ACTION ÉLECTIVE SUR LE SYSTÈME NERVEUX
— et à l'aide de laquelle on démontre qu'un animal étant en état d'impotence complète sous l'influence du curare, une excitation pratiquée sur les nerfs sensitifs ou les nerfs mixtes, par exemple le pincement ou la faradisation du sciatique, suffit pour déterminer une modification considérable dans la tension sanguine, modification montrant que si la perception de la douleur ne se traduit par aucun mouvement réflexe, rendu impossible à cause de la perte de la motilité, elle est tout au moins ressentie — cette expérience montre que, chez l'animal soumis à l'influence de la paraldéhyde, la pression sanguine ne varie pas, preuve de l'abolition complète de toute perception sensitive.
Le nombre des mouvements respiratoires diminue de plus de moitié; la température s'abaisse notablement, et le cœur est lui-même ralenti; mais ce sont là des phénomènes toxiques plutôt que thérapeutiques. Et en effet, si l'on en arrive à la dose de 2 grammes par kilo, on voit, qu'après dix minutes, l'animal est dans l'impossibilité absolue de marcher; son état d'ivresse est extrême; il a complètement perdu la notion de la direction et de l'équilibre, et il tombe promptement dans un état de sommeil comateux. Les réflexes sont alors complètement abolis, même le réflexe cornéen; l'anesthésie est profonde et généralisée ; l'abaissement de température, considérable, peut atteindre 7" et même jusqu'à lO*"; le nombre des mouvements respiratoires est diminué dans une proportion énorme, le pouls est très ralenti, et la mort survient dans un espace de trois à quatre heures.
En résumé, vous voyez. Messieurs, que l'action de la paraldéhyde 8 exerce principalement sur le système nerveux, quoique un certain nombre de grands appareils soient intéressés également : ils ne le sont que d'une façon secondaire. Quant au système nerveux, c'est l'écorce grise corticale qui est atteinte la première, et la preuve réside dans la disparition des mouvements volontaires, alors que les réflexes persistent encore dans la première partie de l'action thérapeutique. La paralysie tardive de la moelle s'observe seulement sous l'influence des doses toxiques. La paraldéhyde exerce évidemment une action élective sur l'axe gris encéphalo-méduUaire ; et, de ce fait, nous avons la preuve dans l'action antagonistique que cette substance exerce vis à vis de la strychnine, dont elle empêche les manifestations. Enfin, son action sur le grand sympathique est mise en évidence par
ACTION ELECTIVE SUfl LE SYSTEME NERVEUX
■"SIS très accentué qui l'accompagne, même à dose thérapeuce myosis ne pouvant être interprété que par la paralysie du hique, et non par l'excitation de la troisième paire ou moteur e commun, excitation qui serait absolument en désaccord avec ; faits d'action dépressive qu'on peut observer sous l'influence agent médicamenteux.
Ire part, la diminution des mouvements respiratoires indique 1 moment donné la paraldéhyde exerce une influence nocive >ulbe; et la disparition du pouvoir excito-moteur de la moelle iea élevées est encore une preuve du même ordre qui indique ! même que pour le chloral, pour le choroforme ou les autres anesthésiques, l'envahissement du système nerveux est suc- !t suit la même progression sous l'influence de la substance menteuse. Quant aux centres vaso-moteurs, ils sont euxatteinis à une certaine période : la preuve en est fournie par -dilatation qu'on observe en môme temps que l'abaissement rable de tension artérielle que je signalais tout à l'heure, laralysie des centres vaso-moteurs bulbaires peut d'ailleurs ise bien facilement en évidence dans un certain nombre de la même utilisée pour exagérer, dans une certaine mesure, 'oir diurétique d'une substance que nous savons être diuréar elle-même, je veux parler de la caféine. On peut porter au um l'action diurétique de la caféine en l'associant à la paral- , exactement comme en l'associant au chloral : dans les deux détermine la paralysie des vaso-moteurs et on abaisse la tennguine augmentée sous l'influence de la caféine, ou bien on le cette tension artérielle de subir l'augmentation que lui e la caféine.
it à l'action vaso-dilatatrice, elle est surtout d'origine périphéït accompagnée d'anémie cérébrale.
I dans les cas d'intoxication, l'arrêt de la respiration est ■; et, ainsi que je l'ai dit tout à l'heure, il est possible de ire à la mort les animaux sur lesquels on expérimente en anl sur eux la respiration artificielle : bien que la mort par ' ne se produise pas facilement, il faut cependant que la dose pas tellement considérable que les centres vaso-moteurs cari puissent être eux-mêmes intéressé,') et que la mort arrive et du cœur.