‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 114 sur 158 · LEÇON X · texte numérisé non relu

LEÇON X

COORDINATION DES SENSATION^ ENTRE ELLES ET AVEC LES PERCEPTIONS ET IDÉES

1 . En exposant les fonctions des organes des sens, je ine suis borné jusqu’ici à décrire les moyens à l’aide desquels l’agent physique d’une sensation spéciale est mis à même d’exciter un nerf sensitif, et j’ai donné une idée des sensations simples qui de la sorte sont engendrées.

Les sensations simples de ce genre sont celles que l’on peut produire par l’excitation d’une fibre nerveuse simple ou de plusieurs fibres, par un même agent. Telles sont les sensations de contact, de chaleur, de douceur, d’une odeur particulière, d’une note musicale, du blanc ou du rouge.

Mais un très-petit nombre de nos sensations offrent cette simplicité. Beaucoup, même parmi celles que nous avons l’habitude de regarder comme simples , sont en réalité composées de différentes sensations ou de sensations accompagnées d’idées ou de jugements. Dans les cas que nous venons de citer, par exemple, il est très-difficile do séparer la sensation de contact du jugement que quelque

chose nous touche; la sensation de douceur de l'idée d'une substance introduite dans la bouche ; la sensation de son ou de lumière, du jugement que quelque chose en dehors de nous brille ou résonne.

2. Les sensations de l’odorat sont celles qui se trouvent le moins compliquées par des circonstances accessoires de cette nature. Ainsi des particules de musc se répandent avec une grande rapidité à travers les cavités nasales, et provoquent la sensation d'une odeur intense. Mais, à part la notion grossière d’une odeur dans le nez, cette sensation n’est accompagnée d’aucune idée de localisation ou de direction. Moins encore donne-t-elle lieu à une conception quelconque de forme ou de volume, de force, de succession ou de contemporanéité. Si un homme n’avait pas d’autres sensations que celle de l’odorat, et que le musc fût le seul corps odorant, il ne pourrait avoir aucun sentiment du non-moi, aucune faculté d’établir une distinction entre le monde extérieur et lui-même.

3. Comparez ce fait avec ce qui peut sembler être une sensation également simple obtenue en promenant un doigt sur une table, les yeux étant fermés. Cet acte donne la sensation d'une surface dure et plate extérieure à l’individu, qui semble être tout aussi simple que l'odeur du musc, mais qui, en réalité, est un état complexe de sensation composé :

(a) De sensations simples de contact.

(b) De sensations simples musculaires de deux genres, l’un provenant de la résistance de la table, l’autre des mouvements des muscles qui meuvent le doigt.

(c) Des idées de l’ordre dans lequel ces sensations simples se succèdent.

(d) De comparaisons entre ces sensations et leur ordre avec le souvenir des sensations analogues semblablement

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