TISSU CONNECTIF
Les ligaments et les tendons sont de simples cordes ou des bandes de tissu connectif très-dense. Dans quelques régions du corps, le tissu connectif est plus ou moins mêlé au cartilage et finit par se fondre avec le tissu ; de là le nom de fibro-cartilage donné à cette fusion (voyez leçon VII).
Fig. 79. — Tissu connectât.
A. État naturel ; a, tissu connectif ; b, cellules graisseuses. B. Le même tissu modifié par l’acide acétique montrant (a) la matière qui abandonne la gélatine gonflée et Iransparente et (b) les fibres élastiques.
Grossissement d'environ 500 diamètres.
9. Les cellules graisseuses sont disséminées dans l’épaisseur du tissu connectif, dans lequel elle s’accumulent quelquefois en grandes quantités. Ce sont des sacs sphéroïdes composés d’une membrane délicate, sur l’un des côtés de la laquelle se trouve un noyau et qui sont gonflés par de la matière grasse dont les parties les plus solides
cristallisent parfois après la mort. L’éther dissout la graisse et laisse les sacs vides et rapprochés (fig. 80).
Une accumulation considérable de cellules de graisse, existe constamment dans quelques parties du corps, comme dans l'orbite, ainsi qu’autour des reins et du cœur ; ailleurs la présence de ces cellules dépend beaucoup de l’état de la nutrition. En réalité, on peut les con-
Fig. 80. — Cellules de graisse.
A, aspect naturel; B, cellules vides et ridées; C. cellules munies de cristaux de graisse.
sidérer simplement comme une réserve formée par le nutriment (p. 19) qui a été absorbé par l’organisme au delà de sa consommation moyenne.
10. Les cellules pigmentaires sont des cellules ou épidermiques ou épithéliales, dans lesquelles se trouvent déposées des granulations colorées ; ce sont parfois des éléments cellulaires des parties profondes du corps au sein desquelles se produit un dépôt coloré. Ainsi la couleur de la choroïde et de l’iris proviennent de la présence d’une couche de ces cellules.
11. Les os sont essentiellement composés d’une base organique imprégnée de carbonate et de phosphate de chaux ; dans l’épaisseur de ce composé, on rencontre, dis-
OS ET PÉRIOSTE.
géminées, des lacunes, petites cavités qui servent de centre à une multitude de ramifications creuses, appelées canalicules. Ces canalicules se réunissent et établissent ainsi une communication entre les différentes lacunes. Si, par l’action des solutions acides, on détruit la substance inorganique, on trouve constamment un noyau au centre de chaque lacune et la substance intermédiaire prend fréquemment l’aspect de petites fibrilles. Sur un os sec, les lacunes sont ordinairement remplies d'air, Quand une section mince d’un os est recouverte d’eau et d’une lame de verre, ainsi qu’on le fait d’ordinaire pour l’examen microscopique, l’air des lacunes réfracte la lumière qui les traverse de façon à l'empôcher d’arriver jusqu’à l’œil ; c'est pourquoi elles paraissent noires. On a supposé autrefois, mais à tort, que les lacunes étaient des corps solides qui contenaient les sels de chaux de l’os, et on les a appelées corpuscules osseux (lig. 81 C).
Tous les os, sauf les plus petits, sont traversés par des petits canaux transformés par leurs branches latérales en un réseau, et contiennent des vaisseaux supportés par une quantité plus ou moins considérable de tissu connectif et de matière grasse. Ces canaux portent le nom de conduits de Havers (lig. 81, A, B). Ils viennent toujours s’ouvrir, à la longue, à la surface de l’os, et là les vaisseaux qu’ils renferment viennent s’aboucher avec ceux d’une lame épaisse de tissu connectif qui enveloppe l’os et s’appelle le périoste.
Dans plusieurs os longs, tels que celui de la cuisse, le centre de l’os est creusé d’une cavité considérable qui contient une grande quantité de graisse maintenue par un tissu connectif très-délicat, riche en vaisseaux sanguins et qui porte le nom de moelle (medulla); les extrémités internes des canaux d'IIavers communiquent avec cette
cavité et leurs vaisseaux sont continus avec ceux de la
moelle.
Fig. 81.
A. Section transversale d'un os dans le voisinage de deux canaux d'ilavers ail; b, lacunes. Grossissement d'environ 2i>0 diamètres.
11. Section longitudinale d'os avec les canaux d'Uavers aa et les lacunes b.
Grossissement d’environ 100 diamètres.
C. Lacunes e et canalicules </. Grossissement d'environ C00 diaméties.