‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 4 sur 130 · I. THÉRAPEUTIQUE GENERALE · texte numérisé non relu

I. THÉRAPEUTIQUE GENERALE

le fait soit général. Pour vous fournir une preuve de la possibilité de répondre à une indication causale sans pouvoir appliquer un traitement direct, nous choisissons Texemple de l'albuminurie et de r hydropisie , les phénomènes de stase dans V insuflBsance cardiaque. Il y a dans ces conditions moyen de suivre une indication causale , en relevant le travail du coeur. Si Ton y parvient , les symptômes de la maladie disparaissent comme par enchantement, malgré notre impuissance à atteindre directement le coeur et la nécessité de nous borner à V essai d'augmenter les forces du coeur par une voie indirecte. Cela montre que dans V occurrence V indication causale était réalisée sans la moindre participation d' une intervention thérapeutique directe.

Quand on ne peut atteindre Tidéal, il faut savoir se contenter de moins. S' il est impossible de satisfaire aux exigences de l' indication causale, on se demandera: quel est, au point de vue de la conservation de la vie ou du bien-être subjectif, le symptôme de maladie qui exige nos soins? On répond alors à une indication sympiomatique ; on tâche de combattre des signes alarmants: la dyspnée , V hydropisie , les palpitations. C est parmi les médications symptomatiques V indication vitale qui occupe le premier rang. Le médecin ne peut jamais faillir à son devoir quand il s* agit d' organiser la défense , de conjurer ou d' amender le symptôme capable de menacer la vie. Le médecin doit avoir cette indication devant les yeux dans tous les cas , aussi bien dans ceux où son diagnostic est assuré que dans ceux ou il ne découvre pas 1' enchaînement des symptômes morbides. Mais il ne s' agit pas d' être aussi prorapt dans V emploi d' une autre classe de moyens symptomatiques par excellence. En prescrivant les palliatifs (de palUum^ manteau, voile d'amour), on répond à l'indication humanitaire de diminuer la souffrance et la douleiîr. On court toutefois risque , en agissant ainsi, d'enfermer, comme on dit, le loup dans la bergerie, et de faire disparaître des symptômes seuls à même d' assurer le diagnostic complet ; de rendre ainsi illusoire ou impossible le fait d' obéir à l' indication causale. On peut et on doit même toujours recourir à des palliatifs dans une seule condition , notamment si l' issue fatale , 1' exitus letalis ne laisse plus de doute ou que l'agonie a commencé. C est alors pour le médecin un devoir des plus sacrés de rendre plus supportable ce reste de vie, de rendre la mort plus douce, de favoriser V euthanasie.

En somme , à considérer la manière dont nous pouvons répondre à l' indication posée dans un cas donné , toute 1' hogédétique de notre intervention au lit du malade peut se résumer en ces trois mots: agir sûrement, rapidement et de la façon la plus agréable pour le patient. N' employez que les remèdes qui vous sont fami-

INDICATIONS TnÉRAPEUTiqUES, XI

lierfl, qui vous inspirent la plus entière confiance (/m(o) ; ne laissez pas, de par vos tergiversations ou de pur une certaine timidité il agir, se perdre un temps précieux (cito); épargnez à votre patient, autant que possible, toutes les sensations désagréables et, en cas de fidélité égale d'action, donnez la préférence aux remèdes qui flattent les sens (jucunde). Cette dernière règle s' imposera d' ellemême è. celui qui s' inspire de sentiments d' humanité. Il mettra l'adulte au mfme rang que l'enfant auquel , selon I' expression célèbre du Tasse „gli orli del vaso" 1' amertume de la bouteille ne peut être présentée que ^aspersi del soave licor" corrigée par des douceurs.

„Last not least" en dernier lieu s'applique pour tout médecin le ,von tiocere", comme une règle sans exception. Quand le médecin sait ou suppose que la maladie à. traiter guérit d' ordinaire spontanément et. d'une manière naturelle, il tentera 1' expeetation. Le «abstine, si methodum nescis" s'applique dans ce cas dans toute la force du terme. Aussi longtemps qu'il n'y va pas de la vie et

^ qu'il n'existe pas d'indication urgente d'agir, il attendra et mettra fln pratique la thé'ftpeutique txpectante. Il est vrai que cette méthode expectante repose sur un.e base nihiliste , mais de même que le peintre ne songera pas à remanier à tout bout de cbamp un tableau de valeur, sous prétexte de démontrer sa dextérité à manier le pinceau et au risque de gâter l'oeuvre (Ambroise Paré), ainsi le médecin Lpe peut prescrire de remèdes là ou existent toutes les chances d' une ;uérison naturelle et oil même ses médicaments seraient capables Ide porter obstacle il 1' évolution naturelle vers la guérison. Il ne se ïissera jamais aller il prescrire des remèdes actifs par le seul désir 1 contenter le client et son entourage. Si on le met trop sur. la lellette, il recourra à une „pia fraus"; il donnera „ut aliquidfieri Ivideatur", pour sauver les apparences , les remèdes les plus inotfensifs. ne peut jamais oublier que son but, sa mission, est de guérir t que partout et toujours il doit rester .le minister naturae". Voua voyez. Messieurs, comme il est possible de donner en ine demi-heure de temps un aperçu de tout ce qu'il convient de Bvoir des méthodes générales de thérapeutique, considérées au loint de vue de 1* état- actuel de la science médicale. La branche mcienne de la thérapeutique générale s' est réduite à quelques nnrtes recommandations et ce que von Zibmssen a caractérisé de m dans son Handbuch, ou ce que Hoffmann, dans son Ibuvra^e si méritoire, a réuni souh ce titre, ne le mérite guère. •ans le premier traité, vous trouverez la description de générapités concernant certaines méthodes thérapeutiques spéciales, comme l'électricité, l'hydrothérapie, la climatothérapie , la balnéothérapie; traitement antiphlogistique , antiiebrile; la cure des affections

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