‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 78 sur 130 · XVI. DIVISION DES MEDICAMENTS · texte numérisé non relu

XVI. DIVISION DES MEDICAMENTS

feut tenir compte si on veut lui donner un guide qui puisse le conduire sûrement au but. Le médecin désire connaître l'arsenal thérapeutique, où il pourra chercher les armes qui lui sont nécessaires pour combattre les processus morbides; 11 ne peut se contenter d'une classification qui ne tient pas suffisamment compte, ou même qui ne tient pas compte du tout, du but en vue duquel ces armes ont été employées et le sont encore aujourd'hui.

C'est pourquoi, Messieurs , je me permettrai d'exposer devant vous une classification que j'ai toujours suivie depuis que j'ai l'honneur d'enseigner la pharmacothérapie dans cette enceinte et qui ressemble sous plus d'un rapport au système, proposé parle Prof. HtisEMANN, de Gottingue. En première ligne, je crois qu'il faut toujours tenir compte du but que poursuit le méderin tn administroiit les médicaments , mais, à côté de cela, il ne faut pas perdre de vue l'action physidogique qui nous est enseignée par l'expérimentation et qui nous explique la manière dont le but peut être atteint. Je suis loin de prétendre que ce système, contrairemeot à ceux dont je vous ai parlé, est toujours conséquent avec luimême ; il no pourrait-en être ainsi , puisque la nature forme un tout et ne se laisse pas partager impunément en groupes. Je suis anasi ce que la classification, que je vais vous proposer, aura parfois d'arbitraire , quand je me verrai obligé île donner une place détomiuée à certaines substances qui présentent jusqu'à trois et quatre indications thérapeutiques diffërentes. Mais en regard des classifications thérapeutiques exclusives des ancienset d'un grand nombre de nos collègues français et anglais, en présence des schémas non moins exclusifs proposés par les pliarmacologues allemands, j'espère pouvoir vous mettre sous les yeux un schéma qui répond aux besoins du thérapeute, et dont le fil conducteur est emprunté aux connaissances acquises par l'expérimentation.

Fixons donc notre attention, Messieurs, sur le but que le médecin a en vue quand il administre certains médicaments et sur la manière dont il peut atteindre ce but. Ce qui nous frappe â première vue, c'est que pour toute une série de substances l'effet thérapeutique désiré s'obtient déjà à l'endroit même d'application en vertu de ce qu'on appelle l'action locale , tandis que pour une autre série, l'action éloignée du médicament, l'action résorptive, est précisément celle dont on attend l'effet curatif. De là une division des médicaments en deux groupes, d'après l'endroit où se manifeste l'effet thérapeutique qu'on attend d'eux:

I. les médimments à action locale: topiques {Tiinoç, lieu), que le médecin emploie uniquement en vue d'en obtenir des effets locaux et dont l'effet thérapeutique repose sur une action locale;

Page 1