‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 3 sur 130 · METHODES CURATIVES · texte numérisé non relu

METHODES CURATIVES

■de solidifier d'une façon durable la fibre nfffiiblie. C'est l'écho du leyatème de l' irritabilité de Brown qui nous fournit les noms de fcînédîeaments et médications excitants, déprimants, sédatifs. La ■ipathologie humorale est à son tour mise à contribution quand Ifious appelons eccritiques, dérivatifs et révulsifs, les remèdes em- Iployés contre les processus inflammatoires des organes externes. [Nous ne faisons que citer en passant ces faits pour vous prouver rqui si la thérapeutique générale d' autrefois a perdu tout droit à ri' existence , il n'en reste pas moins une foule demots et d' expres- Enone, qui en sont tributaires.

Après cette digression , nous noua posons encore une fois cette l'queBtron : n'existe-t-il donc pas , dans l'état actuel de la science , màe principes généraux qui gouvernent nos interventions curatîves; ■n'existe-t-il pas de préceptes généraux capables de résumer l'enftBemble des faits acquis en thérapeutique? Avons-nous totalement

rompu avec la thérapeutique générale? Certes noni il existe sans

ijKucun doute dos points de départ d'oil nous pouvons arriver à la îconstruction d'une nouvelle thérapeutique générale. Nous pouvons R;pa.r ex. classer nos interventions en deux procédés de traitement: méthodes curatives directe et ûtdirecte. La méthode directe a Kfiour but de combattre et de faire disparaître sans intermédiaire ■la cause de maladie, le trouble existant; tandis que la méthode Witidirrete ne cherche à atteindre son but curatif que par une voie ■détournée. Voulez-vous des exemples de la méthode curative di- Irecte, voyez le traitement chirurgical, exemple le plus saillant de

Sette action directe. Le chirurgien par son intervention produit la B^érison d'une façon directe quand il remet des fractures, des

luxations, enlève des tumeurs, ouvre des abcès, suture des plaies . La médecine interne à son tour applique la méthode curajjtive directe quand elle éloigne du corps, par des agents pharmaco- JHogiques ou par d'autres facteurs , des poisons , des parasites ou r quand elle lève des troubles d'ordre mécanique. Chirurgien et

médecin se prêtent un mutuel appui et suivent tous deux la voie

curative directe, quand ils cherchent à éloigner des humeurs ou des ■ objets étrangers, qui se sont accumulés dans les cavités internes

|de l'organisme, quand ils se mettent en peine de lever directement ine lésion existante en vidant un hydrothorax , une ascite , un

tydropéricarde , lui épancheraent pleurétique, péritonitique , périftearditique : en enlevant des calculs rénaux, biliaires ou vésicaux. méthode curative directe ne trouve cependant pas d'application Vdans la plupart des cas et force nous est de recourir il la méthode tindirecte, Ce cas se présente partout où nous noua trouvons deviint

ijdes lésions d' organes internes que nous ne pouvons influencer ■d'une façon immédiate. Nous ne pouvons dans '

8 I. THERAPEUTIQUE GENERALE.

l'organe malade que par une voie tout à fait détournée. Et même alors nous ne pouvons influencer cet organe que d'une façon médiate; touie notre intervention se borne à un essai de modifier quantitativement la fonction de cet organe, de Texciter ou de la déprimer. Ces deux modes d'agir constituent l'a et l'ca de toute l'activité curative du médecin ; il tâche d'épargner les forces organiques , il met les appareils au repos là où leur fonction est excessive ou anormale; il s'applique à stimuler l'organe en baisse de fonction et dont une activité plus énergique pourrait contribuer au rétablissement de l'équilibre général. Toute la thérapeutique indirecte se résume, comme Hoffmann l'a si clairement exposé, à activer ou à ralentir les fonctions organiques.

Toute notre thérapeutique, tant en fait de traitements directs que de traitements indirects, repose sur la connaissance du processus de la guérison naturelle des maladies. Il y a plusieurs années que ViRCHOW a analysé , dans tous ses détails , le processus curateur naturel , qui avait naguère semblé si obscur et si étonnant à nos prédécesseurs, qu'ils crurent y voir la manifestation d'une force inconnue, la „vis medicatrix naturae". Il sufiît de scruter, à la lumière de la science moderne, l'exposé général de Virchow; de passer attentivement en revue le mode de production des processus restaurateurs naturels — comme il les appelle — , leur mode do se manifester dans le système nerveux , dans le sang et les tissus, pour comprendre aussitôt que la guérison naturelle ne peut reposer que sur l'exercice ou le repos des parties saines et malades, sur l'éloignement de substances et d'objets qui menacent l'équilibre total.

Notre thérapeutique ne possède pas d'autres principes rationnels. Cela ne veut pas dire que dans le cours des siècles il n'ait été formulé d'autres doctrines. C'est de l'observation de la nature et des phénomènes de guérison naturelle qu'ont découlé les deux systèmes diamétralement opposés , que caractérisa déjà si bien notre illustre compatriote J. B. van Helmont , et dont l'un proclame le „ contraria contrariis", l'autre le „similia similibus". Le second système , qui est la clef de voûte de TAomofîopa^/ife de H ahnemann, veut par sa thérapeutique faire naître la même série de symptômes qui existaient déjà dans l'organe ou le groupe d'organes malades. Il ne recommande que des remèdes qui provoquent dans l'organisme sain le même consensus de troubles qu'il y a à conjurer dans l'organisme malade, s'attaque à la fièvre par des remèdes hyperthermisants , à la diarrhée par des remèdes purgatifs etc. . . Au risque de voir les partisans de ce système nous appeller des dogmaticiens incorrigibles et des fanfarons de principe intolérants, nous continuerons de soutenir que l'équilibre ne peut être restauré en maintenant ou en exagérant le trouble harmonique; nous affirmons que la

SYSTEMES ET INDlrATlONS THERAPEUTIQUES.

pratique homoeopathique ne nous offre pas de garanties suffisantes dans la mise à exécution de son système. Si l'on nous obligeait de suivre un système, nous choisirions comme devise le contraria contrariis dans les méthodes curalives directes et indirectes.

n existe encore un autre principe de thérapeutique qui a droit de a'aflSrraer, mais qui peut à peine valoir comme système et dont le point de départ est surtout utilitaire, c'est la méthode qu'on a intitulée ,ex nocentihiis el jtwantîbus". On imite, dans cette méthode, le forgeron qui adopte plusieurs clefs aune serrure inconnue, c. à. d. qu'on essaie plusieurs remèdes l'un à la suite de l'autre. Expérimenter laquelle des clefs s'adapte et laquelle pas: voihl l'idée ilireetrice de ce mode curntif. Si l'on a réussi à trouver la clef appropriée et qu'on a amené de l'amélioration, il peut arriver que de cette façon on ait atteint un double but. Dans des cas obscurs, par exemple de syphilis douteuse, on peut conclure de l'heureux effet de la médication antisyphilitique an diagnostic de la maladie. I\ est à peine besoin de dire que dans cette voie on est exposé à bien des erreurs et qu'on risque de s'égarer dans les sentiers de l'empirisme le plus vulgaire.

Avant de dire adieu aux principes généraux de thérapeutique , il noue faut encore dire un mot des indications thérapeutiques. Au chevet du malade , quand après une examen rigoureux et complet , nous passons au traitement à instituer , nous avons à nous faire ■Qu plan de bataille et à bien nous rendre compte de ce que nous pouvons et de ce que nous ne pouvons pas atteindre. Notre secours aera-t-il suffisamment eflScace pour déloger 1' ennemi on pour I' empêcher de nuire; ne servira-t-il qu' à diminuer le danger de la lutte ou peut-être , tout au plus , à aider à la défense ou à rendre la capitulation aussi peu douloureuse que possible ? Voilà les questions que nous avons à nous posfer et auxquelle nous répondrons d'après l'indication que fournissent d'une part la parfaite connaissance de l'état du patient , d' autre part les ressources mises à notre disposition.

On se posera avant tout la question : pouvons-nous satisfaire à une indication causale , pouvons uous déloger l' ennemi , conjurer la cause du mal? On peut ainsi guérir d'une manière durable une prosopalgie suite d' irradiation , en enlevant un chicot de dent cariée; un ictère par calcul biliaire, un empoisonnement, en éloignant le calcul ou le poison. En répondant à une indication canon a réalisé le summum d'effet dont la thérapeutique est capable. C est à cet effet que doit tendre toute notre activité. Mais gardez TOUS de confondre l' indication causale avec le mode de traitement direct, comme ou a souvent l'habitude de le faire. Dans maints cas, il est vrai, les deux voies se fusionnent, mais l'on ne peut inférer de ce qu'en chirurgie elles se confo'

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