LA- TACHE JAUNE
tique disparaît, et toutes les autres couches, excepté celle des cônes, deviennent extrêmement minces au centre de la tache jaune (fig. 64).
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4. La propriété la plus importante de la rétine est le pouvoir qu’elle possède de convertir les vibrations de l’éther, qui constituent la base physique de la lumière, en un
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stimulant pour les fibres du nerf optique, lesquelles, quand elles sont excitées, ont le pouvoir d’éveiller dans le cerveau, ou par l’intermédiaire du cerveau, la sensation lumineuse.
Toutefois, la sensation de lumière est perçue par le cerveau, non parla rétine; si l’œil est détruit, en effet, l’irritation du nerf optique, par pincement, électrisation ou par d’autres agents, excitera toujours la sensation de lumière, parce qu’elle met en activité les fibres du nerf optique; or, de quelque manière que cette activité soit provoquée, elle détermine dans le cerveau certains changements qui donnent lieu à la sensation de lumière.
La lumière frappant le nerf optique ne l’excite pas ; les fibres du nerf optique sont en elles-mêmes aussi aveugles qu’une partie quelconque du corps. Mais, de même que les filets délicats de l’ampoule, les otolithes du sac veslibulaire ou les fibres de Corti du limaçon sont des artifices à l’aide desquelles les vibrations délicates de l’endolymphe et du périlymphe sont transformées en mouvements qui peuvent exciter les nerfs auditifs, de même les tissus de la rétine sont aptes à transformer les vibrations infiniment plus délicates de la lumière en stimulant pour les fibres du nerf optique.
5. La sensibilité des différentes parties de la rétine à la lumière varie considérablement. Le point d’entrée du nerf optique est absolument aveugle, ainsi que peut le démontrer une expérience très-simple. Fermez l’œil gauche et regardez avec fixité de l’œil droit, — à la distance de 25 ou 50 centimètres, — la croix qui est figurée ci-dessous.
La tache noire sera perçue très-distinctement, aussi bien que la croix. Si, maintenant, vous approchez lentement le
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livre vers l’oeil qui doit continuer à regarder fixement la croix, vous remarquerez qu’a un moment donné la tache noire disparaîtra ; mais elle reparaîtra à mesure que vous rapprocherez le livre de plus près. Ce fait résulte de ce principe d’optique que, dans la première position du livre, la tache noire aboutit dans la rétine entre celle de la croix (qui tombe en plein sur la tache jaune) et l’entrée du nerf potique, tandis que, dans la seconde position, elle tombe sur l’entrée du nerf optique lui-même, et, dans la troisième, en dedans de ce point. Aussi longtemps que l’image de la tache noire demeure sur l’entrée du nerf optique, elle n’est point perçue; c’est pourquoi cette portion de la rétine s’appelle le point aveugle.
6. L’impression faite par la lumière sur la rétine persiste non-seulement pendant toute la durée de l’action directe de la lumière, mais se prolonge par elle-même pendant un certain temps, quelque courte que soit la période pendant laquelle la lumière a impressionné directement la rétine. L’éclair est instantané, mais la sensation qu’il a produite persiste pendant une durée appréciable. On trouve en effet qu’une impression lumineuse dure environ un huitième de seconde; d’où il suit que si deux impressions sont séparées par un intervalle moindre, elles ne se distinguent point l’une de l’autre.
C’est pour ce motif qu’un corps lumineux auquel on fait décrire rapidement un cercle semble être réellement un cercle de feu ; les rayons d’une roue en mouvement rapide ne sont pas distinctement visibles; ils apparaissent seulement comme une sorte de corps opaque ou de cloison dans la circonférence de la roue.
7. L’excitabilité de la rétine est facilement épuisée. Ainsi, si l’on regarde une lumière brillante, la portion de rétine frappée par la lumière devient rapidement insen-
sible ; en passant d’une lumière brillante à une surface faiblement éclairée, une tache noire apparaît dans le champ de la vision, et provient d’une cécité temporaire de cette partie de la rétine. Si la lumière brillante est d’une seule couleur, la partie de la rétine sur laquelle elle a agi devient insensible aux raies de cette couleur, mais non aux autres raies du spectre. Par là s’expliquent les effets des couleurs complémentaires. Si, par exemple, on colle un pain à cacheter rouge sur une feuille de papier blanc, et qu’on le regarde avec fixité, d’un seul œil, pendant un certain temps; on aura si l’on détourne ensuite cet œil vers le papier, la sensation d’une tache verte de la forme et de l’étendue du pain à cacheter. 11 est en effet arrivé que la partie de la rétine sur laquelle celte image est tombée à l’état de lumière rouge, a épuisé sa sensibilité pour cette couleur, mais l’a laissée sensible aux autres rayons colorés dont se compose la lumière blanche, De sorle que, quand cette partie de la rétine reçoit une lumière blanche, les rayons rouges ne provoquent aucune sensibilité, et le résultat de l’action des autres rayons est la sensation d’une teinte verdâtre. Si le pain à cacheter est vert, Yirnage complémentaire sera rouge .
8. Chez quelques personnes, la rétine semble affectée d’une seule et même façon par les rayons lumineux de certaines couleurs ou même de toutes les couleurs. Ces personnes, aveugles aux couleurs, ne peuvent distinguer par la couleur les cerises de leurs feuilles, et ne voient aucune différence entre les vêtements blancs et jaunes. Cette particularité, malheureuse pour les individus, peut devenir dangereuse si elle atteint, sans qu’on le sache, les conducteurs de trains ou les marins ; elle dépend probablement, ou d’un défaut de la rétine qui empêche cet organe de répetadre aux différents genres de vibrations lumineuses