SÉCRÉTIONS
M, Pression carotidieono.
R, Si>hygmographo.
H, Respiration.
i. — Tracés pris après section des deux cordons vago-sympathiqucs au cou ot avant l'injection do
morphine. Pulsations 191.
%. — Tracés pris quelques secondes après injection veineuse de 1 centigramme de chlorhydrate de
morphine par kilo. Relèvement passager de la pression. Renforcement des pulsations qui
s'associent i»ar doux et légère diminution de leur nombre, 160. — Troubles de la respiration. S. — Tracés ])ris une minute après l'injection. La pression tombe rapidement, sans modification
parallèle du rythme cardiaque. Pulsations très faibles et en nombre considérable : au début,
pulsations couplées, mais pas d'intermittences vraies. Troubles et accélération respiratoires. 4. — Tracés pris 10 minutes après l'injection. L'animal est en état complet d'hypnose. Tension
artérielle très basse. Pouls faible et accéléré, bien qu'un peu plus lent qn'a\'ant l'injection
de morphine. Respiration calme, régulière, superficielle. Phénomène constant dans toutes ces cx|>érioiiccs : persistance du pouls bigéminé. mais disparition
dos intermittences vraies. [D'après M. (îuinard.]
en reconnaissant la part considérable et l'indépendance relative des influences d'origine périphérique, il ne faut donc pas négliger complètement les influences d'origine centrale dont l'importance est bien mise en relief par ces expériences de double vagotomie. Les graphiques 38 à 41 permettent de vérifier l'exactitude des faits que je viens de vous rapporter. Les figures 38, 39 et 40, montrant les résultats successifs d'une même expérience, prouvent que certains effets de ralentissement cardiaque peuvent dépendre d'influences périphériques; et cette preuve est encore plus accusée dans les modifications révélées par les graphiques de la figure 41.
Action sur les sécrétions. — Voyons maintenant, quelle est l'influence exercée par la morphine sur les sécrétions. Tout d'abord, un fait fort intéressant à noter est celui qui consiste dans la différence des électivités glandulaires. En effet, tandis que certaines sécrétions sont excitées par la morphine, d'autres sont, au contraire, plus ou moins nettement déprimées ; et cela, non seulement chez les animaux qui réagissent par de l'excitation, mais même chez ceux qui réagissent par de la narcose.
Chez l'homme, la sécrétion de la sueur est augmentée d'une façon très notable, tandis qu'on observe une diminution très nette, très accentuée de Timpressionnabilité réflexe de la muqueuse trachéale, en même temps qu'une diminution des sécrétions de cette muqueuse. L'hypersécrétion salivaire est très accentuée chez les animaux qui réagissent soit par l'excitation, soit par la narcose; elle disparait pendant le sommeil chez les seconds et reparaît pendant la crise convulsive qui, de temps à autre, peut venir interrompre ce sommeil. Elle est, au contraire, persistante chez les animaux réagissant exclusivement par l'excitation sous l'influence de la morphine; et, chez ces
SALIVATION ET DIAPHORÈSB 717
derniers, elle est tellement intense que, chez le bœuf notamment, elle équivaut à la salivation produite par une injection de pilocarpine.
Chez les solipèdes, cette hypersécrétion salivaire est remplacée par une sudation abondante; et, à ce point de vue, il n*est pas sans intérêt de faire ressortir les analogies qu^on peut observer, au point de vue de l'activité normale des glandes sudoripares, entre Thomme, le cheval, Tâne, par exemple, chez lesquels les glandes sudorales réagissent avec une très grande facilité sous Finfluence des substances médicamenteuses, tandis que chez les bovins la sudation est rare et Thypercrinie qui se substitue à celle-là est précisément, comme chez le chien, Fhypercrinie salivaire dont je parlais à Finstant.
Cette élimination exagérée de liquide par certaines glandes n'entraîne pas l'exagération nécessaire de leur fonctionnement : par exemple, les glandes gastriques et intestinales permettent à la morphine de s'éliminer en grande partie; et, malgré cela, l'expérience montre la dépression fonctionnelle très intense de ces glandes sous l'influence de la morphine. Il doit donc s'agir d'une action presque exclusivement d'origine centrale et n'intéressant que secondairement les glandes. Il est facile, d'ailleurs, de fournir des preuves de l'exactitude de cette interprétation.
Une très jolie expérience due à M. Aubert, de Lyon, démontre déjà d'une façon péremptoire cette exactitude. Si l'on vient à déterminer une pénétration épidermique superficielle par électro-cataphorèse, c'est-à-dire au moyen d'un courant électrique appliqué sur une portion déterminée et restreinte du tégument, courant qui transportera, à travers les couches épidermiques, jusqu'au contact immédiat des glandes sudoripares, l'agent médicamenteux sur lequel on expérimente, on voit, par la méthode des empreintes sudorales, que l'excitation de la glande ne se manifeste à aucun moment de l'expérience; en d'autres termes, son activité n'est en rien modifiée. En répétant chez le chien certaines des expériences relatives à la sécrétion salivaire, en introduisant, par exemple, une canule dans le canal de Warthon et pratiquant ensuite d'un seul côté la section de la corde du tympan, on voit que, sous l'influence de la morphine, la sécrétion de la glande sous-maxillaire est nulle de ce côté. La contre-épreuve peut être faite facilement de la façon suivante, pour prouver que la réactivité de la glande salivaire du côté de la section n'est pas abolie : l'injection, chez le même animal, d'une substance capable d'agir par