ANTISEPTIQUE
ce côté de )a question que s'appliquent les mots pleins de bon
seiiH de M Robin „qu*en matière d'antisepsie cellulaire , d'antisepsie
intérieure, on ne peut pas conclure du laboratoire à la clinique."
Si donc les facteurs P et T possèdent une signification tellement am-
T biguë, il faut en convenir que la formule V ^^ =, quoique ayant
sa raison d'être à un point de vue abstrait, n'a pas d'autre valeur au point de vue pratique que les chiffres et les points d'un examen comparatif n'en ont pour la valeur pratique du candidat.
Si par hasard vous trouvez les résultats de cet examen expérimental comparatif relativement maigres et insuffisants; si vous croyez qui je trouve du plaisir à vous conduire à travers un labyrinthe, je vous donnerai à réfléchir aux propositions qui suivent: 1". que les observations expérimentales citées ont une grande valeur pour la pratique de l'hygiène et peuvent nous guider dans la désinfection hygiénique; 2". qu'au point de vue thérapeutique les trois faits suivants, bien élucidés, reposent aujourd'hui sur une base expérimentale et présentent une grande importance au point de vue du choix d'un antizymotique , à savoir : a) les antizymotiques faibles, par suite de leur moindre toxicité surpassent généralement en puissance thérajieu tique les antizymotiques forts; b) des doses d'antîzymotiques inactives par elles-mêmes acquièrent par leur combinaison une action antizymotique ■ plus énergique; c) des doses d 'antizymotique insuffisantes par elles-mêmes pour détruire un microbe déterminé peuvent rendre ce dernier inoffensif.
Ces faits, qui prouvent qu'avec des antiifymotiques faibles et probablement donc aussi dépourvus de nocivité vis-à-vis de l'organisme humain, l'on pourra obtenir l'action antizymotique désirée, ont une grande importance au point de vue de l'avènement d'une thérapeutique antiseptique rationnelle.
Entrelemps la thérapeutique antiseptique moderne n'a pas encore dépassé le stade de l'empirisme. Et si, vous plaçant à cepointde vue empirique, vous soulevez encfiro une fois la question de savoir quel est le meilleur antiseptique, je me vois forcé, avant d'essayer une réiKinse , de vous interroger à mon tour pour savoir notamment quel est le but auquel devra servir votre thérapeutique antiseptique. J'établis en effet avant tout une grande différence entre le but du médfcin et celui du chirurgien dans l'emploi de la thérapeutiquf artiieepiit/ue. Le dernier doit avant tout tâcher de mettre en pratique l'asepBie. Quand il opère, il doit avoir soin que les instrumente, les vêtements, les mains, le pansement soient d'une propriété irréprobable, totalement à l'abri dé •■ '"*'«cUon. Il n'a besoin à cet
i faire toucher au ma ' lue,
ni sublimé , ni phénol , ni
426 xxvn. thérapeutique antizymotique et antiseptique,
une action toxique ou nuisible. N'oubliez pas en effet que beaucoup de moyens antizymotiques sont irritants et diminuent par leur présence le pouvoir de résistance des tissus vis-à-vis des agents infectieux. Abstraction faite de toute action toxique résorptive,il8 peuvent produire une action nocive locale et favoriser Timplantation dans les tissus du staphylocoque, etc. Asepsie voilà quel doit être le mot d'ordre ; et une solution physiologique stérilisée de Na Cl voilà le liquide que le chirurgien doit employer de préférence dans ses opérations. Ne me demandez pas comment il faut préparer une pareille solution saline, si l'on doit faire usage à cet effet des appareils de filtration de Chamberland, ou si l'on peut partir du carbonate sodique ordinaire (récommandé par Bergmann à dose de 10 à 15 gr. par litre d'eau pour désinfecter les instruments), auquel on ajoute du HCl jusqu'à neutralisation, d'après la méthode de Heymans; n'insistez pas sur la question si l'on peut employer avec autant d'avantage que ces solutions salines de l'eau stérilisée par ébullition et renfermant du peroxyde d'hydrogène l®/„ ni sur celle de savoir, si les objets de pansement doivent être stérilisés préalablement dans l'air surchauffé (fours à désinfection), car ce sont là toutes questions d'exécution pratique, dont je n'ai pas à tenir compte pour le moment. Je n'ai qu'un seul fait à établir ici , c'est que le chirurgien ne peut recourir à la thérapeutique antiseptique que quand il est appelé à soigner des plaies infectées, septiques. Il doit alors mettre. à la fois en pratique l'asepsie et l'antisepsie. Le choix de l'antizymotique sera dicté en partie par l'étendue, le siège, l'habitus des plaies etc., en partie par les opinions personnelles du chirurgien, opinions qui, non chez tous mais du moins chez le plus grand nombre, sont dominées par 1^ fluctuations du jour. Le chirurgien réglera encore jusqu'à un certain degré son choix d'après qu'il trouvera plus d'avantage à utiliser pour le traitement des plaies une substance pulvérulente ou un liquide. De nos jours, pour autant que je puisse en juger, ce sont l'acide borique, le sublimé et l'iodoforme, qui sont surtout en honneur. Le temps nous dira si leur succès sera durable. Mais il est inutile d'insister plus amplement sur le fait qu'ils constituent des armes à double tranchant.
Le médecin se trouve dans^des conditions tout à fait autres que le chirurgien. Je laisse totalement de côté son intervention comme hygiéniste , mais comme thérapeute il n'est jamais appelé que dans les cas où l'infection est déjà consommé. Or, vous savez que provisoirement dans le traitement des infections, tant aiguës que chroniques, on ne peut pas accorder grand crédit aux antizymotiques. Je vous ai déjà antérieurement expliqué pourquoi , à mon avis, l^OH peut dans le traitement des maladies infectieuses attendre de