NERF OPTIQUE ET RÉTINE
ou elle provient de quelque pouvoir absorbant exceptionnel des humeurs de l’œil. Elle porte le nom de daltonisme (du chimiste Dalton, qui en était affecté) ou de dyschromatopsie.
9. La sensation de lumière peut être déterminée par d’autres causes que par les vibrations de l’éther lumineux sur la rétine. C’est ainsi qu’un courant électrique transmis à l’œil donne naissance à l’apparition d’un éclair lumineux; une pression exercée sur un point quelconque de la rétine produit une image lumineuse qui dure aussi longtemps que la pression, et qui porte le nom de phosphène. Si l’extrémité du doigt presse sur le côté externe du globe de l’œil, une image lumineuse se produit qui, dans mon œil, est sombre au centre, avec un anneau brillant à la circonférence (ou, selon la description de Newton, comme l’image centrale d'une queue de paon). Enfin, bien des personnes ont eu sur leurs propres yeux le spectacle remarquable de ces feux d’artifice subjectifs qui suivent un coup sur l’œil, que ce coup provienne d’une chute de cheval ou qu’il soit produit par d’autres procédés, bien connus de la jeunesse anglaise.
On ne saurait, toutefois, dire exactement si les effets de pression ou du coup dépendent réellement de l’excitation de la rétine proprement dite, ou s’ils ne résultent pas plutôt d’une violence exercée sur le nerf optique indépendant de la rétine.
10. Ce dernier paragraphe signale, entre les fibres du nerf optique et la rétine, une distinction que nous n’avons point encore faite, mais qui est très-importante.
Nous avons vu que les fibres du nerf optique se ramifient dans le quart interne de l’épaisseur de la rétine, tandis que la couche des bâtonnets et des cônes constitue son quart extérieur (ou postérieur). Aussi la lumière doit frap-
per d’abord les fibres du nerf optique, et g’ est seulement après les avoir traversées qu’elle peut atteindre les bâtonnets et les cônes. En conséquence, si les fibrilles elles-mêmes du nerf optique sont aptes à être impressionnées par la lumière, les bâtonnets et les cônes ne peuvent constituer qu’une sorte d’appareil optique supplémentaire. Mais ce sont, en réalité, les bâtonnets et les cônes qui sont impressionnés par la lumière, tandis que les fibres du nerf optique y sont insensibles. Les preuves sur lesquelles reposent cet énoncé sont les suivantes :
a. Le point aveugle est rempli de fibres nerveuses, mais il n’a ni bâtonnets ni cônes.
b. La tache jaune où réside la vision la plus fine est remplie de cônes très-rapprochès, mais ne présente aucune fibre nerveuse.
c. Si vous pénétrez dans une chambre obscure avec une seule bougie, petite, mais brillante, et que, placé en face d’une muraille noire, vous déplaciez la lumière de haut en bas, de façon à faire pénétrer la lumière très-obliquement dans l’œil , vous verrez l’une des images qui portent le nom d'images de Purkinje ; on désigne ainsi une série de lignes rouges ramifiées et divergentes sur un champ noir; dans l’intervalle de ces lignes, on voit une sorte de disque en forme de coupe. Les lignes sont les vaisseaux sanguins de la rétine, et le disque est 1a tache jaune. A mesure que la lumière est mue en haut et en bas, les lignes rouges changent de position, de même que les ombres quand la lumière qui les projette se déplace.
Or, comme la lumière tombe sur la face interne de la rétine, et que les images des vaisseaux auxquelles elle donne lieu changent leur position à mesure qu’elle se meut, ce qui perçoit les images, quel qu’il soit, doit se trouver au delà, c’est-à-dire en dehors des vaisseaux ; mais les fibres