PHENOMENES PRIMITIFS PSYCHIQUES
ques et hypnotiques, consistait dans une excitation plus ou moins intense et durable, bientôt suivie d'une dépression d'autant plus accentuée que l'excitation avait été elle-même plus violente, les modificateurs intellectuels sont des substances qui vont déterminer une excitation de l'appareil nerveux, excitation à début et prédominance cérébrale, dont la période sera beaucoup plus prolongée, et plus élastique, si je puis ainsi dire, que la période correspondante des substances que nous avons eu occasion d'étudier jusqu'à présent, pour amener toujours, de façon consécutive, surtout lorsque les doses auront été un peu élevées et quelles que soient les circonstances dans lesquelles ces mêmes médicaments aient été employés, une hypnose plus ou moins intense, parfois même une hypnose comateuse, telle que celle que nous avons pu voir réalisée par la plupart des produits hypnotiques que nous avons étudiés en dernier lieu.
Les modifications exercées primitivement par les substances dont nous allons commencer l'étude portent donc sur les phénomènes de conscience et sur les phénomènes de perception sensorielle; mais, je le répète, et j'y insiste à dessein, ces modifications sont à beaucoup plus longue portée, d'un intérêt beaucoup plus considérable, d'un effet beaucoup plus frappant, en un mot, que ne le sont les modifications de même genre que nous avons pu voir déterminées par les médicaments étudiés précédemment. Ces substances sont des médicaments extrêmement énergiques, amenant tous une accoutumance malheureusement facile et très rapide, et cette accoutumance entraîne, comme conséquence toute naturelle, l'obligation d'augmenter rapidement les doses, et conduit presque fatalement, si l'on ne résiste pas à cette augmentation continue des doses, 4 une intoxication chronique que nous aurons à étudier pour un certain nombre des chefs de file de ces substances médicamenteuses. Cette intoxication chronique se caractérise, dans tous les cas, par une déchéance profonde de l'organisme, déchéance dont nous aurons occasion de faire plus tard un parallèle, en ce qui regarde les désordres produits par l'alcoolisme chronique et par le morphinisme chronique.
Il semblerait en effet que, dans l'action physiologique exercée par certains principes médicamenteux, la stimulation des fonctions cérébro-spinales qui est des plus intenses et des plus remarquables, — ce qui entraîne comme conséquence inévitable une action portant principalement sur l'intelligence, sur les phénomènes de sensibilité