ACTION SUR LES MUSCLES, LE CŒUR, LA CIRCULATION
L action dépressive sur le système musculaire suit presque immé* diateraent Tassoupissement intellectuel et quelquefois même coïncide avec lui. Elle est caractérisée par la chute des paupières, la paresse musculaire, Tincerlitude de la marche, Taffaiblissement des forces et la difficulté de maintenir la tête dans sa position d'équilibre normal : cette difficulté rappelle celle qu'on peut observer chez un individu en état d'ivresse profonde chez qui la tête obéit aux lois de la pesanteur et roule dans tous les sens. A un certain moment même, Timpotence fonctionnelle est tout à fait complète.
On observe d'abord l'affaiblissement, puis la disparition de l'activité réflexe au cours de cette intoxication ; car c'est bien le nom que méritent ces manifestations, au moins lorsqu'elles arrivent à acquérir une certaine intensité. On a signalé également des phénomènes d'hyperesthésie, mais surtout des phénomènes de paresthésie.
Le cœur et la circulation sont, en somme, peu intéressés par les doses thérapeutiques de la paraldéhyde, car le ralentissement des contractions cardiaques que l'on peut observer est d'autant plus accentué que les doses sont plus élevées ; et aux doses qui, chez l'homme, sont capables d'amener simplement l'hypnose, sans accidents comateux, l'amplitude des contractions cardiaques, le rythme et l'énei^ie du cœur sont fort peu intéressés, on peut même dire qu'ils ne le sont pas du tout : il en est de même pour l'abaissement de la tension artérielle. C'est seulement dans les cas d'intoxication que les modifications de nombre, de rythme et d'énergie, ainsi que de la tension sanguine, sont nettement accusées. La diminution du nombre des contractions est une conséquence de la parésie des centres intra-cardiaques, et l'abaissement de la tension artérielle, une conséquence de la parésie du bulbe : il faut toutefois reconnaître que ces phénomènes sont favorisés, dans une très notable mesure, par l'affaiblissement, sinon même la disparition, des réflexes, qui ne peuvent plus être excités par les causes qui, d'habitude, réglementent ces mouvements.
Quant à l'action exercée sur le sang, elle a donné naissance à des affirmations contradictoires. Quinquaud avait accusé la paraldéhyde de déterminer immédiatement la formation de la méthémoglobine lorsqu'elle se trouvait en circulation dans le sang; M. Hénocque a émis la même opinion, et l'a appuyée en assurant que, sous l'influence de la paraldéhyde, les hématies éprouvaient une sorte d'inhibition