‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 133 sur 158 · MOELLE ALLONGÉE · texte numérisé non relu

MOELLE ALLONGÉE

ralysera le côté gauche du corps et des membres et que l'animal en expérience tombera sur le côté gauche, parce que les membres de ce côté ne sont plus en état de supporter son poids.

Mais comme les nerfs moteurs qui proviennent du cerveau ne s’entre-croisenl pas de celte façon, il s’ensuit que la maladie ou la blessure d'un point donné sur un côté de la moelle allongée, comprenant en même temps le trajet des conducteurs volitifs vers la moelle épinière et les origines des nerfs moteurs crâniens, les symptômes seront croisés; à la tète ils seront du même côté que le point affecté, dans le corps du côté opposé.

Si, par exemple, l’origine du nerf facial gauche est lésée, et que les fibres volitives motrices qui vont à la moelle soient détruites dans la portion supérieure de la moelle allongée, les muscles de la face du côté gauche seront paralysés et les traits seront tirés du côte opposé, car les muscles du côté droit ne trouvent aucune résistance pouf contre-balancer leur action. Mais c’est le bras et la jambe clroils et le côté droit du tronc qui seront sans force.

22. Les fondions de la plupart des parties du cerveau qui se trouvent au-devant de la moelle allongée, sont jusqu’à présent fort mal comprises; mais il est certain qu’une lésion étendue ou l’enlèvement d’un hémisphère cérébral, met fin à l’intelligence et au mouvement volontaire et place l’animal dans la condition d'une machine qui agit par les actions réflexes de la portion restante de l’axe cérébro-spinal.

Aussi il n'y a aucun doute que les hémisphères cérébraux sont le siège de facultés nécessaires à la production de ces phénomènes que nous appelons l’intelligence et la volonté, mais il n’y a jusqu’à ce jour aucune preuve satisfaisante que la manifestation d'un genre particulier de facultés men-

taies soit spécialement attribuable ou exclusivement liée à l'activité d’une région limitéedeshémisphèrescèrébraux.

25. Alors même que les hémisphères cérébraux sont intacts et en pleine possession de leurs facultés, le cerveau est le siège d’actes qui sont aussi complètement réflexes que ceux de la moelle épinière.

Quand les paupières se ferment sous l’action d une vive lumière ou de la menace d’un coup, une action réflexe se produit, dans laquelle le nerf afférent (centripète) est le nerf optique; l’elférent (centrifuge) est le facial. Quand une mauvaise odeur provoque une grimace, il y a une action réflexe à travers le même nerf moteur, mais c’est le nerf olfactif qui a servi de conduit afiérent ou centripète. C’est pourquoi, dans ces cas, l’action réflexe doit se passer à travers le cerveau, car tous les nerfs qui y prennent part sont crâniens.

Quand le corps est frappé de saisissement à la suite d'un bruit retentissant, le nerf auditif centripète provoque une impression qui se dirige vers la moelle allongée, et, par là, affecte la grande majorité des nerfs moteurs do l’organisme.

24. On peut dire que ce sont là des actes purement mécaniques, qui n’ont rien à voir dans les opérations que nous rattachons à l’intelligence. Examinons toutefois ce qui se passe dans une action telle que la lecture à haute voix; dans ce cas, toute l’attention est ou doit être fixée sur le sujet du livre, et une multitude d’actes musculaires très-délicats s’accomplissent, dont le lecteur n’a point du tout conscience. Ainsi le livre est tenu en mains à une distance convenable des yeux , les yeux se meuvent d’un côté à l’autre et de haut en bas sur les pages. De plus les mouvements rapides les plus délicatement ajustés des muscles des lèvres, de la langue et de la gorge, des mus-

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