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ACTION PHYSIOLOGIQUE

On lui a reproché de manifester, surtout quand on Tadministrait sous forme d'injection hypodermique, *une action irritante plus ou moins comparable à celle du chloral; mais je dois vous dire qu'à ce sujet les expérimentateurs ne sont pas d'accord : les uns disent que cette substance est franchement irritante, les autres qu'elle ne l'est pas du tout. Il est très probable qu'il faut chercher la vérité dans une opinion mixte, qui consiste à dire que cette substance est assez irritante, sans l'être au même point que le chloral, et il faut, en conséquence, proscrire son emploi sous forme d'injection sous-cutanée.

La toxicité de Turéthane présente une particularité très intéressante ; cette toxicité est faible pour les fortes doses employées en une seule fois, et elle est au contraire beaucoup plus intense pour les doses répétées et employées d'une façon prolongée : c'est là un fait à retenir, car il est assez paradoxal relativement aux phénomènes que Ton observe habituellement.

Sous l'influence de doses modérées d'uréthane, on observe d'abord une période d'excitation, caractérisée par l'accélération des contraction cardiaques, par une augmentation de la vitesse du sang, une augmention de la pression sanguine, et une augmentation du nombre des mouvements respiratoires. Puis, à cette période d'excitation fait bientôt place une période de dépression des mêmes phénomènes, et alors s'établit le sommeil, qu'accompagnent une résolution musculaire et une analgésie plus ou moins prononcées ; on observe en même temps un abaissement de température. Mais les phénomènes fâcheux ne se produisent qu'à dose assez élevée, les accidents sont assez rares ; et il faut, pour les déterminer, des doses exagérées de la substance médicamenteuse. Un fait auquel il faut songer, relativement à l'administration de l'uréthane, est celui-ci : c'est que, sous Tinfluence de l'emploi prolongé de cette substance médicamenteuse, on observe une dépression très sensible et durable du système nerveux.

Les sécrétions sont en général augmentées ; il en est ainsi pour les urines, la salive, les larmes, quelquefois même on voit survenir de la diarrhée chez les individus qui présentent une susceptibilité particuUère à l'emploi de cette substance médicamenteuse. On observe aussi un ralentissement des phénomènes de dénutrition, un ralentissement de la destruction des albuminoïdes dans l'économie. On a noté également que l'uréthane offrait, dans une certaine mesure.

108 MODES d'administration DE L'URÉTHANE

moindre que celte que j'ai eue & signaler pour d'autres substances de

ce groupe, notamment pour la paraldéhyde et le chloral, une action

antagonistique vis-à-vis de la strychnine.

Les accidents que cette substance médicamenteuse peut déterminer

ne sont pas, en général, fort graves; ils consistent principalement en sfion encéphalique; quelquefois une diurèse très abondante, ant gênante par son abondance même et constituant alors un nt; un ralentissement et une dépression du pouls; chez certains dus, une excitation plus ou moins intense; une respiration sterle; un sommeil comateux qui dure un temps plus ou moins lérable suivant les doses administrées. Ce sont là des accidents, nme, assez bénins et auxquels, dans certaines circonstances, on iserait très volontiers pour avoir le bénéfice d'un sommeil lille et profond, plus ou moins prolongé. Cependant, comme isais tout à l'heure, alors que les uns veulent faire de l'urétbane lotique de choix dans une foule de circonstances, d'autres l'enint comme un hypnotique infidèle. Ce qui paraît surtout resdes observations publiées jusqu'à présent, c'est que l'uréthane itérait surtout des inconvénients, des dangers même, si vous i, par le fait de ta prolongation de son emploi, doses auxquelles l'uréthane doit être employé sont 2 à 4 gramlour les adultes; et, ce qui semble bien prouver que les acciles incidents plutôt, ne présentent pas de dangers bien con- Mes, c'est qu'on a recommandé l'usage de cette substance chez fants, à la dose de 20 centigrammes. Voici quelques formules :

( UrélhaDe 20 grammes.

( Eau dislillée 100 —

. k quatre cuillerées k c&té le soir, daos uoe t&sse d'inrusion de feuilles ;er,

iUrélhane . 3 à 4 grammes.

Sirop de fleurs d'oranger 20 —

Eau distillée de tilleul 40 —

ne seule Tois le soir avaut le sommeil.

iUrélfaaae 0 gramme 20

Sirop simple j Eau de fleurs d'oranger ! âà 20 — Eau distillée de tilleul )

potion s'administre aux très jeunes enfants. Une cuillerée à dessert toutes IX heures pour calmer l'excitation en cas de maladie fébrile.

vous disais. Messieurs, à propos de cette substance médicamen-

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teuse, que Turéthane, ou plutôt les éthers carbamiques étaient sur le point de reprendre un nouvel essor. En effet, ce mot uréthane est un terme générique qui désigne tous les éthers de la série. Lorsqu'on dit simplement uréthane, cela signifie Téther éthylique de Tacide carbamique. Mais vous concevez qu'on puisse faire des éthers d'autres radicaux alcooliques, et en effet, dans ces derniers temps, on vient de substituer au radical de l'alcool éthylique, dans la formule du carbamate d'éthvle, des radicaux d'alcools secondaires et d'alcools terliaires, c'est-à-dire qu'on a préparé des uréthanes, des carbamates, d'alcools secondaires et d'alcools tertiaires.

Reprenant en cela la théorie de von Méring dont je vous ai déjà parlé, on a remarqué, que la substitution d'un radical d'alcool secondaire et, plus encore, celle d'un radical d'alcool tertiaire, augmentait les propriétés hypnotiques des uréthanes ainsi obtenus; de sorte qu'on a fait quelque bruit, en Allemagne, autour d'un de ces uréthanes, le Méthyle-prapyle-carbinol-uréthane ou Hédonal : c'est l'éther formé par lacide carbamique combiné à un alcool tertiaire, le méthyle-propylecarbinol, se rapprochant de l'hydrate d'amylène dont je vous ai parlé tout à l'heure. Il est très possible que cet uréthane donne des résultats supérieurs à ceux de l'uréthane ordinaire, je ne saurais vous en parler loDguement, puisque cette substance médicamenteuse est, en ce moment encore, en cours d'expérimentation; mais je crois qu'il y a dans l'étude, tant du carbamate d'éthyle que des autres combinaisons analogues, des sujets de recherches fort intéressants.

L'action hypnotique de l'hédonal serait deux fois plus énergique que celle de l'hydrate de chloral : il déterminerait un sommeil rapide, suivant de un quart d'heure à une demi-heure l'ingestion du médicament. La durée moyenne du sommeil serait de 5 à 7 heures après l'absorption de 2 grammes, équivalant à 1 gramme de trional. La dose suffisant le plus généralement pour amener le sommeil serait de 1 gramme. On obtiendrait de fort bons effets de son association avec le trional. Une action hypnotique efficace se produirait avec des doses trois fois moins fortes que celles nécessaires avec l'uréthane.

Ce médicament ne posséderait aucune action particulière sur les appareils de la circulation et de la respiration. La température s'abaisserait un peu pendant la durée du sommeil; et Ton observerait un l^er accroissement de la diurèse, d'une façon constante chez les animaux, mais inconstante chez l'homme. Sous son influence, il se

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