‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 481 sur 486 · ACCIDENTS D'INTOXICATION · texte numérisé non relu

ACCIDENTS D'INTOXICATION

presses froides sur la tête. Au bout d'une heure et demie, la malade tombe dans un état de sommeil profond. Le lendemain, au réveil, elle se plaint seulement de lassitude; mais, trois heures plus tard, reparaît un état d'agitation intense, bientôt suivie de dépression et de collapsus. La médication excitante eut raison de cet état au bout de deux heures. Mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que pendant deux mois, au moment du coucher, cette personne éprouvait un sentiment très prononcé d'angoisse accompagné de légères hallucinations.

Plusieurs observations, dues à Buchwald, Seifert, Graeffner, montrent des phénomènes plus ou moins étroitement identiques et tous relatifs h des sujets nerveux chez lesquels ils avaient apparu à la suite de l'emploi de la préparation appelée Baume de chanvre indien de DenzeL

On connaît aussi des faits d'intoxication passagère due à l'emploi de l'extrait ou delà teinture. Une femme âgée éprouva, à la suite de l'ingestion de 1 gramme d'extrait, un vertige intense avec angoisse profonde; elle fut prise de sueurs profuses; ses pupilles étaient dilatées et son pouls accusait 132 contractions. Une jeune femme, fort nerveuse, tomba dans un état syncopal, avec abaissement de température, pouls insensible, à la suite de l'ingestion de XX gouttes de teinture. Un homme robuste et sans lare nerveuse apparente éprouva des accidents graves après l'absorption, à doses réfractées, de o grammes de teinture. Les phénomènes débutèrent par de l'engourdissement, le sujet voyait comme à travers un nuage ; puis il éprouva bientôt une sensation de chaleur à la tête accompagnée de lipothymie : l'intelligence était absolument et intégralement conservée. La pupille était dilatée et insensible aux excitations lumineuses. Ensuite, apparurent des mouvements convulsifs dans les membres inférieurs : la faiblesse musculaire était considérable. La température montra un abaissement assez sensible; les mains étaient tantôt froides et tantôt baignées de sueur. Le sujet éprouva un engourdissement passager dans les membres. Les idées n'étaient pas du tout gaies et se manifestaient surtout par le sentiment d'une mort imminente. Les mouvements convulsifs, d'abord précédés d'engourdissement, étaient surtout intenses dans les membres inférieurs et s'accompagnèrent de l'abolition de sensibilité dans ces membres. Le sujet s'imaginait avoir perdu l'usage de ses jambes et se leva à plusieurs reprises pour

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