légèrement accrue; et, ce qui est encore plus remarquable, c'est l'augmentation d'énergie. (Fig. 28, 29 et 30.)

EFKETS ilENKORÇANTS

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Le rythme est affecté également, et cela d'une ïaçon différenle suivant la manière dont les animaux réagissent soua l'influence de la morphine.

Chez ceux qui offrent une résistance aux actions de la morphine,

Fie. 30- — ElTets renforçanls de In morphine sur le ai-ar îles anima

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comme la chèvre, le mouton, on voit que le cœur, au début, est considérablement ralenti, ensuite accéléré, et cela, surtout si les doses de morphine sont suffisamment élevées. Ce ralentissement, qui n'est bien apparent, même chez les animaux des espèces non

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