ACTION PHYSIOLOGIQUE DES AGÉTALS
sadeDsité est de 0,885; il bout à 42''; il est soluble dans 33 parties d'eau, très soluble dans Talcool et Téther.
Le méthylal, que je choisirai pour type de Faction physiologique exercée par ces composés, se comporte comme une substance hypnoanesthésique lorsqu'on fait absorber ses vapeurs aux animaux. Il est seulement hypnagogue lorsqu'on l'administre par ingestion ou par injection hypodermique, sauf chez les animaux à sang froid, chez lesquels rinjection hypodermique peut produire Faction anesthésiante. Les animaux sont d'autant plus sensibles qu'ils occupent une place plus élevée dans la hiérarchie zoologique. On peut arriver à provoquer chez eux un sommeil profond, accompagné de la diminution, ou même de l'abolition des réflexes. Ce sommeil est de courte durée, en raison de la facilité et de la rapidité avec lesquelles le méthylal séHmine. Pendant sa durée, le nombre des contractions cardiaques est légèrement augmenté, la tension artérielle un peu abaissée; le nombre des mouvements respiratoires diminue sensiblement et la température tend à s'abaisser. Avec ces phénomènes, coexistent de la salivation, de la torpeur, de la dilatation pupillaîre, un état d'apathie etdeparésie musculaire, un abaissement marqué de la température, lorsque les doses sont un peu élevées.
Lorsqu'il s'agit de doses toxiques, on observe deux phases bien distinctes dans l'intoxication. La première est caractérisée par de la dépression, de la paralysie, de l'hyperexcitabilité réflexe : l'animal est affaissé et somnolent, le train postérieur est le siège d'une paralysie qui va se généralisant progressivement; tandis que la sensibilité générale et sensorielle sont déprimées, on remarque de l'hyperexcitabilité musculaire accompagnée de secousses convulsives ; les pupilles sont dilatées, la température au-dessous de la normale, le pouls légèrement augmenté de fréquence; là respiration devient fréquente, entrecoupée, difficile, et s'eflectue en plusieurs temps. La seconde phase est caractérisée par un sommeil comateux : après deux à trois heures, les accidents de la première phase s'amendent; la paralysie diminue, puis disparait, et l'animal tombe dans un état de sommeil comateux qui se prolonge plus ou moins longtemps. Au réveil, on voit persister un état d'abrutissement; on observe de la polyurie, de l'anorexie; l'animal maigrit et il lui faut plusieurs jours pour recouvrer complètement son état normal.
Lorsque la mort a terminé l'intoxication, on note, comme lésions
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constantes, de la congestion généralisée de l'encéphale et du bulbe; deshémorrhagiespunctiformes du parenchyme pulmonaire etdumyocanle; la congestion de la substance corticale des reins; de la congestion du foie, disséminée par ilôts.
" is phénomènes sont les mêmes, ([ucUe que soit la voie d'introon ; ils diffèrent seulement par leur intensité et la rapidité de évolution. Le méthylal se montre donc, chez les animaux tout noÏDS, comme un hypnotique faiblement toxique et a'élimin.int lement.
1 résumé, il résulte, des obse^^'ation5 de Personal), Mairet et bemale, Motrochine, Kraft-Ebing, pour ne citer que les princi- 1, que le méthylal se comporte comme un dépresseur de l'excita- ! de l'encéphale; à forte dose, il déprime aussi l'activité réflexe exalte au contraire à dose moindre; il augmente le nombre des 'actions cardiaques et abaisse, après l'avoir élevée passagèrement, nsion artérielle, en raison de l'action qu'il exerce sur les centres >méduUaires; il ralentit ta respiration qui devient profonde, ■■ sierforeuse aux doses élevées, et abaisse la température dans nêmes conditions de doses : l'énei^ie du myocarde diminue alors, ces preuves d'une action élective sur l'encéphale et les centres Q-médullaires, it faut ajouter une action antagonistique marquée -vis de la strychnine, dont le méthylal peut suspendre ou empèles effets. Comme avec les hypno-anesthésiques volatils, éther, roforme, par exemple, les accidents tétaniques reparaissent [ue vient à cesser l'action du méthylal, c'est-à-dire lorsqu'il est iné, ce qui s'effectue rapidement par la voie pulmonaire, i dose hypnotique varie de 1 à 4 grammes en potion. Kraft-Ebing commandé les doses de 5 à 8 grammes comme sédatives et hypno- !s chez les aliénés : des doses de 3 à 4 grammes sont souvent suf- .tes. Il ne se manifeste pas de troubles de l'appareil digestif, coutumance est rapide; mais un repos de quelques jours suffît à re aux cellules nerveuses leur sensibilité primitive : ses elTets t qu'une durée éphémère. Personali a donné le méthylal comme lon moyen de lutter contre l'intoxication morphinique. 1 somme, l'action exagérée, c'est-à-dire subtoxique de tous ces ils arrive à abaisser la tension sanguine et à se porter sur le re respiratoire, déterminant alors des accidents tels que ceux jtables, dans les mêmes conditions, soit à la paraldéhyde, soit i
HYPNONE 105
rhydrate d'amylène. Ce sont des corps qui sont extrêmement voisins les uns des autres; et Tont peut, d'une façon très rationnelle, admettre que tout ce groupe des acétals possède des propriétés physiologiques extrêmement voisines, sinon même identiques.
Comme nous venons de le voir, pas plus les tentatives d'applicatioD à la thérapeutique que les essais d'expérimentation physiologique n'incitent à conserver les acétals parmi les médicaments courants : il ne présentent pas des avantages tels que leur emploi s'impose; et si j'ai insisté sur eux, c'est pour vous persuader de ce que je viens de dire et aussi en raison de l'intérêt théorique offert par leur étude. Je crois qu'il n'y a aucun inconvénient à rejeter ces médicaments de la thérapeutique habituelle. Eh bien, Messieurs, cet ostracisme dont je parle en ce moment, je crois qu'il faut l'étendre à une substance sur laquelle, à un moment donné, on avait fondé de très grandes espérances et dont je vais vous dire à présent quelques mots.
H3rpnone. — Uhypnone ou acélophénone, est une acétone mixte, c'est le méthyle-phényle-carbonyle. On avait espéré produire par la substitution du radical phényle à un atome d'hydrogène une augmentation des propriétés hypnotiques de la substance médicamenteuse; en cela, comme vous allez le voir, on s'est absolument trompé.
L'acétophénone, comme toutes les substances que nous avons étudiées, est un liquide; c'est une substance très remarquable au point de vue chimique. Ce liquide, absolument incolore lorsqu'il vient d'être préparé, se colore peu à peu au bout d'un certain temps, comme vous le voyez sur cet échantillon. C'est un liquide volatil, mobile, très réfringent comme tous ceux de la série benzénique; son odeur, très particulière, rappelle celle des amandes amères et de la fleur d'oranger, et, actuellement, cette substance sert plus en parfumerie qu'elle ne servira en thérapeutique; on l'utilise en parfumerie pour faire le bouquet de foin coupé. Ce liquide est insoluble dans l'eau et dans la glycérine, soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, les huiles.
Une particularité importante, est que cette substance possède une action irritante locale très vive qu'on a cherché à atténuer par divers moyens; mais il n'y a aucun intérêt à vous en entretenir, puisque ma conviction est qu'il faut absolument s'abstenir de l'emploi de cette substance à titre hypnotique. Outre cette action irritante, elle possède encore une action énergique et très fâcheuse sur le système
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nerveux intrinsèque du cœur. Lorsqu'on l'administre aux animaux, on observe une diminution très notable de la tension sanguine et la parésie du myocarde, et cela, même lorsqu'on a pratiqué au préalable la section du bulbe : c'est dire que ces actions se montrent indépendantes des modifications subies par l'appareil respiratoire.
Sous l'influence de l'hypnone, le sang noircit comme sous l'influence de l'asphyxie ; on constate une augmentation de l'acide carbonique et une diminution de l'oxygène, alors que, fait intéressant parce qu'il semble contradictoire, la capacité respiratoire du sang ne change pas : en même temps on remarque une augmentation notable du glucose existant dans le sang.
Un fait qui, à lui seul, suffirait pour démontrer que cette substance ne peut être indifiéremment employée comme hypnotique, c'est que, sous l'influence de l'hypnone, on observe une hyperthermie plus ou moins accentuée suivant les doses : toutes les substances médicamenteuses déterminant le sommeil produisent, au contraire, un abaissement assez considérable, quelquefois même trop considérable de la température. En résumé, c'est un très mauvais hypnotique, inconstant, infidèle, et qui doit être, à mon avis, complètement rejeté de la thérapeutique.
Il en est autrement. Messieurs, d'une dernière substance dont il me reste à vous parler, d'une substance qui a été assez employée, très louée par les uns, critiquée par les autres, mais qui parait, dans ce moment-ci, avoir un regain d'actualité et d'usage : je veux parler de Turéthane.
Uréthane. — h'uréthane est le carbamate d'éthyle. C'est une substance qu'on peut préparer artificiellement en faisant réagir de l'ammoniaque sur le chlorocarbonate d'éthyle, ou bien en faisant réagir du chlorure de cyanogène sur l'alcool et l'eau; ou en traitant l'éther carbonique par de Tammoniaque. Elle constitue une substance solide; cristallisant sous forme de petites lamelles blanches, d'aspect brillant. Son odeur, assez faible, rappelle dans une certaine mesure celle de la paraffine; sa saveur, fraîche, rappelle celle du nitrate de potasse. Cette substance est très soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther; par conséquent, elle présente sur les autres substances médicamenteuses dont j'ai parlé jusqu'ici un certain avantage au point de vue de son application thérapeutique. L' uréthane fond au dessous de 100° et bout vers 180\