‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 81 sur 486 · ÉLIMINATION DE L'ALCOOL EN NATURE · texte numérisé non relu

ÉLIMINATION DE L'ALCOOL EN NATURE

expliquer cette action de ralcool : Tune, la théorie chimique, soutenue par Liebig, Bouchardat, Baudot, qui consistait à admettre Faction primitive de l'alcool sur les hématies, action sur laquelle nous reviendrons dans un moment en étudiant en détail Faction de Falcool sur le sang; et Fautre, la théorie physiologique, dont Gubler fut par la suite le principal partisan, qui admettait Faction primitive de Falcool sur le système nerveux, son action sur la nutrition n'étant qu'une action secondaire, consécutive à Finfluence exercée sur le système nerveux.

Au premier abord, la question paraît assez facile à résoudre : s'il était démontré d'une façon absolument certaine que l'ingestion d'alcool, chez l'homme ou l'animal, détermine une augmentation dans la quantité de chaleur émise, par suite de l'exagération des combustions, l'on aurait ainsi une preuve indirecte de Foxydation de Falcool dans l'économie. Malheureusement, les observations faites à cette époque furent absolument contradictoires, et il ne peut en être autrement, parce que les effets constatés dépendent surtout des quantités d'alcool qui sont administrées aux animaux ou aux individus en expérience. Si, en effet, ces quantités sont faibles, on voit la théorie de la combustion de l'alcool dans Forganisme se justifier en quelque sorte, parce que sous Finfluence de l'introduction d'une petite quantité d'alcool dans l'économie, on peut observer une légère augmentation de la chaleur animale; on observe quelquefois aussi une augmentation de l'acide carbonique éliminé, et ces résultats confirment, par conséquent, cette première interprétation. Mais si l'on administre au contraire une quantité relativement forte d'alcool, on assiste à des phénomènes précisément opposés : la température baisse dans une proportion plus ou moins considérable, comme nous sommes habitués à la voir baisser sous l'influence des substances hypnotiques, et, d'autre part, la quantité d'acide carbonique éliminé diminue dans une très notable proportion : voilà donc l'hypothèse de la combustion de l'alcool qui semble cette fois absolument infirmée.

Mais poursuivons l'historique de celte question, il est intéressant à beaucoup d'égards, et vous allez voir que, comme il arrive pour le plus grand nombre des interprétations proposées pour expliquer l'action des principales substances médicamenteuses, celle qui nous occupe en ce moment a traversé toutes sortes de vicissitudes, avant

Page 1