‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 80 sur 486 · DESTRUCTION DANS L'ORGANISME · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DANS L'ORGANISME

combustion plus ou moins profonde. En 1852, Liebig reprit les observations de Bouchardat et Sandras , les confirma dans une certaine mesure et, développant les conditions et les conclusions de ces expériences, il fit de l'alcool le type des aliments respiratoires, c'est-à-dire de ce groupe de substances qui se comburent avec la plus grande facilité dans Toi^anisme et constitue ce qu'on a désigné, en raison de ce fait, par l'appellation d'aliments d'épargne. En 18S3, Duchek reprit également cette question; et, poussant plus loin l'interprétation qui avait été donnée par Bouchardat et Sandras, il admit que l'alcool subissait immédiatement la transformation en aldéhyde, dès son passage à travers les parois vasculaires, puis qu'une fois introduit à cet état dans le sang, il y subissait une série d'oxydations graduelles et successives, qui déterminaient sa transformation en acide oxalique, acide acétique, acide carbonique et eau. Cette opinion était adoptée presque sans critique, la théorie de Liebig régnait d'une manière absolue dans la science, lorsque, en 1860, Lallemand, Perrin et Duroy, dans un travail extrêmement important, très documenté, firent un retour à lopinion de Royer-Collard, et semblèrent démontrer par leurs expériences que l'élimination de l'alcool se faisait, plus ou moins totalement, en nature, et que cette substance ne subissait absolument aucune transformation dans l'organisme.

Cependant quelques années plus tard, en 1863, M. Edmond Baudot apporta de son côté un très grand nombre de preuves à l'appui de la théorie de Bouchardat et de Liebig, et ce fut lui qui le premier envisagea l'alcool comme un aliment d'épai^ne : c'est au moins lui qui, le premier, donna cette dénomination d'aliment d'épargne à l'alcool et à un certain nombre d'autres substances qui semblaient agir de la même manière sur l'oi^anisme, au point de vue de la* nutrition. De celte action d'épargne, il a voulu trouver la preuve dans l'inûuence directe exercée sur le globule sanguin et son protoplasma par l'alcool; il fit remarquer l'entrave apportée à la puissance osmotique du sang sous l'influence de l'alcool, et déduisit de cette observation que cet agent s'opposait aux combustions, ralentissait le mouvement de dénutrition, justifiant ainsi l'appellation d'aliment d'épargne, qui fut d'ailleurs admise par un grand nombre d'auteurs, tels que Bocker; Perrin, Léallemand et Duroy; Trousseau et Pidoux; Béhier; Hirtz; Sée; Binz; Beale; Ross; pour ne citer que les principaux.

Dès ce moment, deux théories se trouvaient en présence pour

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