MODE D'ADMINISTRATION ET DOSES
une mesure considérable. Ce sont là, d'ailleurs, des analogies de plus à faire ressortir, au point de vue de l'action médicamenteuse et de laction physiologique — je parle au point de vue de Thypnose seulement — entre la paraldéhyde, l'hydrate d'amylène et l'alcool éthylique.
Quelles sont les doses auxquelles l'hydrate d'amylène peut s'administrer? Tout d'abord, l'hydrate d'amylène doit être parfaitement pur, sans quoi il pourrait déterminer des maux de tètes, des congestions et des nausées. Les doses varient entre 2 et 3 grammes pour une seule prise, et 8 à 10 grammes, au maximum, dans une période de douze heures pour déterminer le sommeil de la nuit. Comme je le disais tout à l'heure, en raison de la difficile solubilité de l'hydrate d'amylène dans l'eau, il est nécessaire d'employer un volume de liquide assez considérable et d'utiliser, de préférence une potion gommeuse, afin de diviser, de mettre en quelque sorte en émulsion la substance médicamenteuse qui ne serait pas complètement dissoute. Voici une formule d'emploi de cette substance :
Hydrate d'amylène 10 grammes.
Extrait de réglisse 20 —
Potion gommeuse 160 —
Cette potion correspond à un gramme de substance médicamenteuse par cuillerée à soupe. J'insiste sur ce point, sur lequel j'ai déjà appelé votre attention, que la saveur de l'hydrate d'amylène est très désagréable, et que l'extrait de réglisse se montre, dans ce cas, le correctif le plus avantageux.
On associe également l'hydrate d'amylène soit au bromure de potassium, mieux encore au chlorhydrate de morphine; on ajouterait, par exemple, à la formule que je viens de vous indiquer, 10 grammes de bromure de potassium, ou S centigrammes de chlorhydrate de morphine. Pas plus que la paraldéhyde, l'hydrate d'amylène n'est analgésique, au moins aux doses thérapeutiques, c'est-à-dire susceptible de déterminer le calme et le sommeil chez les individus dont l'insomnie est provoquée surtout par la douleur. Dans ce cas, l'association avec le chlorhydrate de morphine donne d'excellents résultats. J'insiste sur l'action analgésiante de ce mélange d'hydrate d'amylène et de chlorhydrate de morphine.
De même que pour la paraldéhyde, on observe certaines susceptibilités relativement à l'administration de l'hydrate d'amylène par la
GROUPE DES ACETALS 99
voie buccale : certains malades ne peuvent pas supporter les potions à rb\ dnite d'amylène ; la forme de lavement convient alors parfaitement et voici une formule répondant à ce cas particulier :
^Hydrate d'amjlèDe de 4 à 6 grammes.
< Mucilage de gomm« arabique 20 —
(Eau bouillie 400 —
Le mucilage de gomme arabique est, dans ce cas, de beaucoup préférable au jaune d'oeuf pour effectuer une émulsion persistante.
Maintenant, Messieurs, un procédé beaucoup plus simple encore d'administrer l'hydrate d'amylène, et qui donne d'excellents résultats, consiste à dissoudre 1 gramme 50, 2 grammes, 3 grammes, suivant les besoins, dans du vin rouge : cela constitue alors le meilleur hypnotique qu'on puisse donner à certains sujets, des alcooliques, par exemple, chez lesquels ni le chloral, ni la paraldéhyde, aucun des h^-pnotiques, aucun des médicaments dont nous avons fait l'étude jusqu'à présent ne peut arriver à déterminer le sommeil. Grâce à ralcool contenu dans le vin rouge, on peut voir la dissolution de l'hydrate d'amylène se réaliser d'une façon parfaite, et l'absorption se fait avec une égale facilité.
Un point important à retenir, c'est qu'il ne faut jamais pratiquer d'injections hypodermiques d'hydrate d'amylène, quelque soit son d^é de dilution. Est-ce à sa qualité d'alcool tertiaire, est-ce à une autre raison qu'il faut attribuer les accidents locaux extrêmement graves qui ont toujours suivi les injections sous-cutanées de cet hypnotique? On ne saurait actuellement le dire; mais le fait est incontestable. Soit chez l'homme, soit chez les animaux, toutes les fois qu'on a voulu réaliser ces injections, on a toujours provoqué des phénomènes locaux d'une extrême gravité.
Groupe des acétals. — Quelques mots, maintenant, Messieurs, sur une substance faisant encore partie du groupe dont nous avons parlé jusqu'à présent, et nous terminerons l'étude des hypnotiques par celle de deux substances s'éloignant un peu de ce groupe, mais dont l'une possède, au point de vue de son emploi comme substance médicamenteuse, un intérêt plus considérable.
Nous allons retrouver dans la famille des acétals cette structure moléculaire sur laquelle j'ai déjà appelé votre attention en cherchant à vous montrer l'influence de cette structure sur la qualité hypnotique. L'acétal, est le chef de file de toute une série de combi-
100 ACËTAL ET MÉTKVLAL
Daisoas, comme l'alcool est le chef de file de tout le groupe de cornas désignés par le nom générique d'alcools. La formule de Vacétal it être représentée par le schéma que je trace ici :
CHK /OC»H' H/ XOG'H'
!)ana cette formule, nous retrouvons l'atome de carbone central lequel j'avais déjà appelé votre attention, et auquel je crois qu'il t attribuer la propriété hypnotiquede tous les composés dont nous >n8 parlé jusqu'à présent.
1 faut que je vous mette en garde contre l'emploi, d'une part, el tout contre l'appellation de ces substances à cause de la confusion ;a été faite entre plusieurs des corps en question : le corps dont je ns de tracer ici la formule s'appelle acétal; c'est le diéthylacétal diéthylate d'éthylidène, celui que l'on désigne lorsqu'on se sert iplemenl de la dénomination d'acétal. Si, dans cette formule, nous ions à remplacer le radical CH^ par un atome d'hydrogène, et les IX radicaux OC'H' par OCH', nous aurons le composé que l'on a «lé le mélhijtal, c'est-à-dire le diméthylate de méthylène, liais ce nom de méthylal a été donné à deux produits différents, ■ on a appelé également de ce nom le diviéthylaeétal, c'est-à-dire liméthylate d'éthylidène, qui résulte de la substitution de deux fois !H' aux deux radicaux OC'H* de l'acétal. Les formules suivantes
|Di«thylac<Ul. Diéthylue d'éttaylidèDO.]
OCH> \OCH'
Dimélbylacétal.
[Dini.^chyl>U, d'Athjlidène.]
M6lhyUc«ta].
lEthylmélhyUte d'^thyUdta».]
■meltent de se rendre compte de ces ditrérences. Vous pouvez voir il n'y a pas une grande dîEférence de constitution entre ces npo^és; et certains auteurs ont confondu les résultats de t'obserion, de l'expérimentation, soit chez les animaux, soit chez imme, en ce qui concerne le diméthylacétal et le méthylal, qui ont .^Bignés tous deux par le vocable unique de méthylal. Etant une ce que j'ai dit des différentes substances que nous avons eues à
MÉTHYLAL ET DIMETHYLACÉTAL 101
étudier, il doit évidemment exister, au poînt'de vue de raction physiologique, tout au moins de Factivité, une diEférence entre le méthylal et le diméthylacétal : je n y insiste pas, parce que ces deux composés ne constituent pas des médicaments importants ; je me bornerai à dire que les acétals, en général, c'est-à-dire les composés faisant partie de cette catégorie chimique, possèdent des propriétés physiologiques plus ou moins accentuées, propriétés que, pour ma part, je crois devoir attribuer surtout à la formule de structure de ces composés.
De tous ces composés, c'est le méthylal, ou plutôt les deux corps qui ont été alternativement désignés par l'appellation de méthylal, mais surtout le méthylal vrai, qui a été essayé. Son action hypnotique est assez fidèle, assez énergique ; mais, en somme, l'emploi de cette substance n'a pas donné de résultats tels qu'ils justifient une étud^ détaillée et approfondie. Je dirai même. Messieurs, que je crois qu'il faut renoncer, au moins pour le moment, à son emploi. Peut-être plus tard, si cette question venait à être reprise, et que l'on se mit à étudier très attentivement les différences qu'on peut observer entre Vactiondu méthylal, d'une part, celle du diméthylacétal, d'autre part, peut-être trouvera-t-on quelques indications particulières auxquelles Tune de ces deux substances pourrait obéir; mais, dans tous les cas, il ne semble pas qu'il y ait, actuellement, un avantage bien considérable à utiliser l'une ou l'autre de ces deux substances médicamenteuses.
On a dit, — vous savez que c'est une chose qu'on dit toujours au début de l'emploi d'une substance médicamenteuse, — on a dit que ces deux médicaments étaient très avantageux, qu'ils ne produisaient aucune action nocive sur la respiration ni sur le cœur, qu'on n'observait aucun trouble digestif, etc., bref qu'ils avaient toutes les qualités imaginables. Puis, lorsqu'on a étudié de plus près leurs avantages et leurs inconvénients, on s'est aperçu qu'ils avaient des avantages, peut-être; mais qu'ils avaient certainement des inconvénients, dont le principal serait, par exemple, le peu de durée des effets hypnotiques, puis l'accoutumance, que nous avons, d'ailleurs, observée avec les diverses substances médicamenteuses dont nous avons parlé jusqu'à présent.
Le méthylal, C'H'O* [dîméthylate de méthylène] s'obtient en distillant un mélange d'alcool méthylique, d'acide sulfurique et de
lOa CARACTÈRES DES ACÊTALS
peroxyde de manganèse. Le liquide coodensé est constitué par un
mélange de méthylal et de formiate de méthyle ; on l'agite avec de la
potasse qui détruit le formiate de méthyle sans attaquer le méthylal.
La distillation d'un mélange d'alcool éthylique, d'acide sulfurique
et de peroxyde de manganèse donne, par déshydratation au moyen du
e de calcium fondu de la portion du produit condensé bouîl-
itre 60° et 90*, une huile légère renfermant encore un peu
yde et d'éther acétique dont la débarrasse un chauffage à tOO°
ence de potasse caustique t le dernier liquide, convenablement
, est Vacétal, C'H"0* [Diéthylate d'éthylidène] . L'acétal se
, en petite quantité, au cours de l'oxydation d'un grand
! des composés oi^aniques. notamment des matières albumi-
II existe dans le vin et les eaux-de-vie, où il provient de
tion de l'alcool. Sa synthèse au moyen de l'aldéhyde et de
, chauffés en tubes scellés, permet également d'interpréter ce
e formation.
istillation d'un mélange d'alcools éthylique et méthylique avec de sulfurique et du peroxyde de manganèse fournit, dans des DUS analogues à celles que je viens d'indiquer, le diméthyl- QijjioQ» [Diméthylate d'éthylidène], que l'on prépare aussi par ge en tubes scellés de 4 volumes d'aldéhyde avec 8 volumes l méthylique, en présence de un volume d'acide acétique. es deux cas, il se forme en même temps du méthylacétal, ' [Éthylméthylate d'éthylidène], que l'on sépare au moyen de llation fractionnée.
Stal constitue un liquide incolore, mobile, d'odeur éthérée, aveur particulière, fraîche, avec un arrière goût de noisette : sa est 0,835 ; il bout à 104°; il est soluble dans 18 parties d'eau, iuble dans l'alcool et Téther.
néthylacétal est un liquide incolore, très mobile, d'une odeur ue à celle de l'acétal; sa densité est de 0,855; il bout à 85°; il lubie dans 15 parties d'eau, très soluble dans l'alcool et
jiméthylacétal est un liquide incolore, mobile, d'une odeur ! rappelant celle des composés méthyliques; sa densité est de il bout à 64''5; il est soluble dans 10 parties d'eau, très soluble ïther et l'alcool, léthylal est un liquide incolore, mobile, d'une odeur acéUque;