CHANVRE INDIEN ET CHANVRE INDIGÈNE
ces propriétés actives qui le rapprochent si étroitement du chanvre indien. D'autre part, le rouissage du chanvre, dans les régions où il se pratique encore, détermine ce que Ton pourrait appeler la réalisation d'un milieu miasmatique, en ce qui regarde Fair, et une telle altération des eaux que cette industrie a été, à bon droit, rangée dans la première classe des établissements insalubres, incommodes, ou dangereux. Elle entraîne la mort des poissons dans les régions qui sont ainsi infectées; et cette mort me paraît être due, au moins en partie, à des phénomènes analogues à ceux qu'on peut observ^er sous l'influence de la picrotoxine qu'on ajoute, comme vous le savez, dans les cours d'eau pour étourdir le poisson et pouvoir le pêcher plus facilement. Je ne serais pas étonné, pour ma part, qu'une certaine partie des résines contenues dans le chanvre n'intervînt, en effet, dans cette action nocive exercée sur le poisson par les eaux provenant du rouissage, et ce fait n'a rien de bien extraordinaire, étant donné qu'il est incontestablement démontré pour la Coque du Levant.
Que, d'après l'opinion de certains botanistes, le chanvre indien ne soit pas une espèce distincte, mais seulement une variété de Cannabis modifiée par des conditions climatériques particulières, opinion qui s'appuie sur ce fait que notre chanvre indigène cultivé dans les régions froides serait moins actif que celui cultivé dans des régions plus chaudes, peu importe : ce qui est certain, bien évident, c'est que le chanvre indien est beaucoup plus actif que le chanvre de nos régions.
On a reconnu dans cette substance la présence d'un certain nombre, d'un trop grand nombre, pourrais-je dire, de substances. Il est assez rare de pouvoir se procurer ici du chanvre indien, de provenance certaine, qui ne soit pas mélangé à une substance autre que les principes actifs du chanvre : c'est probablement à cette difficulté qu'il faut attribuer certains résultats, vraiment extraordinaires, qui ont été signalés dans les recherches de quelques auteurs. C'est ainsi que M. Préobrachensky, étudiant en 1876 le chanvre indien, attribua à la présence de la nicotine qu'il avait pu en retirer l'action médicamenteuse ou toxique que cette substance pouvait exercer. Or, très fréquemment, le chanvre indien est mélangé au tabac lorsqu'il est destiné à être fumé; mais, je ne sais pas vraiment à quel mélange bizarre il faut attribuer la présence de la muscarine, que Valenta et Vignolo prétendent avoir retirée également du chanvre indien. Je