COMPOSITION DU SANG
de verre reçoive une seconde goulte que l’on placera sous un verre de façon à éviter qu’elle se dessèche ; une troisième goutte enfin sera prise de la même façon, mais on y ajoutera quelques grains de sel de cuisine.
2. À l’œil nu la couche de sang qui est sur la première feuille de verre paraîtra colorée en rouge pâle ; elle semblera claire et homogène. Mais en regardant à la loupe, celte apparente homogénéité disparaîtra et le sang fera l’effet d’un mélange de molécules rouge jaunâtre, excessivement fines semblables au sable ou à la poussière, dans un liquide aqueux incolore. Immédiatement après la sortie du sang du corps, ces particules de matière apparaîtront très-également disséminées dans le liquide. Mais ils s’agrègent par degrés pn petites masses et la couche de sang se recouvre plus ou moins de taches.
Ces particules de matière s’appellent les corpuscules ou globules ( hématies de Gruithuisen et Ch. Robin) du sang. I.e fluide incolore, dans lequel elles sont suspendues, c’est le plasma.
Examinons maintenant la seconde feuille. La goutte de sang pourra ne point s’être modifiée dans sa forme et peut-être même semblera n’avoir subi aucun changement. Mais si l’on incline la feuille de verre, on s’apercevra que le sang ne coule plus et que l’on peut sans qu’il bouge retourner le verre ; le sang s’est solidifié et l’on peut même l’enlever avec la pointe d'un couteau comme une. masse gélatineuse hémisphérique. Cette masse est molle et humide de sorte que ce changement d’état, cette coagulation est tout à fait distincte du dessèchement.
Sur la troisième feuille, celle sur laquelle on a déposé du sel, cette coagulation ne s’est point effectuée. Le sang est resté aussi liquide que lorsqu’il a quitté le corps. Le sel a donc empêché la coagulation du sang.
Cette première investigation nous aura appris en résumé que le sang se compose d’un plasma presque incolore qui tient en suspension un certain nombre de globules colorés ; qu’il a une aptitude remarquable à la coagulation et que cette coagulation peut être empêchée par des moyens artificiels, tels que l’addition de sel.
3. Si au lieu d'examiner la première goutte de sang à la loupe, nous la plaçons sous le microscope, les particules ou globules du sang nous apparaîtront comme des corps doués de caractères nettement définis ; on en trouvera de deux espèces, les globules rouges et les globules incolores. Les premiers sont beaucoup plus nombreux que les derniers et offrent une teinte d’un jaune rouge ; les derniers, un peu plus gros que les rouges, sont, ainsi que leur nom l’indique, pâles et dépourvus de coloration.
Fig. 16 . — Globales de sano iidmain.
Grossissement d'environ GOO diamètres.
A, globules rouges ; a, globule vu de champ ; b, le globule modifié par la pression. Un petit globule sphéroïdal comme on le rencontre fréquemment dans le sang est figuré à côté des gros globules discoïdes.
B, globules incolores; a, globule incolore qui a été soumis à l'action de l'acide acétique et qui montre son noyau.
4. Les globules se distinguent encore à d’antres points de vue plus importants. Les globules rouges sont des disques circulaires aplatis, d’un diamètre de fi à 7 mil-