‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 77 sur 130 · OXYMELS, ESPRITS, SIROPS, TEINTURES, VINS · texte numérisé non relu

OXYMELS, ESPRITS, SIROPS, TEINTURES, VINS

duites en poudre, ou bien en mélangeant certaines substances à l'alcooL Sont officinaux:

Mélanges:

t Tinct. acetatis ferri aetherea.

„ nervina Bestucheffii (1,45 à l,55*/o de fer), t „ aloës composita.

t „ chinae composita.

„ strychni (1 extr. strychni : 100).

Produits de mctcération (1: 5).

t Tinct. aloës.

„ asae foetidae.

t jy anrantiornm.

t „ benzoës.

t „ catechu.

„ chinae.

t ,, cinnamomi.

t „ eucalypti.

t „ gallamm.

t „ gentianae.

„ myrrhae.

t „ qnassiae.

t „ ratanhiae.

„ secaliscomati.

t „ succini.

j, valerianae.

Macérés (1 : 10).

Tinct. acida aromatica.

t n arnicae.

„ cantharidnm.

t n castorei.

t „ colchici.

t „ croci.

jy digitalis.

t „ gelsemii.

„ ipecacnanhae.

t „ lobeliae.

„ moschi (1:50).

„ opii.

La ^teinture" de rhubarbe n'est pas une teinture ; c'est un mélanpe

d'extrait de rhubarbe, de carbonate de soude et d'eau de canelle.

La ^teinture de cydoniate de fer" ne renferme non plus de l'alcooï.

g. Vina (vins), préparés en faisant macérer pendant 8 jours des

substances, découpées en pièces ou réduites en poudres, dans du

•"n de Malaga (et de l'alcool dilué) , ou bien en mélangeant certaines

>* à du vin:

Mélanges :

laiB stibiatnm (1 tartre émétiqne snr 250).

tariratis kalico-ferrici (17o de ferj.

220 XV. ORDONNANCE ET AKT DE PRESCRIRB.

Macérés :

Yinum amamm.

t „ chinae (1 : 50).

„ colchici.

,, ipecacuanhae (1 : 10).

„ opii aromaticnm (land. liq. Sydenhami 1: 10; morphine 0,9— 17«).

Telles sont les préparations galéniques liquides inscrites dans notre pharmacopée. Quand elles renferment des médicaments énergiques, on les prescrit par gouttes, sinon on les prescrit par grammes. En outre , le médecin peut encore prescrire sous la forme liquide tous les médicaments solubles. On désigne ces préparations sous le nom de solutions ou mixtures \ cette dernière désignation s'applique plus particulièrement aux préparations liquides destinées à r usage interne et renfermant un ou plusieurs médicaments en solution. Parmi les formes médicamenteuses liquides destinées à V usage externe^ je citerai entre autres: le gargarisme^ Vépithème, la lotion y le collyre ^ Vinjection hypodermique et le lavement.

2. Les mixturae agitandae, suspensions, doivent également être rangées parmi les formes médicamenteuses liquides. Elles renferment en suspension des substances insolubles dans Veau^ telles que la rhubarbe ou la magnésie par exemple , qui, par le repos , se déposent sur le fond de la bouteille sous forme d'une poudre. Avant d'en faire usage on devra donc les agiter , pour que la poudre soit suspendue dans le liquide et soit également ingérée.

3. Saturatio^ forme médicamenteuse liquide spéciale, contenant un carbonate alcalin saturé par un acide. Une seule de ces préparations est officinale, c'est la potion de Rivière, où la saturation est faite au moyen d'acide citrique.

4. Les macérations y infusions et décoctions sont des formes médicamenteuses liquides préparées au moyen de substances solides soumises pendant quelque temps à l'action de l'eau pour en extraire les principes actifs. Quand l'extraction se fait à la température ordinaire, le produit obtenu après filtration s'appelle macération. Se fait-elle en versant de l'eau à 90° — 98° C. sur des substances solides finement divisées, on obtiendra une infusion. Enfin quand les substances en question sont bouillies avec l'eau, on obtient line décoction. Entre ces trois variétés il y a évidemment des transitions; de là vient qu'on distingue encore les macéro-décoctis ^ les infuso'décoctés et les décocto-infusés.

D'après les indications de notre pharmacopée, dans lee cas Q^ la proportion n'est pas indiquée pour les infusions et les âéoœtii on emploiera 10 p. de la substance pour en préparer 100 coUature. H n'est fait d'exception que pour les infusés e* coctés suivants:

SrSPEM9IONS,SATUBAT., MACÉRA-T., INFUS., DÉCOCT., ÉMULS., VAPEURS. 221

Infasnm (Jîgitalis (500 mgr. sur 100).

„ ipecatuanhae (500 mgr. snr 100),

„ arnicae (4 gr. sur 100).

„ sennae (4 gr. mr 100).

Decoctam carrageen (1 gr. 5O0 mgr. snr 100).

„ Uni (3 gr. sur 100).

„ corticia chinae (6 gr. sur 100).

p lichenis lelandiri (6 gr. sur 100).

„ hordei (8 gr. sur 100).

I Les infusions suivantes sont officinales :

i Xnf. hyoscyami' oleosum = huile de jusquiame (ubtenuo par le mélange d'une tnacémtion de jnsquiame et d'alcool avec l'huile d'olive). Dof. senoae compositum (eau laxative de Vienne; véritable infusiou).

\ La seule décoction officinale est la suivantâ:

t Decoct. cflrnis servi compositnm (Decoct. alb. Sydenhami , véritable décoetion).

5. Vémulsion est un liquide opaque , d'apparence laiteuse , dans lequel une huile ou une substance résineuse se trouve réduite à un état de division extrême, grâce â l'addition d'une substance mucilagineuse. Celle-ci est en général la gomme arabique; cependant récemment van Asperbn a fixé l'attention sur les avantages qu'on peut retirer des sels d'acides gras , par exemple du savon de potasse, dans la préparation des émulsions.

Notre pharmacopée ne donne aucune indication au sujet des lacementg , pour lesquels on peut se servir de décoctions, infusions, Bolutions, mixtures, émulsions; elle ae parle pas davantage delà préparation des bains médicamenteux.

Les médicaments administrés sous forme de vapeurs ne sont pas non plus mentionnés dans la pharmacopée néerlandaise. E importe de signaler à ce propos le bain de vapeur, qui est plutôt du domaine de l'hydrothérapie; les fumigalinnii , encore employées parfois en Angleterre et en Amérique , et consistant à brûler des substances volatiles dans la chambre où séjourne le malade, les bainii de gaz (Franzensbad, etc.) consistant à faire venir de l'acide carbonique gazeux au contact des parties découvertes de la peau. Pour terminer , signalons encore que dans l'anesthésie par le chlorofonne et t'élJier, ces médicaments sout absorbés à l'état gazeux; que l'oxyde azoteux s'emploie sous forme de gaz; enfin, que dans les i'i/ia/atious , la vapeur d'eau qui est chargée de substances médicamenteuses dissoutes et finement pulvérisée.'j, arrive elle-même dans les voies respiratoires.

HfclZI kMK OOXFÉREXCK

F^i^H'm*'» •!•* i'IfiMini'iitiiMi ImMf^M Nur la thérapeatiqae, sar Thistoire nmtnreOe ll.At'iii'M Mot'fiiim, ItimKMANN) Nur U physioIogle (Bence JoNES, Rabdteac, lUMtAMtl, «Hi Ifi flilmin it( 1a phyMiologie (Buchheim, Schmiedebero, Nothn^iit-» i«» Mit<«(turii, IV:n;oi.iit).

\\M\\ »!»» «i^n^t^v A rtlhmW Tt^tudo de la phannacothérapie «^^Si^v^rtïo, \\ frtnl ooh^n^on^-^M* jvir clas«^T suivant un certain ordre 1i»«» MiM»UivM\ lt^« n1^mlMvn\ nu^nio devons-nous dire — médii»nmv^Nfii H w^^\^^i^*^^\^\>!ft ot^im^uos que le médecin a actuellementà «•1 i^i^pofciliiMN. ANmmont ^N^nient-il de classer ces médicaments? iVMnim^ l*M»f<^ ^vnMv \\^W^mAtiq«^, celle-<^.i présente des difficultés ^v'>iiiiiilîi^is*^ . qi^il no jv^ut AtTO <j«estioTi d'mter, comme dans la ]0»nrmn^MpS^ \M^\ iA-<»mp)o» on dTS}v*saTit ^^«implement les substances ^>n» oivhs nlphnl>Miqm^ o1 on ^*«hsr^nani ainsi de tonte claasificatiiMi {'ru ^•înH>iifîoHiion irKMhodîqiu est indispensable, si nous ne N-.^nîiMv pM> AiiN ^N%n<^Nmi>Às HT. Irthour df sîsrphe. Les syst&nes i^\u l'in» M pp,>|VN>»Av pi>nv ol«T5s*»r ]fts mèdinaments sont basés ou l^f.M» ♦•!!! ^OT!»" p:*opî*SotA>- f*/'Vfr»(<«w/Âiif/*> . or. bien snr leurs proprfiHi^ 1. .*,....'*.. ,M: 1%VM. on^N^ri s\i: l(Mir> propriéiéf^j^ihj^ioZfljgîfMt.

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^B SYaTÈMËS THÉRAPEUTIQUES , NATURELS ET PHYSIOLOGIQUES. 223 I

pour le biologiste moderne uq point dont la connaissance prime toutes les autres.

On no peut reprocher les mêmes défauts au système qui prend pour base rkîstoire naturelle, et qui ne tient compte ni des propriétés physiologiques, ni des indications thérapeutiques. Mais c'est Évidemment un „teslimonmm paupertalis", que de vouloir classer ainsi les médicaments, d'après la place qu'ils occupent dans le système naturel, en substances chimiques inorganiques et organiques, de vouloir les diviser en substances d'origine végétale et d'origine animale. En procédant ainsi, on sépare des substances qui appartiennent au même groupe au point de vue pharmacothérapeutique , tandis qu'on en réunit d'autres dont un abîme sépare l'action physiologique et thérapeutique. Ce système de classiScation n'est plus employé que par Lauder Brunton, et par HusEUANN dans les „VirchoW's u. Hirsch's Jahresberichte" où ce dernier publie annuellement une revue des progrès les plus récents accomplis dans le domaine de la tliérapeutique. Seulement , dans la partie générale de sou beau livre, Lauder Bsunton a tellement insisté sur l'action physiologique des médicaments , qu'il n'y a pas de mal à cette classification dans la partie spéciale; d'autre part, il est tout naturel qu'on adopte dans une revue annuelle la classification qui parait la plus pratique. Dans un traité de piiarmacothérapio spéciale , ce système d'ailleurs ne peut être d'aucune utilité. Il considère, enefi'et, les médicaments simplement en tant que produits naturels et fait injustement supposer que ni la connaissance de l'action physiolog^ique ni celle de l'effet thérapeutique ne sont suffisamment complètes pour permettre d'établir une classification systématique basée sur les propriétés pharmacothérapeutiques.

Les systèmes qui sont le plus faits pour nous plaire sont naturellement ceux qui classent les médicaments d'après leur action pliyaioloffique , c'est-à-dire d'après les effets qu'ils déterminent chez l'homme et les animaux à l'état de santé Ils partent de ce principe parfaitement juste que la connaissance de l'action physiologique est le fil d'ariane qui doit rationnellement nous guider dans le labyrinthe des médicaments. Mais en établissant une classification exclusivement basée sur ces propriétés pliysiologiques , on perd de vue deux faits importants. D'abord , on oublie que cette action physiologique nous est incomplètement connue, dans cer- I tei na détails tout au moins, pour plusieurs médicaments. Il est 1^^^ lue l'expérimentation pourra compléter nos connaissances ^^B srdre d'idées. Mais le second fait est plus important:

^^^b 4ance de nos connaissances dans le domaine patbolo-

^^^^^^ maissances étaient plus étendues, si nous pouvions

224 XVI. CLASSIF. DES MÉmCAMKNTB. SCHÉMA PHARMACOTHÉRAPECTUiL'E.

en toute circonstance étudier les états pathologiques particuliers juaqiie dans leurs moindres détails, il nous serait possible, grâce à la connaissance parfaite de l'action physiologique des médicdment, de prescrire exactement le médicament il administrer ainsi que la dose appropriée. Cette lacune dans la connaissance des états pathologiques nous explique surtout pourquoi , dans l'administration de certains médicaments les plus dignes de confiance, la cause de l'action médicamenteuse nous échappe entièrement. Personne n'aurait jamais pa déduire de l'action physiologique de la quinine, en tenant compte de la nature de la malaria , l'action spécifique que ce médicament exerce sur la maladie en question, si cette action spécifique ne nous avait pas été démontrée par une autre voie. L'action favorable du salicylate de soude dans le rhumatisme articulaire aigu, celle de l'iode et du mercure dans la syphilis , sont également des découvertes empiriques , que ni la connaissance de l'action physiologique de ces médicaments, ni celle de la nature de ces maladies n'auraient jamais pu faire prévoir. C'est l'expérience acquise au lit du malade, et elle seule, qui a démontré la valeur de ces médicaments dans les aSectioDS mentionnées.

Au point de vue thérapeutique, une classification basée excluaivement aur les propriétés physiologiques ne pourra jamais rendre de grands services. Mais les systèmes physiologiques, qui ont été proposés, présentent encore certains autres défauts qui vous apparaîtront avec la plus grande évidence quand je les examinerai devant vous chacun en particulier.

La classification physiologique la plus simple est celle de Bbkce Jones , adoptée également et répandue par Kohler. Conformément à la théorie de rrritabilité de Brown, Bknce Jones admet que toutes les substances chimiques arrivant dans l'organisme lu^wMtent ou diminuent rintmsilé de.^ échanges organiuqes. Ces prémisesoe sont rien moins que démontrées, et il existe und grand nombre de médicaments qui ne modifient pas les échanges organiques. Si j'ajoute que la théorie de Brown au sujet de l'irritabilité n'est plufl admise , vous comprendrez facilement que le système de Bkncs Jdnib n'a plus guère qu'une importance historique.

Un savant français de grand mérite , Rabuteau , est encore allé plus loin que Bence Jones. Il admettait, à côté des modificateurs de la nuti-ilion , des modifictlenrs de rinnervation , de la motHiii, de la sécrétion et de Vexcrétion , et en outre une série de substances à aclioii purement locale ou mécanique. Mais ce système de classification est basé également sur de nombreuses hypothèses toutes gratuites.

La classification de Cantani a un plus haut intérêt, tant i

SCHEMA PHABMACOTHERAPEUTIQUE.

cause du rang qu'occupe son auteur dans !a acience, qu'à cause de l'eaprit qui se dégage de ce système. Il subdivise les médicaments et deux groupes ; dans le premier il range toutes les suhslancrs étrangères à V organisme; dans le second, toutes celles qui sont identiquts aux éléments constituants norviaux de l'organisme. Parmi ces dernières , il faut citer les substances nutritives : l'oxygène, l'eau, les sels de sodium et de potassium, les préparations l'albumine, les graisses, les huiles, les substances I et le sucre. Il distingue dans cette seconde classe des médicaments restaurateurs et des médicaments respiratoires. Dans la première classe, qui renferme des médicaments très nombreux, Cantani distingue trois groupes suivant que ces médicaments agissent sur la vie de relation , sur la vie de nutrition ou bien simultanément sur les deux. Malgré sa base physiologique, cette classification ne présente qu'une importance secondaire pour le médecin praticien. Elle ne lui trace que bien rarement la voie à suivre et, eu outre, elle donne parfois lieu à des inconséquences. Ainsi, parmi les médicaments agissant sur les fonctions de la vie animale, ou trouve des substances comme la digitale, qui exercent leur influence sur les fonctions de la vie végétative , et qui, comme telles , devraient être classées dans le second groupe.

Dans les systèmes physiologiques naentionnés jusqu'ici, le médecin trouve encore quelques indications relativement aux organes ou appareils dont la fonction est modifiée par un médicament déterminé. Dans la classification de Edchheim, ces indications ne sont fournies que d'une manière accessoire. Elle est purement pharmacologique , ou si vous aimez mieux , chimco-physiologique. BucHHEiM divise les médicaments en plusieurs groupes plus ou moins importants, dont chacun comprend des médicaments présentant une constitution chimique ou une action physiologique analogue. Grâce aux savants pbanniicologuea allemands , ce système a été de plus en plus simplifié et perfectionné. Alors qu'autrefois BucHHElM distinguait un grand nombre de groupes, ScHMlEnBBERQ classe actuellement les médicaments en sept grands groupes: 1. les poisons nerveux et muxculaires ; 2. les combinaisons organiques qui éveillent et excitent la nutrition ; 3. Veau et les solutions salines ; 4, les caustiques chimiques; 5. les métaux lourds; 6. les ferments et les aliments; 7. les médicaments à action mécanique et physique.

Malgré toute l'estime que j'ai pour ce système (qui a été suivi encore dans le livre si bien connu de Nothsagel et Rossbach), et pour l'esprit scientifique dont il témoigne, il me paraît cependant peu rccommandable pour le futur praticien. Cette classification satisfait le biologiste, le pharmacologue , mais non le thérapeute. La science que pratique ce dernier a subi une évolution erapiriai

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