‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 132 sur 158 · CERVEAU · texte numérisé non relu

CERVEAU

appelées les couches optiques dans lesquelles passent les pédoncules du cerveau. La base du troisième ventricule est

Kig. 71

Vue Oc profil du cerveau et de la portion supérieure de la moelle épiniére les parties qui recouvrent les centres cérébro-spinaux ont été enlevées. CC, circonvolutions ou plis de l’Iiémispliére droit du cerveau ; Ci, cervelet; MO//, moelle allongée; 11, corps des vertèbres cervicales ; Sp, leurs épines; K, moelle épiniére avec les nerfs spinaux.

simplement membraneux, et un corps particulier dont la fonction est inconnue, la glande pinéale, est en rapport

de contiguïté avec cette partie. Le planclier du troisième ventricule se façonne en une sorte de canal qui aboutit à un autre organe singulier, le corps pituitaire (Pt, fîg. 73).

Le troisième ventricule est fermé en avant par une couche mince de matière nerveuse, mais au delà de ce point, de chaque côté, il y a sur la paroi un orifice qui conduit à une cavité spacieuse. Cette dernière occupe le centre de l’hémisphère cérébral et s’appelle le ventricule latéral. Chaque hémisphère s’agrandit en arrière, en bas et en avant en autant de lobes, et le ventricule latéral offre des prolongations correspondantes ou des cornes.

Le plancher du ventricule latéral est formé d’une masse de matière nerveuse appelée le corps strié, dans lequel pénètrent les fibres qui ont traversé les couches optiques (fig. 73, C, S).

Les hémisphères sont si grands, qu’ils surplombent toutes les autres parties du cerveau et que, vus d’en haut, ils les cachent complètement. Leurs faces, qui se regardent, sont séparées par une scissure médiane dans la plus grande portion de leur étendue; inférieurement, elles sont réunies par une masse épaisse de fibres transversales, le corps calleux (lig. 71 , CC).

Les surfaces externes des hémisphères sont conformées en circonvolutions ou plis par des sillons nombreux et profonds dans lesquels pénètre la pie-mère. Une scissure large et profonde, qui sépare la portion antérieure de la portion moyenne du cerveau, porte le nom de scissure de Sylvius (fig. 72).

17. Dans la moelle allongée la distribution de la matière blanche et de la grise est substantiellement semblable à celle qui se trouve dans la moelle épinièrè; la matière blanche est à l’extérieur, la grise à l’intérieur, tandis que,

NEUFS CRANIENS, ' 290

dans les couches optiques et le corps strié, les matières grise et blanche sont diversement mêlées.

18. Les nerfs viennent du cerveau par paires qui se succèdent d avant en arrière, au nombre de douze paires

Fig. 73. - Diagramme qui montre les rapports des régions du cerveau el l’origine des nerls.

H. hémisphères cérébraux. CS, corps strié. TA, couche optique, r Garnie pméale P/ corps pituitaire. CO, tubercules quadrijumeau, CA cervelet M moelle allongée. I, douze paires de nerls crâniens. Soi S»* m-rmiere et seconde paire de nerfs rachidiens. p ’ 1

D’avant en arrière, ce sont :

La première paire, nerfs olfactifs.

La seconde, nerfs optiques.

La troisième, nerfs moteurs oculaires, qui se distribuent à tous les muscles de l’œil, sauf à deux.

La quatrième el la sixième paire fournissent chacune un des muscles de l’œil de chaque côté : la quatrième va à l’oblique supérieur; la sixième, au droit externe. Ainsi les muscles de l’œil, si petits et si rapprochés qu’ils soient,

reçoivent leur stimulant nerveux de trois nerfs distincts.

La cinquième paire a deux racines, toutes deux trèsgrosses : l’une motrice, l’autre sensitive; elle ressemble d'ailleurs à un nerf rachidien, en ce qu’elle a un ganglion sur la racine sensitive. C’est ce nerf qui fournit des nerfs à la peau de la face et aux muscles de la mâchoire et qui, ayant trois divisions principales, est souvent appelé trijumeau.

La septième paire, ou nerf facial, fournit des filets moteurs aux muscles de la face et à quelques autres.

La huitième paire forme les nerfs auditifs. Comme la septième et la huitième paire quittent simultanément la cavité crânienne, elles sont souvent décrites comme une seule paire divisée en portion dure (nerf facial) et portion molle (nerf auditif) de la septième paire.

La neuvième paire porte le nom de nerf glosso-pharyngien; elle est constituée par des nerfs mixtes qui sont en partie sensibles au goût et en partie moteurs pour les musles du pharynx.

La dixième paire est formée par les deux nerfs pneumogastriques. Les pneumogastriques et les nerfs de la onzième paire sont les seuls nerfs crâniens qui se distribuent à des régions du corps éloignées de la tête. Le pneumogastrique fournit des filets au larynx, aux poumons, au foie et à l'estomac ; quelques-unes de ses branches sont en rapport avec le cœur.

La onzième paire s’appelle nerf spinal; elle diffère profondément de toutes les autres, en ce qu’elle naît des côtés de la moelle, entre les racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Ces nerfs s’élèvent, en rassemblant leurs fibres à mesure qu’ils montent, jusqu'à la moelle allongée et quittent ensuite le crâne par le même orifice que le pneumogastrique et le glosso-pharyngien. Ce sont des nerfs purement moteurs, tandis que le pneumogastrique

NERFS CRANIENS.

roi

est principalement sensitif ou tout au moins centripète. Le glosso-pharyngien, le pneumogastrique et le nerf spinal quittent le crâne simultanément, et on les a souvent décrits comme formant une seule paire, qui alors porte le nom de huitième.

Les deux derniers, par ce procédé de description, deviennent la neuvième paire; mais, en réalité, ils constituent la douzième paire; ce sont des nerfs moteurs, qui fournissent des fdets aux muscles de la langue et portent le nom de grand hypoglosse '.

19. Parmi les nerfs crâniens, les deux premiers ne méritent pas ce nom à proprement paçler; ils ne sont, en réalité, que des saillies du cerveau. Les nerfs olfactifs sont des prolongations des hémisphères cérébraux; les nerfs optiques sont des prolongations des parois du troisième ventricule; il est digne de remarque que ces deux paires de nerfs, pour ainsi dire faux, sont les seules qui ne proviennent pas de la moelle allongée; tous les autres vrais nerfs peuvent être rattachés directement ou indirectement à cette partie de l’encéphale, tandis que le nerf olfactif el le nerf optique ne peuvent pas y être suivis.

20. Ainsi qu’on peut s’y attendre d’après cette seule circonstance, la moelle allongée est une portion extrêmement importante de l’axe cérébro-spinal, el toute lésion de cette partie donne lieu immédiatement à des conséquences fâcheuses du genre le plus sérieux.

* La distribution ancienne des nerfs crâniens en neuf paires était due à AVillis. Celle qui aujourd'hui est universellement adoptée est due à Sœmmering.nous la résumons ici en quelques lignes : I" paire, nerf olfactif ; 2", nerf optique; 3‘, nerf moteur oculaire commun; 4*, nerf pathétique; 5°, nerf trijumeau ou trifacial; 6", nerf moteur oculaire externe ; 7*, nerf facial; 8*. nerf auditif; 9°, glosso-pharyngien; 10*, pneumogastrique; il*, nerf spinal; 12*, nerf grand hypoglosse. E. II.

La simple piqûre d’un cûlé du plancher du quatrième ventricule produit subitement une augmentation de la quantité de sucre du sang en dehors de celle qui peut être détruite dans l'organisme. Le sucre quitte le corps par les reins et cette légère blessure de la moelle allongée produit la maladie appelée diabète sucrée.

Des lésions plus étendues arrêtent les fonctions respiratoires, car la moelle allongée est le centre nerveux qui provoque les contractions des muscles inspirateurs et maintient en activité la pompe respiratoire.

Si les lésions de la moelle allongée sont de nature à irriter violemment les racines du pneumogastrique, la mort survient par l’arrêt de l’action du cœur selon le mode que nous avons décrit (leçon 11).

21. Les impulsions centripètes qui sont transmises par la moelle au cerveau et y provoquent des sensations, passent immédiatement, ainsi que nous l’avons vu, d’une moitié de la moelle à l’autre, après qu’elles y ont pénétré parles racines postérieures des nerfs rachidiens, tandis que les impulsions centrifuges ou volitives demeurent àtravers la moelle dans cette même moitié, d’où elles passeront, s’il va lieu, dans les racines antérieures. Mais, à la partie inférieure et antérieure de la moelle allongée , un croisement s’effectue et l’on voit les fibres blanches qui transmettent ces impressions passer obliquement de gauche à droite et de droite à gauche , réalisant ainsi ce que - l’on appelle la décussation des pyramides antérieures (fig. 71). 11 suit de là que, sur un point plus élevé que celui de la décussation, toute lésion faite aux fibres nerveuses qui transmettent du cerveau les impulsions motrices paralysent les muscles du tronc et des membres du côté opposé.

C’est pourquoi la section de l’un des pédoncules du cerveau, la section du pédoncule droit, par exemple, pa-

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