‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 53 sur 486 · ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'HYDRATE D*AMYLÈNE · texte numérisé non relu

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'HYDRATE D*AMYLÈNE

prêcher très intimement, au point de vue de leur action physiologique, du groupe alcools, retarde dans une très notable mesure le dédoublement des composés azotés, ce qui a fait donner à Talcool et aux substances qu'on accusait de ce retard, la dénomination, très impropre, d'aliments d'épargne. L'hydrate d'amylène semble ralentir la dénutrition, comme le font l'alcool, la paraldéhyde et les autres substances du même genre. En raison de ce ralentissement de la dénutrition, on a pensé à appliquer cette substance, soit seule, soit unie à la santonine, comme je le disais tout à l'heure, pour combattre les pyrexies qui s'accompagnent d'une dénutrition intense ; c'est en effet dans ces circonstances qu'on a tiré les meilleurs avantages, à ce point de vue, de l'emploi soit de Thydrate d'amylène seul, soit du mélange d'hydrate d'amylène et de santonine.

En définitive, ce qui caractérise l'action de l'hydrate d'amylène, ce sont des propriétés très voisines, comme vous le voyez, de celle^s que nous avons pu reconnaître à la paraldéhyde : afTaiblissement de l'excitabilité cérébrale et médullaire, diminution de la sensibilité et de l'excitabilité réflexe, d'où résulte bientôt un sommeil plus ou moins profond, plus ou moins prolongé. Si les doses sont par trop considérables, c'est-à-dire si l'on arrive aux doses toxiques, alors on observe la paralysie du cerveau, de la moelle, des nerfs, des muscles ; la disparition plus ou moins accentuée de l'excitabilité réflexe; la paralysie des centres vaso-moteurs du bulbe; et la mort se produit par arrêt primitif de la respiration, cette mort pouvant toutefois être produite par arrêt du cœur, lorsqu'on pratique chez les animaux la respiration artificielle, et à condition que la dose d'hydrate d'amylène administrée soit suffisante, c'est-à-dire, dans ce cas, considérable.

Celte substance ne s'élimine pas, comme nous l'avons vu pour la paraldéhyde, d'une façon prépondérante par l'appareil respiratoire; elle ne possède pas, par conséquent, l'inconvénient de communiquer à l'haleine cette odeur désagréable qui incommode les malades et gêne leur entourage. Chez les herbivores, on a pu constater la conjugaison de l'hydrate d'amylène avec l'acide glycuronique et son élimination par la voie des urines : la réduction de la liqueur de Fehling pourrait alors faire croire à la présence de glucose.

Un inconvénient de l'hydrate d'amylène résulte, comme pour la paraldéhyde, de l'accoutumance, qui est très rapide et s'établit à un point tel que, très rapidement, on est obligé d'élever les doses dans

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