ADAPTATION AUX DISTANCES
proche dans la môme direction visuelle, la position du globe de l’œil restera la même. L’image droite réfléchie par la face antérieure de la cornée el l’image renversée qui est donnée par la face postérieure de la lentille resteront les mêmes; or, on peut démontrer que le volume ou la position apparente de ces images devraient changer si la cornée ou la face postérieure de lé capsule cristalline changeaient leur forme ou leur position. Mais la seconde image droite , celle qui provient de la face antérieure du cristallin change à la fois de volume et de position, de façon à démontrer que cette face est devenue plus convexe. Le changement opéré dans la forme du cristallin est représenté dans la figure 66
Fig. OC. — Changement» d.: ronuE du ciustai.uk pour i'acc.isimouation
• AUS IllSTAKCKS.
A, accommodation aux objets éloignés; B, aux objets rapprochés.
Ces faits peuvent être considérés comme faits d'adaptation, et doivent être d’accord avec toutes les théories de ce phénomène. Us excluent tout d’abord les hypothèses suivantes : 1° que l’adaptation est un résultat de la compression du globe de l’œil par ses muscles, compression qui déterminerait un changement dans la forme de la cornée; 2° qu’elle dépend d’un déplacement du corps de la lentille du cristallin, car sa face postérieure ne bouge pas; 5° qu’elle est causée par la pression de l’iris sur la face antérieure de la lentille, car, dans ce cas, sa face pos-
25g LEÇONS DE PHYSIOLOGIE. — IX.
térieure ne resterait pas immobile. Cette dernière hypothèse est, au surplus, réfutée par ce fait que l'adaptation a lieu alors même que l'iris n’existe pas.
Une seule théorie reste debout, qui est, selon toutes probabilités, la véritable, quoiqu’elle ne soit pas entièrement à l’abri des objections : le cristallin, qui est très-élastique, est habituellement maintenu à l’état de tension par l’élasticité de son ligament suspenseur.-pt a par conséquent une forme plus aplatie que s’il était abandonné à lui-même. Si le muscle ciliaire se contracte, il doit, ainsi que nous nous l’avons vu (§ 17), relâcher ce ligament et diminuer par là sa pression élastique sur la lentille. En conséquence, le cristallin deviendra plus convexe ; il reviendra à sa première forme quand le muscle ciliaire cessera de se contracter et permettra à la choroïde de reprendre sa place ordinaire.
Si telle est la véritable explication de l’adaptation aux distances, la sensation d’effort que nous ressentons doit provenir de la contraction du muscle ciliaire.
22. L’adaptation n’a lieu que dans une certaine étendue, qui est susceptible de modifications individuelles considérables ; d’ordinaire, aucun objet qui se trouve à moins de 25 centimètres ne peut être vu distinctement sans effort.
Mais plusieurs personnes sont nées avec la surface de la cornée plus convexe que d’autres, ou avec des yeux doués d’un pouvoir réfracteur plus considérable; au contraire, ù mesure que l’âge survient, la cornée s’aplatit d’ordinaire. Dans le premier cas, les objets situés aux distances habituelles ne sont point perçus distincts, parce que leurs images ne tombent pas sur la rétine, mais au-devant de la rétine; dans le second cas, la même vue confuse résulte de ce que les rayons lumineux frappent la rétine avant de de s’être réunis au foyer (§ 12). Le défaut des yeux, dans
Diqitizec