VITESSE DU SANG 7H
importante dans les vaisseaux efférents, c'est-à-dire dans le système veineux, que dans le système artériel. La cause de cette diminution de vitesse pendant le sommeil niorph inique est surtout à la périphérie; elle est due à la paralysie vaso-motrice, qui aboutit au ralentissement delà circulation capillaire avec stase : ainsi, à cette période, on peut voir que les oreilles du cobaye ou du lapin sont fortement congestionnées, très rouges, et, malgré cela, si Ton vient à y faire une blessure, le sang ne coule pas, tant sa vitesse est diminuée.
Pendant le sommeil, le ralentissement du cœur accompagné d'un renforcement d'énergie, l'hypotension modérée et la diminution de la vitesse du sang, sont difficiles à concilier sans admettre l'intervention d'un obstacle périphérique dû au relâchement et à l'inertie des petits vaisseaux ; nous avons de ce fait une preuve dans les tracés de pouls chez l'homme sous l'influence de l'opium, tracés dus à Bordicr et que je vous ai montrés précédemment. (Voir page 573.)
Au contraire, chez les animaux que la morphine excite, les tracés, obtenus avec l'hémodromographe de Chauveau,, montrent, peu de temps après l'injection de morphine, une diminution de la vitesse systolique et de la vitesse diastolique ; mais, à la période d'état, la vitesse systolique augmente par suite de l'impulsion plus forte du cœur, la vitesse diastolique restant toujours inférieure à la normale. Le ralentissement est dû, ici, à un mécanisme absolument inverse : c'est une vaso-constriction énergique et une gêne circulatoire consécutive à la périphérie; tandis que chez le chien et les animaux que la morphine narcotise, la tension artérielle baisse et la vitesse diminue, malgré Timpulsion plus énergique du cœur, à cause de la stase sanguine qui se produit à la périphérie et de l'inertie du système vaso-moteur.
Du reste, on a une confirmation de l'action congestive exercée par la morphine dans les phénomènes qu'on peut observer sous l'influence de doses toxiques chez l'homme : c'est ainsi que la rougeur du visage, l'injection oculaire, la dilatation et l'engorgement vasculaires, l'inertie du système vaso-moteur révélé par les caractères et la forme que revêt le pouls, de même que l'état de la papille rétinienne, sont autant de preuves de cette action congestive.
En définitive, on peut résumer ainsi l'action sur la circulation. Chez les animaux narcotisés, on observe une accélération passagère, suivie de ralentissement et de régularisation des contractions cardiaques, la tension baisse légèrement, la vitesse du sang diminue.
712 INPLCENCE IIRS PNEUMOGASTRIQUES
quoique l'impulsion du cœur soit nettement plus énerg^ique : c'est là le résultat de la stase sanguine à la périphérie et, en même temps, de l'inertie du système vaso-moteur. Chez les animaux excités, on observe le ralentissement, puis l'accélération des contractions cardiaques, la tension s'élève d'une manière appréciable, et le ralentis-
Fig. 38. — KITets produils par la vagutomio doolile chez un cliien sain el normal.
iiyni|>Uhiqiies, clici ui> cliion io chn.so trâs vigouroux. l'uluiliani, «Ol. | H'aprix M. (Iniiurd. .
sèment du courant sanguin se produit par un mécanisme précisément inverse du précédent : vaso-constriction et gêne circulatoire consécutive à la périphérie. On constate d'abord la diminution de la vitesse diastoliqueetdela vitesse systolique; puis, plus tard, en pleine période d'excitation, la vitesse systolique augmente par suite de l'impulsion plus énei^ique du cœur, mais la vitesse diaslolique reste toujours inférieure à la normak-. Même après la section dos deux pneumogastriques, comme je vous
influence: des pneumogastriques 713
l'ai dit au début, les eflets toniques et de renforcement sur te cœur se produisent quand même; on est donc autorisé à dire que si ces elTets sont partiellement liés & une action centrale, ils dépendent en très grande partie d'actions périphériques s'exerçant soit sur les ganglions automoteurs, soit sur le myocarde lui-même.
Fig. 39. — ModiO cation» produites par la morphine chez un chien préalablement vagolominé. [Suile de l'expérience de la liBiire "" "
igramnie de clilorhydrate ie morphine par kilo. Trac« pris
L...... ...u,..v.. .» ........iiittences vnièi. Ul monvenipnti rmgiirMoircs
m modines. llViprts M, Guinard.]
L'expérience démontre en effet que si la morphine agit sur les ganglions nerveux intra-cardiaques en les excitant d'abord, elle arrive à tes paralyser ensuite au point d'annuler complètement, quand la saturation est suffisante, toute influence s'exerçant par la voie des pneun]ogastri(|ues. On peut, pendant certaines phases de l'intoxication, exciter l'un ou l'autre, ou les deux nerfs vagues, même avec
TU ORIGINE BL'LRAIRE DBS INTERMITTENCES
des courants faradiques intenses, sans produire le moindre trouble de fonctionnement ni de rythme.
Après la section des deux pneumogastriques, la morphine peut encore produire un léger ralentissement du cœur chez le chien, mais Jes inlermitlences vraies qu'elle détermine habituellement disparaissent d'une façon constante, tandis que le pouls bigéminé persiste sans modifications appréciables. Or, on sait que ce pouls bigéminé est le témoin, non pas d'une action exercée directement et immédiatement
sur le cœur, mais bien d'une gOnc apportée à la circulation périphérique : le cceui- doit, dans les circonstances où on l'observe, faire face à une résistance plus grande que celle qu'il doit vaincre normalement, exécuter un travail plus intense, et, en effet, les pulsations artérielles montrent une énergie un peu plus considérable. L'origine bulbaire des intermittences vraies est donc confirmée par leur suppression au moyen de la double vajiolomie, tandis que l'origine périphérique du pouls bigéminé et sa persistance s'interprètent fort bien au moyen des obstacles apportés à la circulation périphérique : par l'inertie capillaire et la stase sanguine, chez les animaux narcotisés par la morphine; par la vaso-constriction, chez les animaux excités. Tout
OniGINE BULBAIRE DES [NTERMITTENCES