‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 57 sur 158 · ASPHYXIE LENTE · texte numérisé non relu

ASPHYXIE LENTE

leur est fournie. Le cœur se paralyse en partie à cause de la distension de son côté droit, en partie parce qu’il ne reçoit que du sang veineux ; graduellement tous les organes du corps cessent d’agir.

32. L’hydrogène sulfuré, dont on connaît si bien l’odeur désagréable, a eu longtemps la réputation d’èlre un poison actif. Mais ses mauvais effets semblent dépendre principalement, sinon entièrement, de ce que son hydrogène se combine avec l'oxygène transporté par les globules du sang, de façon à donner lieu, indirectement, à la privation d’oxygène.

Le gaz oxyde de carbone a des effets beaucoup plus sérieux, puisqu’il chasse l’oxygène des globules du sang et forme une combinaison spéciale avec l’hèmoglobuline. Le composé ainsi formé est graduellement décomposé par de l’oxygène frais; mais si une grande quantité de globules sanguins a été de la sorte rendue inutile, l’animal meurt avant que la reconstitution des globules ait pu s'opérer.

Le gaz d’éclairage mal fait contient quelquefois 20 ou 30 pour 100 d’oxyde de carbone; en pareil cas, une fuite de gaz dans une maison pourrait être extrêmement dangereuse.

33. Cependant, pour asphyxier un homme il n’est pas absolument nécessaire de- l’étrangler ou de le noyer. Toutes choses étant égales, comme la rapidité du mélange de deux composés gazeux est en raison de la différence des proportions selon lesquelles elles sont mêlées, il s’ensuit que plus la composition de l’air courant s’approche de celle de l’air stationnaire, plus sera lente la diffusion de l’acide carbonique à l’extérieur et de l’oxygène à l’intérieur, et plus les cellules pulmonaires seront remplies d’acide carbonique en excès, tandis que l’oxygène y sera en proportion

insuffisante. En augmentant la proportion d'acide carbonique dans l’air courant, on arrivera à un point où le changement qui s’effecluerait dans l’air slalionnaire serait trop lent pour dégager l’air du poumon de son acide carbonique et lui fournir la quantité d’oxygène dont il a besoin pour être artérialké. En ce cas, le sang qui passe dans l’aorte et est de là distribué au cœur et au corps en général, étant veineux, tous les signes de l'insensibilité, la perte de pouvoir musculaire et tout le cortège des symptômes qui ont été énumérés plus haut comme les consé quences de l'abord du sang veineux au cerveau et aux muscles se présentera et une période de suffocation ou d’asphyxie surviendra.

T>4. L’asphyxie se produit dès que la proportion d’acide carbonique dans l'air courant atteint 10 pour 100 (la diminution de l’oxygène se faisant dans la même proportion). Ni l’augmentation de la quantité d’acide carbonique dans l’air inspiré par l’interruption de tout courant d’air extérieur, ni l’augmentation du nombre des personnes qui consument le même air, ni la combustion sous une forme quelconque, c’est-à-dire la combinaison de l’oxygène et du carbone, n'introduisent une différence quelconque dans cette proportion.

Mais la privation d’oxygène et l'accumulation de l’acide carbonique sont nuisibles à l’organisme longtemps avant que le point d’asphyxie soit atteint. Un malaise profond et des maux de tête se montrent même dès que moins de 1 pour 100 de l’oxygène de l’air est remplacé par d’autres substances; la respiration persistante d’un tel air tend à abaisser tous les geitres d’activité vitale et prédispose à la maladie.

De là la nécessité d’une quantité d’air suffisante et de la ventilation pour tout être humain. Pour respirer un air qui

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