‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 482 sur 486 · PROPRIÉTÉS MÉDICAMENTEUSES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS MÉDICAMENTEUSES

s'assurer qu*il était encore capable de marcher. Cette sensation était analogue à celle qu'éprouvent les malades en cours de paralysie générale, lorsqu'ils perdent leurs jambes dans le lit. Ces phénomènes se dissipèrent peu à peu, après un profond sommeil. Des troubles moins accentués persistèrent pendant plus d'une semaine.

En définitive. Messieurs, le chanvre indien, comme vous le voyez, est une substance intéressant au moins autant l'hygiène que la thérapeutique; on le considère néanmoins comme un anesthésique efficace dans les cas de douleurs associées surtout à des phénomènes spasmodiques. Chez les individus affectés de céphalalgie d'origine fonctionnelle ou organique, on se serait très bien trouvé de l'emploi du chanvre indien, de même que dans les troubles digestifs fonctionnels que je signalais tout à l'heure. On aurait également retiré de bons effets de l'usage du chanvre indien dans certaines dermatoses : il agirait alors comme modificateur des sensations cutanées, soit en produisant l'analgésie, soit en déterminant ce prurit agréable qui accompagne souvent le bien-être que son emploi procure et qui n'est pas l'un des moindres attraits de son action exhilarante. Quoi qu'il en soit, je répète que c'est surtout à titre d'hygiénistes que cette substance semble devoir nous intéresser plus particulièrement, peutêtre parce que son action médicamenteuse est encore très insuffisamment étudiée.

En terminant cette étude des modificateurs intellectuels,* j'attire encore une fois votre attention sur l'intérêt que présente, aussi bien au point de vue physiologique et même psychique, qu'au point de vue thérapeutique, la substitution les uns aux autres de ces divers agents que nous avons étudiés sous les dénominations d'hypno-anesthésiquesy d'hypnotiques et de modificateurs intellectuels pour déterminer, sur les cellules nerveuses, et principalement sur les cellules cérébrales, des modifications contraires à celles imprimées par l'influence primitive exercée par Tune ou l'autre de ces substances médicamenteuses. On peut dire que, successivement ou simultanément, elles ont été toutes opposées les unes aux autres ; mais c'est surtout pour la cure de l'alcoolisme ou celle du morphinisme que l'on voit les divers

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