‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 110 sur 130 · V. lodosulfate de cinchonine = Antiseptol · texte numérisé non relu

V. lodosulfate de cinchonine = Antiseptol

(Triiodure de caféine).

Ne craignez pas , Messieurs , que je m'arrêterai trop longtemps à tous ces succédanés, dont seulement quelques-uns sont capables de remplacer Tiodcforme , je ne dis pas , de le supplanter. La plupart du reste se sont jusqu'ici si peu introduits dans la pratique, qu'il ne peut être question d'épreuve subie , encore moins de sanction confirmée par l'expérience.

Le trichlorure et le tribromure d'iode sont des substances longtemps déjà connues en chimie. Le chloroiode = iodura trichloratum ICI, (trichlorure d'iode), représente des cristaux d'un jaune orange, dégageant une odeur perçante, solubles dans l'eau, facilement décomposables à la lumière. On comprend que là où l'iode et le chlore sont mis simultanément en liberté l'oxydation indirecte doit s'opérer d'une façon très intense. Il n'y a donc pas de doute possible sur le fait avancé par Langenbuch et Felser : que le trichlorure dHode est un désinfectant énergique. En solution à raison de 1 : 1500 ou 1 : 1000 il se prête à être utilisé comme antiseptique et comme astringent ou caustique , et Belfield a obtenu de bons résultats avec une solution de S^/^g dans le traitement de la tuberculose de l'appareil génital. Mais il ne convient nullement pour remplacer Viodoforme à cause de son effet fortement irritant, de son extrême solubilité dans l'eau et de la grande rapidité avec laquelle il cède l'iode et le chlore. On peut dire la même chose de Z'io^/o&rom^, que le Dr. F. N. Kramer préconisa autrefois (1885) comme un des meilleurs remèdes contre la diphtérie et qui, en effet, doit être regardé comme pouvant parfaitement faire office de désinfectant, de caustique et d'astringent. Toutefois ce corps n'a pas joui de plus de succès dans la pratique que le trichlorure d'iode. On ne sait pas au juste ce que c'est que Viodozone, le liquide préparé par M. Robin, en faisant agir l'iode et l'ozone l'un sur l'autre. De jaune, qu'il est d'abord, ce liquide devient absolument blanc; il

CHLORO-IODK , lUDOBRUME ETC., rHlODOt'OllME , SOZOIODOL. 397

ne contient donc pas d'iode à l'état libre, il ne le cède pas, et il eat très probable qu'il contient surtout de l'acide iodique (ou comme le veut M. Rob:n de l'acide iodozonique). Mais il est évident que cet iwlozone, dont je ne veux pas contester les propriétés antiseptiques (Robin l'a recommandé pour le pansement des plaies et l'antisepsie de la bouche), ne peut nullement remplat^er l'iodoforme.

Tout récemment Prunier a attiré l'attention des mêdecina sur l'iodiire de aoufrt (S I) , les autres s-mfres iodé» (S, I, S, I, S,, I) , et les iodurea de soufre iodés (SI, , SI,) , corps cristallisés , et se dissociant avec une facilité extrême. Au point de vue théorique il n'y a certes parmi les combinaisons iodées inorganiques pas de corps plus aptes à remplacer l'iodcforme que ces corps-là, mais l'expérience clinique fait encoro absolument défaut à leur égard.

.-1, Le DiioixjFORMK, C, I,, obtenu eti traitant l'acétylène période avec un excès d'iode, est beaucoup plus stable que l'iodoforme, auquel il ressemble dans presque toutes ses propriétés physiques , exceptées celtes de l'odeur, le diiodo forme étant absolument inodore, tant qu'on le conserve dans l'obscurité. Sa teneur en iode ne diffère guère de celle de l'iodoforme (95.5"/j), et comme celui-ci il est insoluble dans l'eau et très bien aoluble dans le chloroforme. Il peut donc très bien remplacer l'iodoforme, et Hallomeau, Bbodier et Regnai'ld ne disent que du bien de son application dans le traitement des ulcérations syphilitiques et dans le pansement des plaies en général, Cependant sa stabilité, c.-à-d. la difficulté avec laquelle il perd de l'iode, fait que, quoique étant évidemment beaucoup moins irritant que l'iodoforme, il ne peut entrer en lice avec lui, quand il a'afjit d'une oxydation indirecte énergique, d'une désinfection véritable. Une combinaison de pétrovaseline (200), de diiodoforme (lU), de eocaïue (2) et d'acide oléique (8) a été recommandée par Maïet comme un anesthésique et antiseptique excellents.

B. Passons sur l'ionopHÉNOL (un désinfectant employé en Amérique), dont la solution alcoolique semble donner des succès dans le traitement de la dipluéne (Strubino), et sur le niiODOPHÉNOL (une préparation réalisée par la fabriquée Bayer et C'" , qui libère de l'iode il haute température) et arrêtons-nous au sozoiodol, parce que ce dernier durant quelque temps a joui d'un certain succès, qui dure même encore aujourd'hui. Le sozoiodol est l'acide diiodoparaphénolsulfonique ') et a la constitution suivante:

') On a auHM introduit danE le commerce un pareil produit de tsubstitution iodt'e de l'acide orthophénol^iDlfoDiqae oa nseptol: Viodoatrpiot. Toat comme le loxoiodol

il constitue une combinaison très stable.

398 XXVI. DESINFECTANTS, DESODORISANTS.

^jj = C, H, I, (80, OH)— OH. Trommsdorp croyait

I primitivement qu'en traitant l'acide paraphénol-

C sulfonique par le chlorure d'iode, il se formait

// \p ^ une combinaison ne renfermant qu'un atome

I II d'iode , mais une étude ultérieure démontra que

fj Q C— H d^^x atomes H de l'acide sont remplacés pari.

\ / On n'emploie pas le sozoiodol comme tel, mais sous

I forme d'un sel très soluble, le sozoiodokUe de

SO H ^^"* ^« ^« ^« (^^2* ^ ^*^ ^^ ^* ®^^ forme d'un

' sel difficicilement soluble, le sozoiodolate dépotasse

Cj H, I, (SOj. OK) OH. Il va de soi qu'on peut aussi utiliser d'autres sels de sozoiodol , et c'est surtout le sozoiodolate de mercure , qui jouit d'une certaine renommée dans le traitement des ulcérations molles (Trapksnikow) . et dans celui de la diphtérie. Le sozoiodol renferme Viode bel et bien à l'état fixe. Le papier amidonné que j'ai suspendu dans ce flacon n'est pas du tout bleu , comme vous le constatez, quoiqu'il* ait séjourné durant plusieurs jours au-dessus de l'huile d'olives, à laquelle j'avais ajouté du sozoiodolate de soude, et que j'avais exposée librement à la lumière. Si l'on administre chez l'homme, à l'intérieur ou à l'extérieur, des sels de sozoiodol, on ne retrouve jamais, par les méthodes habituellement usitées, de l'iode dans l'urine (Langgaard). Pour y déceler l'iode, il faut incinérer l'urine. Le sozoiodol ne se décompose pas même en présence de la pepsine, du suc gastrique ou pancréatique, de la bile, du sang et de la substance musculaire (Bupfalini). L'iode reste donc au dedans de l'organisme soudé à l'acide paraphénolsulfonique , en d'autres termes la combinaison ne se décompose pas. Aussi Cohn, en saupoudrant la conjonctive de calomel et en administrant en même temps à l'intérieur du sozoiodol , ne constata pas le moindre phénomène d'irritation de la conjonctive (Comp. thérap. générale p. 106). Tout ceci s'accorde parfaitement avec l'expérimentation toxicologique , dont il résulte que le sozoiodol n'a jamais produit d'empoisonnement chez l'homme et que, chez le lapin, il se montre même inoffensif à dose de 1 gr. S'il est donc vrai , comme l'affirma d'abord Lassar et comme le confirmèrent Nitschmann, Teichmann, Druer e. a., que les préparations du sozoiodol rendent d'excellents services en dermatothérapie , en rhino-, en laryngothérapie, en gynécologie , etc. . . , il faut néanmoins conclure de tout ce qui précède que, vu leur manque de décomposition au sein de l'organisme animal , on ne peut leur attribuer la valeur d'un succédané de l'iodoforme '). Qu'on les vante donc tant que l'on veut pour leur manque

') Certaines préparations sozoiodoliques sembleraient, malgré qu'elles soient renfermées dans des flacons bien bouchés, céder de l'iode (Pascukis). Il s'agit alors de préparations impures.

sozoiodol; losophane; europii

d'odeur, leur non toxicité , leurs effets non irritants , leur pouvoir antiseptique, toutes ces propriétés iie suffisent pas à eu faire un déainfectant oxydant.

Nous ne nous arrêterons ni à la diiodorésorciiie (fabriquée également par la Hrme Bayer et représentant une poudre brun chocolat) ni à la diiodotliiorésorciiie — une poudre brune amorphe, sortant de la fabrique de Merck, dont l'essai clinique définitif n'est pas «ucore terminé.

Mais les dérivés iodés des erésols méritent que nous en disions quelques mots. Citons en premier lieu le a-ésol /moiW, recommandé par Saalpeld sous le nom de losophane, qui a totalement supplanté l'iodure d'orthocrésylol, recommandé par Petersen et Seifërt. Le losophane, dont la formule est C, H I,. CH3. OH, contient 80"/, d'iode, et est doué d'un pouvoir antiseptique assez grand, Saal- FBLD, Descottes, Waugh, Cantrell, qui s'en sont servis dans le traitement des ulcérations molles , du prurit et dmis la dermalolhérapie, en ont été assez contents. Cependant la question , qui nous occupe surtout ici, à savoir si cette poudre blanche (que l'on emploie en Bolution spiritueuse) dégage de l'iode au dedans de l'organisme, ou au contact des plaies, n'a été nullement résolue, et ne semble pas avoir attiré l'attention des auteurs.

■éaols est l'iodurt d'isohutylorthoci'ésol CH,

Le i

IflU EUEOPHÈNE , dont je [TOUS représente en pre- Ijnier Heu la formule.

nd dérivé iodé

I OJ

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