Part. H, It^. III
origine d'un mot de la langue latine qui veut dire naître. Il faut donc y pour nous assurer de la nature de nos différentes manières de sentir^ les épier, s'il est permis de le dire, au moment de leur naissance. Or, le sentimentsensation naît k la suite d'un mouvement produit dans nos organes. Le sentiment de Taction des facultés nait a l'instant môme qu'elles agissent. Le sentiment de rapport naît a la présence simultanée des idées. Le sentiment moral naît a la suite de l'impression que fait sur nous un agent auquel nous attribuons une volonté libre ^ Chaque espèce de sentiment natt donc a part : chacun a sa nature propre.
11 est vrai que, dans notre constitution présente, le sentiment-sensation doit s' être montré d'abord , pour que les autres sentimens se montrent à leur tour. Il y a, entre nos quatre manières de sentir, un ordre successif qui commence par la sensation. Mais il ne suffit pas d'un ordre successif pour établir l'ilnité de nature entre des choses qui se succèdent ; il est nécessaire que cet ordre soit, en même temps, et de succession et de génération ; et puisqu'il est prouvé qu'aucun de nos sentimens n'est engendré par celui qui le précède, n'a son principe dans celui qui le précède, il est prouvé qu'entre eux il existe une différence de nature.
On n'est pas convaincu ; je le vois , je l'entends : si les quatre manières de sentir n'ont pas la même nature, pourquoi les appelez-vous du nom conmiun de sentiment?