VINGT-SIXIÈME CONFÉRENCE
Désinfectants, désodorisants.
(Suite.)
2. Saccédanés de l'iodoforme. Revue des succédanés inorganiques et organiques. Chlorure d'iode, bromure d'iode, iodozone, iodures de sojiîre. Diiodoforme , iodophénol, diiodophénol. Sozoiodol (acide paraphénolsulfonique) et ses sels, leur non décomposition dans Torganisme. Diiodorésorcine , diiodothiorésorcine. Lobophane. Europhène (iodure d'isobutylorthocrésol) renfermant peu d'iode, difficilement décomposable. Todocarvacrol , acide thjmolsulfonique iodé. .<4mfoZ(diiodure de thymol) , cédant lentement de Tiode. /9-naphtol iodé. Acide diiodosalicylique. Salol diiodé. Nosophène, Aïrol. Thiophène diiodé. /odo^tétraiodopyrrol) ; resscm blances et différences avec Tiodoforme ; iodol comparable à de Tiodoforme mitigé. Lorétine. lodophénine, iodopyrine, iodosulfate de cinchonine (antiseptol) , iodocaféine. Aucun des succédanés comparable à Tiodeforme.
Brome; son utilité comme désinfectant. Eau bromée, emploi dans la diphtérie. Combinaisons organiques bromées non utilisables comme désinfectants: Bromol (tribromophénol), antisepsine (paramonobromoacétanilide).
3. Désinfectants et désodorisants empiriques. Leur pouvoir d'absorption de condensation et d'oxydation. Charbon de bois (charbon animal). Propriétés physiques et chimiques. Pouvoir d'oxydation. Emploi thérapeutique en usage interne et externe. Tourbe comme article de pansement. Sulfate de fer brut comme désinfectant des matières fécales. Chloroalumine (chloralum des anglais).
Messieurs. Dans le monde des médicaments comme dans celui des hommes la gloire fait des envieux. Si quelque remède a fait preuve de supériorité, comme c'estle cas pour Tiodofonne, il surgit aussitôt une légion de médicaments, dont on n'a pas reclamé la présence , qui se disent aussi des remèdes supérieurs et qui se font fort de produire les mêmes résultats que ceux produits parPiodoforme. En d'autres termes, il surgit une foule d'expérimentateurs qui non seulement sont à la recherche de succédanés de l'iodoforme, mais qui veulent réaliser un remède capable de le surpasser. Ils désirent réaliser un remède dépourvu de toutes les propriétés désavantageuses inhérentes à Tiodoforme, Todeur pénétrante et la toxicité, mais possédant toutes ses qualités avantageuses à un degré égal, sinon de loin supérieur. Dans la recherche de la substance désirée , la meilleure voie à suivre sera évidemment celle de partir d'un
SUCCEDANES d'iodoforme. 395
antiseptique organique, dont on connaît Faction bactéricide et antifermentative , qui d'autre part est peu toxique, et d'y introduire de l'iode dans une combinaison chimique telle que sa molécule cède , au milieu des tissus organiques , l'iode avec la même facilité que l'iodoforme.
Laissez-moi d'abord classifier ces succédanés de l'iodoforme, qui tous appartiennent à la série des désinfectants agissant par oxydation indirecte. Il est évident que je n'y range pas ceux qui, comme le dermatol (gallate de bismuth) et le sulfaminol , ne renferment pas d'iode. Si toutes les poudres jaunes devaient compter à titre de succédanés de l'iodoforme, on n'en finirait point. Mais les vrais succédanés sont évidemment ceux qui cèdent de l'iode avec plus ou moins de facilité, qui donc comme l'iodoforme peuvent déterminer une oxydation indirecte, et qui de plus, de même encore que Tiodoforme, s'emploient aisément sous la forme pulvérulente.
Je citerai donc en premier lieu les succédanés d'origine inorganique, comme I le trichlorure rf'torfe, IL le tribromure dHode, m. ViodozonCy et en second lieu toute une série de combinaisons organiques iodées appartenant presque exclusivement à la série aromatique. Je suivrai pour leur classification l'ordre suivi pour les antiseptiques organiques (p. 311 — 313). Voici le tableau:
A. Combinaisons organiques iodées, dérivant des hydrocarbures.