ADAPTATION AUX DISTANCES
surfaces sphéroïdes, donne lieu à des défauts dans les images formées au foyer.
Dans l’œil, la place de ce diaphragme est prise par l’iris, qui a l’avantage spècial de se régler lui-même ; il agrandit son ouverture et laisse passer plus de lumière quand la lumière est faible ; il resserre au contraire cette ouverture et admet moins de lumière quand l'intensité en est grande.
19. Dans la chambre obscure aqueuse construite selonla description que l’on vient d’en faire, il existe un défaut qui provient de l’absence d’un mécanisme qui permette d’ajuster le foyer aux différentes distances des objets. Si la caisse est construite de telle sort»que la face interne et postérieure, sur laquelle on suppose que les images sont projetées, reçoit des images distinctes d’objets très-éloignés, les images des objets rapprochés ne seront pas distinctes. Semblablement, si la caisse est construite de façon à recevoir les images des objets rapprochés , à une distance donnée, celles des objets plus voisins ou plus distants, seront vagues et indistincts. Dans une chambre obscure ordinaire, on surmonte cette difficulté en faisant glisser les lentilles en dedans ou en dehors, procédé incompatible avec notre chambre obscure liquide. Toutefois, il existe évidemment un moyen — parmi beaucoup d’autres — à l’aide duquel Cette adaptation aux distances peut être réalisée ; ce moyen consiste à placer une lentille moins convexe quand les objets sont éloignés, et plus convexe quand les images d'objets plus rapprochés doivent être projetées à l’arrière de la caisse.
Mais les choses reviendraient au même et seraient plus commodes, si une seule et même lentille pouvait changer sa convexité. Or c’est ce qui se produit dans l’adaptation de l’œil aux dislances.
20. La manière la plus simple d’expérimenter sur V adaptation de l’œil est d’enfoncer droites deux grosses aiguilles dans un morceau de bois carré, de façon qu’elles soient à peu près sur la même ligne droite, mais non exactement; il faut que l’œil, appliqué à une extrémité du morceau de bois, voie distinctement l'unedes aiguilles, a, à lScentimètres, et l’autre, b, de l’autre côté, à 30 centimètres environ.
Si l’observateur regarde l’aiguille b, il la verra très-distinctement sans le plus léger sentiment d’effort ; tandis que l’image de a est confuse etplus ou moins double. Qu'il s’efforce, à ce moment, de voir distinctement l’aiguille a; il reconnaîtra qu’il peut y parvenir assez facilement, mais ce résultat sera accompagné d’une.sensation de fatigue. A mesure que a deviendra distinct, b deviendra confus. Aucun effort ne parviendra à lui permettre de voir en même temps a et b.
21. On a tenté d'expliquer de différentes façons cette aptitude remarquable d’accommodation ou d 'adaptation aux distances; mais ce n’est que dans ces dernières années que le problème a été résolu par la détermination exacte de ia nature des modifications de l’œil qui accompagnent cet acte. Quand la flamme d'une bougie est portée près de l'œil d’une personne et un peu de côté, quiconque regarde dans l’œil d’un point de vue convenable, verra trois images de la llamme, deux droites et une renversée; une figure droite est réfléchie par la face antérieure de la cornée, qui sert de miroir convexe; la seconde image droite provient de la face antérieure du cristallin, qui a la même propriété, tandis que l’image renversée est donnée par la face postérieure du cristallin, qui, étant convexe en arrière, est concave en avant et agit comme miroir concave.
Supposez que Le regard soit fortement fixé sur un objet distant, et ensuite qu’il vienne se poser sur un objet rap-