‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 83 sur 130 · JPLIC. THÉRAP. EN EAPP. AVEC LE SIÈGE ET LA NATURE DU PARASITE · texte numérisé non relu

JPLIC. THÉRAP. EN EAPP. AVEC LE SIÈGE ET LA NATURE DU PARASITE

conditions déterminées et de la présence d'un groupe de subatancea définies; et des substances chimiques capables de modifier tellement la structure moléculaire de leur protoplasme, qu'elle devient incompatible avec leur vie ne font nullement défaut. Mais la mort du parasite n'est pas le but essentiel du médecin; ce n'est pour lui Ique le moyen de débarrasser l'organisme humain, qui héberge le parasite , de sa présence et de tous les inconvénients et dangers auxquels elle l'expose. Le médecin ne pourra donc pas faire usage de substances pouvant, il est vrai, tuer le parasite, mais présentant en même temps du danger pour le malade qui le porte. Il faut qu'il essaie de détruire cet intrus incommodant, do le chasser , ou au moins de le mettre hors d'état de nuire , sans endommager la santé de son malade. Rendre le parasite inoff'ensif, voilà le point capital; et c'est pourquoi le terme de parasiticide n'est pas absolumeut exact. Tous les médicaments qui rendent impossible le séjour du parasite dans l'organisme humain , ou qui l'empêchent de nuire à ce dernier, doivent, au point de vue thérapeutique, être mis sur le mfime pied que les paraaiticides. C'est pourquoi nous parlerons à diverses reprises de médicaments qui ne tuent pas le parasite, et qu'il serait plus logique de désigner sous la dénomination générale d'aiiliparasUaires. C'est ce qui m'engage aussi à vous proposer de ne pas prendre le terme parasiticide dans sou acception la plus rigoureuse , et de comprendre sous ce nom toutes les substances dont le thérapeute dispose pour combattri- ces organismes vivants. Le but qu'on se propose par l'emploi de ces médicaments peut-il être atteint? A priori, il est impossible de répondre à cette question, posée d'une manière aussi générale. Tout dépend de l'endroit de l'organisme oà siège le parasite et de la nature mêine de ce dernier.

La parasite animal ou végétal se trouve-t-il à la surface ou à l'intérieur de l'organisme, ou plutôt — pour employer une expression qui ne prête à aucun malentendu — se trouve-t-il audedans ou au-debors du „milieu intérieur"? C'est le premier point à examiner et il est d'une importance capitale. Quand le parasite se trouve à l'extérieur, quand il a choisi pour domicile un point de la surface, toi que la peau, les muqueuses buccale, stomacale ou intestinale, ou bien d'autres muqueuses occupant une position superficielle , il suffira . pour arriver au but qu'on poursuit, de mettre les médicaments parnsiticides en contact avec ces surfaces. Comme praticiens, nous n'aurous qu'à veiller à ce que les substances administrées ne pénètrent pas dans le „milieu intérieur" ou, si elles le font en dépit de nos précautions, que ce soit en quantités assez faibles pour traverser inaperçues les organes importants vers les- |.quels le sang les entraîne. Dans ces cas donc, le but que nous

ZVn. PARASITICIDKS.

nous proposons comme thérapeutes peut être assez facilement ai teint. Mais il en est tout autrement quand les parasites ont pénétré jusque dans le «milieu intérieur". Dans ce cas les substances destinées à modifier d'une manière temporaire ou permanente le protoplasme parasitaire dans sa structure moléculaire, devront pénétrer également dans le „milieu intérieur" de l'homme et circuler dans son sang; ils arriveront alors à tous les organes ou appareils placés sur le trajet de la grande circulation. Malheureusement les organes et appareils seront exposés do ce chef à des dangers aussi grands et même plus grands que ceux, dont les menacent les parasites eux-mêmes. Ici, le but thérapeutique nous semble donc impossible à atteindre , à moins de découvrir des substances qui , à une dose déterminée, soient plus ou moins nuisibles pour certains parasites, tout en n'exerçant, à cette même dose, que peu ou pas d'action nuisible sur les fonctions des organes internes de l'homme. Ces substances devront posséder une affinité chimique pour les éléments moléculaires protoplasmiques du parasite, mais en même temps leur affinité pour les éléments constituants de nos cellules ganglionnaires, de nos fibres nerveuses, de nos cellules glandulaires, etc. . , devra être nulle ou au moins très minime. De pareilles substances nous sont inconnues jusqu'à présent. Tous les médicaments parasiticides ou antiparasitaires , dont se sert la thérapeutique , sont presque tous beaucoup plus toxiques pour le ^milieu intérieur" de l'homme que pour le parasite.

Il faut tenir compte en second lieu de la nature du pamsite. S'agit-il d'un parasite animal d'uu ordre assez élevé, d'un être vivant possédant des organes différenciés dont quelques-uns jouent un rôle prépondérant, sa vie sera bien plus menacée par certains agents chimiques que celle des organismes inférieurs à structure plus simple et dont le protoplasme est à peine différencié. Les agents auxquels je fais allusion sont ceux qui, eu vertu des processus chimiques intimes qu'ils provoquent, paralysent ou excitent, à dose infinitésimale, les appareils d'un ordre déterminé. Parmi ces substances toxiques on pourra peut-être , dans des circonstances favorables, en trouver une dont l'affinité pour le parasite soit plus grande que pour les éléments constituants de l'organisme humain, Mais si le parasite est un organisme inférieur, ce sera dans un autre groupe de substances qu'il faudra chercher les poisons auxquels il ne peut résister, notamment parmi les substances qui déterminent des processus moléculaires chimiques grossiers et qui dès lors présentent les plus grands dangers pour l'organisme humain. Cependant ce ne sont là que des considérations théoriques, dont la base peut être démolie chaque jour par l'expérience et qui par elles-mêmes ne permettent nullement de conclure que le thérapeute a plu»

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Nature et siège du parasite, anthelmintiques.

chances de combattre efficacement les parasites animaux, occupant un rang assez élevé dans l'échelle animale (vers, etc.), que les organismes inférieurs, tels qite les schizomycètes , etc. Néanmoins c'est bien là la réalité. Il faut en effet tenir compte encore d'une autre circonstance. La pathologie générale nous apprend que dans les maladies parasitaires véritables , occasionnées par les épizoairea et entozoaires supérieurs, l'action nocive du parasite résulte surtout des troubles mécaniques qu'il provoque. La destruction ou l'éloignement du parasite , fait disparaître la cause morbide elle même. En instituant une thérapeutique directe on remplit donc dans ce cas par le fait même l'indication causale. II n'en est plus du tout de même quand il s'agit de microbes pathogènes. Supposons, que nous soyons parvenus à les paralyser définitivement dans le milieu intérieur où ils ont déterminé une maladie infectieuse: pouvons-nous encore prétendre ici que „sublata causa, tollitur effectus"? Nullement. Ces organismes pathogênes ont sécrété des ferments qui continuant lenr travail de décomposition, ont transformé des groupements moléculaires complexes en molécules plus simples et ont donné naissance à des albumines toxiques, à des produits de décomposition cristallins; bref, ils ont provoqué un empoisonnement qui persistera aussi longtemps que les substances toxiques ainsi produites ne sont pas éliminées du corps ou neutralisées par l'administration . de contrepoisons. En règle générale l'administration de médicaments parasiticides ou a nti parasitaires au cours des maladies générales de nature microbienne, ne pourra donc sufBre, à elle seule, à atteindre le but qu'on se propose par leur emploi.

Après ces considérations générales, vous comprendrez aisément pourquoi nous subdivisons le groupe des parasiticides en deux sous-groupes : le premier comprend les médicaments dirigés contre les épi- et entozoaires d'une organisation assez élevée {surtout les vers) ; le second , les médicaments dont nous disposons pour essayer de détruire les microorganismes , ou au moins de îes rendre

KRorn

Je Veux d'abord attirer votre attention sur la première de ces subdivisions et vous entretenir des anthelminliques. Le nom qu'on donne à ces médicaments, aussi appelés vermi/uyes, indique déjà qu'ils sont uniquement dirigés contre un groupe déterminé de parasites animaux, notamment celui des vers. Pour limiter ce groupe encore davantage , nous ajontons que par l'emploi des médicaments anthelmintiques nous voulons surtout combattre les vers intestinaux; qu'en outre, les médicaments dont nous faisons usage contre les vers vivant dans la peau ou à sa surface, ne jflont pas rangés dans une classe spéciale, mais que nous les faisons

XVn. PARASITICIDES.

rentrer dans le grand groupe des irritants cutanés; enfin, qu'il ne viendra à l'idée d'aucuQ thérapeute, si hardi qu'il soit, de vouloir détruire ou rendre inoÊFenaif, par l'administration de certains médicaments , des eiitozoairea transportés par le sang vers les organes internes, que ce soit l'échinocoque du foie ou du cerveau , ou la trichine musculaire.

Etudions donc en premier lieu avec quelques détails les médicaments anthelm in tiques.

Les considérations générales , que nous avons développées tantôt, s'appliquent évidemment aux anthelm in tiques. Noua devons tuer ou chasser le parasite intestinal, tout en causant le moins de préjudice possible à l'hôte qui l'héberge. Il faut donc, que le médicament soit employé de telle manière et sous une telle forme qu'il manifeste déjà ses effets à l'endroit même de son application, c'est-à-dire dans le traetus intestinal, et que l'absorption du médicament dans le sang et l'action générale qui en est la conséquence soient réduites à leur minimum. L'association des principes actifs des anthelmintiques les plus usités avec l'acide tannique , les huiles éthérées , etc. , peut agir si avantageusement dans ce sens, que la quantité résorbée n'en est que à son minime. L'expérience a démontré on outre que pour aboutir à un résulta favorable , un certain nombre de conditions doivent être reraplii Telles sont: le jeune auquel il faut soumettre le i de lui administrer le vermifuge; l'ingestion préalable i condiments et aliments à odeur très forte (hareng, ail); le i toyage du tube digestif avant et après ladrainistration du i mifuge; enfin divers autres détails, en apparence de fort d'importance.

Grâce à ces précautions, on parvient à restreindre les incon^ nients qui peuvent résulter de l'administration d'un vermifuge, sans toutefois pouvoir jamais les éviter entièrement. Le médicament destiné à agir sur le ver et qui ne peut l'empoisonner sans se dissoudre au préalable dans les liquides du canal digestif, agira n sairement aussi sur le malade. C'est ainsi qu'après l'adrainistrati du vermifuge on voit presque constamment apparaître , à Côté ^ symptômes dus à une action locale (diarrhée, nausées), des cépi| lalgies et des troubles plus ou moins considérables des fonctioi du système nerveux central , qui résultent du passage dans le a d'une quantité plus ou moins grande du médicament. Il est d<H indispensable qu'en traitant devant vous la question des anttM mintiques, j'insiste avec quelques détails sur leur action généra] Avant d'entamer ce sujet, je vous dirai que, d'accord avec i pharmacopée, parmi les médicaments administrés contre les i rides, j'insisterai surtout sur le semen contra, et, parmi ceux ]

A^HELMINTIQUES. BEMEN CONTRA. SANTONINE. 239

commandés contre les ceatoiieg, sur l'écorce de racine de grenadier, la fougère mâle, le kousso et le kamala,

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