TRANSMISSION DES VIBRATIONS
En effet, on remarque en premier lieu que la disposition des os et leur mode d'articulation s’opposent à l’idée d’une transmission de vibrations moléculaires à travers leur substance , tandis que , d’autre part , ils viennent à l’appui de l’idée d’une vibration en masse. Le manche du marteau et l’enclume se balancent comme un pendule autour d’un axe formé par les courtes apophyses de ces osselets, tandis que le mode de connexion de l’enclume avec l’étrier et de l’étrier avec les bords de la fenêtre ovale permet un libre jeu au dedans et au dehors de cet os. En second lieu, on affirme comme un résultat d’expérimentations que l’os appelé columelle, qui chez les oiseaux tient la place de la chaîne des osselets, vibre dans son ensemble et avec la même rapidité que la membrane du tympan quand des vibrations aériennes frappent cette dernière.
26. Ainsi, il y a des motifs pour croire que, quand la membrane du tympan entre en vibration, elle communique le même nombre de vibrations à l’apophyse du marteau qui est fixé sur cette membrane. La tête du marteau décrit en conséquence un petit arc sur son pivot qui est la petite apophyse. Le mouvement de rotation de la tête du marteau entraîne celui de la tête de l’enclume sur son pivot, la petite apophyse. L’apophyse longue de l’enclume décrit en conséquence un arc de cercle aussi égal que possible à celui qui est décrit par le manche du marteau. La longue apophyse cependant est fixée à l’étrier detelle façon qu’elle ne peut vibrer sans attirer l’étrier vers la fenêtre ovale et le repousser avec une étendue et une intensité correspondantes. Mais chaque mouvement de va-et-vient implique une série correspondante de secousses au périlymphe qui remplit le labyrinthe osseux et le limaçon, extérieurs au labyrinthe membraneux et au canal moyen du limaçon.
Ces tremblements sont transmis à l'endolymphe au liquide du canal moyen et sont finalement convertis, par l’intermédiaire des otolithes et des fibres de Corti, en impulsions qui agissent comme excitants, sur les extrémités des divisions vestibulaires et cochléennes du nerf auditif.
27. Les différences qui existent entre les fonctions du labyrinthe membraneux (auquel se distribue le nerf vestibulaire) et celles du limaçon, ne sont peut-être pas toutes connues avec certitude, mais les conclusions suivantes offrent un haut degré de probabilité :
Le labyrinthe membraneux est un appareil à l’aide duquel l’on distingue et l’on apprécie les sons selon leur quantité ou intensité; mais il ne sert pas à discerner leur qualité. Le nerf du vestibule nous donne la valeur relative des sons aigus ou graves, mais ne nous fournit aucune impression de son de mélodie ou d’harmonie.
Le limaçon, d’autre part, permet à l’esprit déjuger la qualité plutôt que la quantité ou l’intensité des sons. Il y a quelques raisons de croire que l’excitation d'un simple filet du nerf du limaçon provoque dans l’esprit des impressions musicales distinctes et que chaque fraction de son qu’une oreille sensible bien cultivée peut percevoir est représentée par une fibre nerveuse séparée. De sorte que le canal moyen du limaçon ressemble à un clavier dans ses fonctions non moins que dans son apparence ; les fibres de Corti représentent les touches et les extrémités nerveuses représentent les cordes sur lesquelles frappent les touches.
S’il était possible d’irriter expérimentalement chacune de ces fibres nerveuses, nous serions en état de produire à volonté un son musical quelconque dans le sensorium d’un sujet en expérience, de même qu’une note est produite au piano en frappant la touche correspondante.
VlBltATUm HAKMUÎilQUES.
28. Un diapason peut entrer en vibration si sa note propre ou une note harmonique avec elle résonne dans son voisinage. En d’autres termes, il vibrera sous l’influence d’une série de vibrations particulières et non d’autres. Si les extrémités vibrantes du diapason étaient arrangées de façon à frapper sur un nerf, leurs petits coups répétés exciteraient subitement ce nerf.
Supposez une série de diapasons montés à toutes les notes et fractions de notes distinctes dans l’échelle des sons, il'y en aurait un pour l’extrémité de chaque fibre du nerf du limaçon ; alors toute vibration transmise au périlymphe affecterait le diapason qui pourrait vibrer avec elle en accord ou à l'unisson, tandis que les autres seraient absolument, ou relativement indifférents à celte vibration. En d’autres termes, la vibration donnerait lieu à la sensation d’un ton particulier et non à d’autres tons, et chaque intervalle musical serait représenté par une impression distincte sur le sensonum.
29. On croit que les fibres de Corti sont capables de remplir la fonction que remplirait cette série de diapasons; que chacun d’eux entre en vibration dans toute sa force à l’aide d’un genre particulier de vibrations envoyées à travers le périlymphe et par ce genre seul, et que chacun d’eux affecte une fibre particulière du nerf du limaçon et celle-là seulement.
Les fibres du nerf du limaçon peuvent être excitées par des causes internes, telles que la diversité des pressions du sang et d’autres analogues. Chez quelques personnes, ces influences intérieures sont l’origine d’un véritable spectre musical qui est parfois très-intense. Mais nous ne pouvons apprécier la musique produite au dehors de nous, que par l’intermédiaire du canal moyen du limaçon et de ses fibres de Corti.
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50. Un a expliqué plus haut comment le muscle de l’étrier et le tenseur du tympan ôtaient propres à tendre la membrane de la fenêtre ovale et celle du tympan, et il est probable qu’ils entrent en jeu, quand les impulsions sonores sont trop violentes et produisent des vibrations Irop étendues dans les membranes. C’est pourquoi elles servent à adoucir les effets des sons intenses à peu près de la même façon, ainsi que nous le verrons, que la contraction des fibres musculaires de l’iris tend à diminuer l’effet d’une lumière trop intense sur les yeux.
La fonction de la trompe d’Eustache est probablement de maintenir l’air de la caisse, c’est-à-dire celui qui baigne la paroi interne de la membrane du tympan, à la même pression que celui de la paroi externe; ce qui ne pourrait point être, si la caisse du tympan était une cavité close.