LA GLOBULINE
comme les substances animées, car du sang coagulable reste liquide pendant une période assez longue dans des tubes tapissés de cette fibrine.
14. La coagulation du sang est un phénomène entièrement physico-chimique qui dépend de la propriété qu’ont, indépendamment de la vitalité de ce liquide, certains éléments du plasma. Ceci est prouvé par ce fait que si l’on s’oppose à l’aide du froid à la coagulation du plasma du sang et qu’on y ajoute beaucoup d’eau, un courant d'acide carbonique envoyé à travers la masse liquide précipitera une matière pulvérulente blanche. Si l’on dissout cette matière blanche dans une solution faible de sel commun ou dans une solution extrêmement faible de potasse ou de soude, elle se coagulera après un laps de temps et formera un caillot de véritable et pure fibrine. Il serait absurde de supposer qu’une substance qui a été précipitée de sa solution et ensuite redissoute reste après cela vivante.
Il y a des raisons pour admettre que cette matière blanche est formée de deux éléments d’une composition très-similaire qui existent séparément dans le sang vivant et dont l’union est la cause de l’acte de la coagulation. Ges raisons peuvent être résumées comme il suit : le péricarde et les autres cavités séreuses du corps contiennent un liquide clair, qui a été exhalé des vaisseaux sanguins et qui renferme tous les éléments du sang, moins les globules. Ce liquide se coagule quelquefois spontanément, de la même façon que le plasma du sang, mais très-souvent aussi ne montre aucune tendance à la coagulation spontanée : dans ce cas on peut le faire se coaguler et donner un caillot de vraie fibrine en ajoutant au liquide un peu de sérum du sang.
Si maintenant l’on dilue abondamment le sérum à l’aide de l’eau et que l’on fasse passer à travers sa masse un
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courant d’acide carbonique, une matière pulvérulente blanche sera précipitée ; cette matière dissoute dans une solution saline diluée ou dans une solution alcaline extrêmement diluée; et ajoutée ensuite au liquide du péricarde produira un caillot aussi nettement formé que celui que l’on peut avoir avec du vrai sérum.
Cette matière blanche a été appelée globuline. Elle se trouve, non-seulement dans le sérum, mais encore, quoique en petite quantité, dans le tissu connectif (leçon 1, g 12), dans la cornée, dans les humeurs de l’œil et dans quelques autres liquides du corps. Elle possède les mêmes propriétés générales que les substances albumineuses qui entrent en si large proportion dans les globules rouges (g 4) et c’est pourquoi elle porte le même nom. Mais quand on la traite par des agents chimiques, même par ceux qui ne produisent aucun effet appréciable sur sa composition chimique, elle perd rapidement sa propriété particulière, qui est de faire coaguler des liquides séreux. Cette propriété disparait par un excès d’alcali par exemple ou en présence des acides.
C’est pourquoi, bien qu’il y ait beaucoup de raison de croire que la globuline fibrine-plastique — tel est son nom — qui existe dans le sérum provient en réalité des globules rouges, la globuline que l’on extrait en grande quantité de ces corps par l’action de puissants agents n’a aucun effet coagulant sur le liquide du péricarde et des autres membranes séreuses.
Quoique la globuline soit apte à subir de tels changements, quand elle est en solution, on peut la dessécher è une basse température et la conserver sous forme de poudre pendant plusieurs mois, sans lui faire perdre son pouvoir coagulaleur.
Ainsi la globuline, ajoutée aux liquides séreux dans